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1- E-learning, e-formation et FOAD ou le retour de l’ingénierie

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Innovant, le e-learning bouscule les habitudes au plus grand bénéfice de l’ensemble du système de formation. La FOAD apparaît désormais comme une innovation pérenne. Mais les études sur les usages peuvent réserver des surprises.


On ne dira jamais assez la difficulté d’être les contemporains d’un changement de paradigme induit par l’irruption des réseaux, en formation comme ailleurs. Longtemps considéré sous l’angle exclusif des technologies, le développement des modalités innovantes de formation a certainement pâti d’une sémantique aussi floue que trompeuse qui lui a valu la “mauvaise réputation” d’un “je-ne-sais-quoi  !”. Car si “e-learning” et “e-formation” figurent incontestablement au panthéon des trouvailles des industriels de l’informatique, il n’en reste pas moins que l’adjonction du “e” en a malheureusement conduit plus d’un à réduire le processus d’apprentissage à la médiation électronique. Autant dire un appauvrissement insupportable pour les professionnels de la formation, qui eurent tôt fait de satisfaire à l’épreuve de traduction en proposant l’imprononçable “FOAD”.

Formation ouverte et à distance, donc, avec l’objectif d’insister sur un type d’ingénierie particulier plutôt que sur une caractéristique technique. Astucieux, mais tellement ésotérique qu’une circulaire de la DGEFP [1] a été nécessaire pour expliquer aux décideurs et financeurs ce dont il retourne. Fort heureusement, l’art de la synthèse n’est pas à ce point difficile qu’au fil des expérimentations devenues aujourd’hui des dispositifs mixtes, e-learning, e-formation et FOAD apparaissent désormais comme une innovation pérenne acceptée du plus grand nombre.

Individualisation, souplesse, flexibilité, collaboration, ubiquité, juste-à-temps, etc., on n’en finirait plus d’en vanter les mérites. Reste une complexité de mise en œuvre à l’origine d’une réflexion collective sans précédent autour de l’ingénierie de formation. De quoi redonner un heureux souffle à une fonction centrale pour le devenir de nos “sociétés de la connaissance”.

Des indicateurs partiels, mais optimistes

Estimer le poids réel du e-learning en France n’est pas chose facile. On peut observer un ancrage progressif de l’innovation en formation. Mai qui connaît avec exactitude le volume financier, le nombre d’heures dispensées, d’apprenants, le pourcentage de distance, la répartition entre sur-mesure et sur-étagère [2], “serious game” et “rapid-learning” ? Peu nombreuses, les données sont partielles et établies par des acteurs du secteur.
Certaines n’en sont pas moins riches d’enseignements et permettent de constater une relative maturité des nouvelles modalités de formation. On relève ainsi plus particulièrement le Baromètre CCIP 2008 du e-learning [3], qui montre que celui-ci pénètre plus facilement les grandes entreprises que les petites, ou l’enquête de l’Observatoire Cegos sur les modalités de formation en entreprise, qui souligne la montée en puissance des dispositifs mixtes et, moins connu, mais pourtant remarquable, le rapport 2007-2008 sur les usages du e-learning par une vingtaine de grands comptes, réalisé par des étudiants en ressources humaines du Celsa et le prestataire HR Valley [4]. Entre autres informations, l’enquête révèle une reproduction de “la segmentation historique entre cadres et non-cadres dans l’accès à la formation”, soulignant ainsi l’existence d’un réflexe culturel qui freine la “démocratisation de la formation”. Précision utile à l’intention de ceux qui ne pensent “e-learning” que par manque de temps de déployer un dispositif classique, 33 % des sondés déclarent une durée moyenne de mise en place d’un projet e-learning comprise entre six mois et deux ans, 42 % d’environ six mois. De même, et à l’exception des modules événementiels, la durée de vie d’un programme e-learning est relativement longue. Tendance écrasante, les approches mixtes combinant présentiel et e-learning sont retenues par 92 % des répondants.

Nicolas Deguerry

in Inffo Flash n° 733, 1er au 15 novembre 2008, dossier "E-learning : la mixité et l’ingénierie au pouvoir" 1/8

[1] Circulaire 2001/22 du 20 juillet 2001

[2] Produit standard.

[3] Voir Inffo Flash n° 731, p. 14 et www.preau.ccip.fr

[4] www.elearningbyhrvalley.com, rubrique “Bureau”.

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