Voici vingt ans, “les services chargés de l’achat de formation étaient dans leurs petites bulles ; il y avait peu d’interventions extérieures”, a jugé, le 26 avril, Frédéric Bancel, consultant en gestion de formation pour le cabinet Formascope, lors d’une manifestation de l’Association française pour la réflexion et l’échange sur la
formation (Afref) et du Centre d’études pour la direction du personnel (Cedip) consacrée à la politique qualité des achats en formation. “Depuis, cela a largement changé, les processus d’achat sont devenus nettement plus sophistiqués. Les procédures d’achat de formation se sont globalement rapprochées des autres pratiques d’achat des entreprises.”
Rapprochement soit, mais “la formation ne s’achète pas comme des boulons”, ironise le consultant, précisant, ensuite, les spécificités de la formation par rapport aux autres produits que les entreprises ont l’habitude d’acquérir. “On achète des promesses de satisfaction et non un produit fini”, continue-t-il. Aussi, la formation est une “co-production” de l’organisme de formation et de l’entreprise ; l’entreprise étant co-responsable de la manière dont cela se passe. “Le rapport qualité-coûts est difficile à quantifier, car il y a beaucoup d’objectifs aléatoires et subjectifs”, souligne Frédéric Bancel.
Enfin, “le périmètre de la formation n’est plus uniquement circonscrit à la prestation pédagogique en tant que telle, mais aborde aussi l’ingénierie financière ou le traitement administratif des actions de formation, notamment vis-à-vis des Opca”, précise-t-il.
Selon le consultant, pour l’entreprise, l’idéal est d’avoir dans ses rangs un spécialiste de la formation connaissant le marché, les acteurs ou la structure des coûts des actions de formation pour mieux négocier avec les organismes. “L’entreprise doit connaître sur quels postes les organismes de formation vont pouvoir rogner pour réduire le prix : le niveau des formateurs, le temps de préparation, les recours à la sous-traitance ou la qualité des documents fournis”, précise Frédéric Bancel. De même, pour rationnaliser les coûts, les entreprises doivent veiller à optimiser le remplissage des sessions de formation en intra, l’évaluation de l’efficacité des formations ou l’utilisation des fonds de formation. Par contre, le consultant met en garde contre les dangers que peuvent constituer, pour l’entreprise, une course à la baisse des prix des formations : “10 % d’économie sur une formation qui n’est pas la bonne, à l’arrivée, ce sont 100 % de pertes pour l’entreprise.”
“Globalement, les pratiques d’achat diffèrent selon les entreprises : certaines grosses PME, par exemple, gardent des procédures d’achat très basiques”, souligne Frédéric Bancel. “Il n’y a pas de mouvement homogène vers des achats normés en matière de formation ; un écart est en train de se former.”
Jérôme Lepeytre
in Inffo Flash n° 702, 16 au 31 mai 2007
































