Si l’objectif de faciliter l’accès à la formation est partagé par tous les acteurs, les itinéraires (moyens, dispositifs, etc.) pour y parvenir se différencient selon les intervenants de la table ronde consacrée à la réforme le 25 janvier à Arles. Débattues, également, les « faiblesses » de la formation initiale.
Laurence Martin, conseillère technique, chargée de la formation à FO ainsi que Djamel Teskouk (CGT) saluent dans l’accord sur la modernisation du marché du travail conclu le 11 janvier, l’article concernant « l’objectif visant à permettre la possibilité pour le salarié de progresser d’au moins un niveau de qualification au minimum au cours de sa vie professionnelle ». Pour le Medef, le concept de professionnalisation, doit peu à peu remplacer et dépasser la simple notion de formation, qu’il considère comme trop réductrice. « Cette professionnalisation doit se développer qu’il s’agisse des individus, des entreprises, des secteurs d’activité ou des organismes de formation », affirme Francis da Costa, qui précise que certes, « il faut que les demandeurs d’emploi et les salariés les moins formés accèdent mieux à la formation mais que la création d’un compte épargne formation n’est pas la solution. Tout comme le Dif n’a pas développé une appétence particulière à se former pour ces publics. C’est clairement l’État qui doit être le premier financeur de la formation qualifiante différée ». Et il ajoute : « il est indispensable de continuer à former les salariés les plus qualifiés. Il en va de la compétitivité des entreprises et de l’employabilité durable de ces salariés. Car plus une compétence est pointue plus elle devient rapidement obsolète ».
La formation initiale sur la sellette
Pascale Gérard, conseillère régionale Paca et présidente de la commission Formation continue et apprentissage de l’ARF, constate que les trois-quarts des budgets régionaux de formation concernent les publics sans qualification. Hors, estime-t-elle, « l’acquisition de la première qualification doit se faire dans le cadre de la formation initiale et c’est une prérogative de l’État. Cela permettrait alors aux Régions de s’engager sur la sécurisation des parcours. Celle-ci ne peut se faire que si le socle de base a été acquis au sein de l’école ». Elle craint que le bac professionnel désormais préparé en 3 ans (au lieu de 4) n’amène un taux de sortie de jeunes sans qualification encore plus élevé.
Pour Francis da Costa, « la formation continue ne peut pas prendre en charge, aux frais des partenaires sociaux, la formation de tous ceux qui sortent sans diplôme ni qualification du système éducatif (150 000 chaque année). Notre système éducatif […] doit être plus performant et cette responsabilité relève de la Nation toute entière, même si le Medef, les fédérations professionnelles et les employeurs sont prêts à apporter leur soutien à cette adaptation, dans une dynamique de partenariat ».
Jean-Pierre Faucheux, CFTC, président de l’Opca Banque, ), estime également que « la formation initiale doit se remettre en cause » et le sénateur Jean-Claude Carle considère que « les problèmes de la formation initiale doivent être réglés avant ceux de la formation continue ». Il propose que les conseillers d’orientation psychologues de l’Éducation Nationale soient transférés aux conseils régionaux Enfin, il juge indispensable que les Opca assurent une fonction d’ingénierie auprès des PME.
Par ailleurs, le Medef souhaite que « soit toujours distingué le contrat de professionnalisation qui relève de la formation continue et de l’insertion et le contrat d’apprentissage qui concerne la formation initiale ».
par Patricia Gautier-Moulin
Le Quotidien de la formation
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