Éditrice française de logiciels de formation à distance, l’entreprise nantaise e-doceo a, depuis plusieurs années, entamé une démarche de développement de filiales et de franchises à l’étranger. Chez nos voisins européens, d’une part (Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, etc.), mais aussi sur le sol des deux Amériques, sans toutefois, avoir tenté jusqu’alors de pénétrer le marché très spécifique des Etats-Unis. Toutefois, la PME de Nantes compte bien réaliser son rêve américain en 2011. Comme l’explique son président, Jérémy Bruet : « le marché US constitue un marché très mature, très large, mais aussi très complexe car cela fait plusieurs années que les entreprises américaines sont consommatrices de e-learning en matière de formation professionnelle, aussi, il s’agit désormais du marché leader au plan mondial. Jusqu’à présent, e-doceo s’était implantée au nord et au sud des Etats-Unis pour justement, apprendre à bien connaître ce marché ».
Une implantation qui passera non par la création de filiales, mais aussi de franchises. Une technique de développement plutôt rare dans le domaine du e-learning et de la formation professionnelle en général. « Au-delà des innovations techniques nécessaires à un éditeur de solutions technologiques tel qu’e-doceo, il nous est apparu opportun d’innover également en matière de modèle de croissance. Nous avons déjà développé plusieurs franchises, notamment dans les pays de l’Est, et cette formule représente une sécurité sur le plan financier, du fait de la présence d’un co-partenaire, mais aussi sur le plan culturel, pour s’adapter à la demande locale » explique Jérémy Bruet.
"le marché du e-learning n’est pas émergent, mais en phase de consolidation"
Oubliée la petite start-up des débuts. E-doceo ambitionne un chiffre d’affaires prévisionnel de 7 millions d’euros au niveau mondial en 2011 et entame désormais une démarche offensive pour réussir le pari de séduire les Etats-Unis. Et cette offensive se doit d’être rapide. « Le e-learning n’est pas un marché émergent comme on l’entend trop souvent », souligne Jérémy Bruet, « au contraire, c’est un marché en phase de consolidation. Aujourd’hui, dans le secteur, on voit beaucoup de rachats ou de regroupements d’entreprises, mais très peu de créations pures de nouvelles structures. Et, dans les années à venir, par le jeu des fusions et des acquisitions, le nombre d’acteurs présents sur le marché risque de fortement diminuer ».
Si le nombre d’entreprises est amené à se réduire, les parts de marché, en revanche, grossissent. « Dans cinq ans, le marché de la e-formation sera mûr et comprendra plusieurs acteurs majeurs », avertit le président d’e-doceo qui estime le nombre de ces acteurs majeurs à venir à une cinquantaine, guère plus. Prédit-il que son entreprise sera l’un de ceux-là ? « Pas nécessairement. Les entreprises américaines génèrent d’ores et déjà de cinq à six fois plus de chiffre d’affaires qu’e-doceo, mais c’est pourquoi il y a urgence à être présent sur ce marché dès cette année ». Une ambition affichée de la part de l’éditeur ligérien qui ne s’arrêtera pas à l’Amérique puisqu’en 2012 et 2013, c’est vers la Chine qu’e-doceo compte développer son activité.
par Benjamin d’Alguerre
in Le Quotidien de la formation, 31 janvier 2011
































