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Entretien avec

André-Paul Bahuon
président de l’Ordre des experts-comptables en région Île-de-France

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Le plan, pour “gérer l’épanouissement des personnels”

Pour André-Paul Bahuon, président de l’Ordre des experts-comptables en région Île-de-France, le plan de formation est aujourd’hui, une “démarche en progression”.

Inffo Flash : Vous assurez la gestion des ressources humaines pour de nombreuses entreprises. Comment percevez-vous la mise en place des plans de formation dans ces entreprises, surtout les PME ?

André-Paul Bahuon : Même si aujourd’hui la formation a progressé dans les PME et les TPE, il n’existe pas de politique formation réelle dans les entreprises de moins de 20 personnes, ceci pour des raisons très simples. Il y est rare que, dans la gestion des ressources humaines, l’on ait, par exemple, des entretiens de progrès annuels. À partir de là, il est difficile de détecter les besoins de formation ressentis par les personnels. La construction du plan de formation en tant que tel est quelque chose de mineur par rapport au nombre des entreprises. Nous essayons de faire comprendre aux structures que nous accompagnons que la démarche du plan de formation permet de mieux gérer l’épanouissement des personnels, voire leur progression au sein de l’entreprise. C’est également un outil qui peut permettre de percevoir des aides, particulièrement de la part des Opca, de manière à alléger les coûts de la formation au bénéfice de tous. Le plan de formation est, aujourd’hui, une démarche en progression.

Inffo Flash : Quel rôle jouez-vous dans l’élaboration et la mise en œuvre des plans de formation dans ces structures ?

André-Paul Bahuon : Notre premier rôle est pédagogique : nous leur expliquons à quoi sert le plan de formation, son intérêt pour l’entreprise, pour le salarié, sa vertu dans le processus de gestion des ressources humaines de l’entreprise. Le second rôle est la formalisation des besoins de formation au sein de l’entreprise : nous les aidons à mettre en place des modèles d’entretien de progrès, des grilles de recensement des besoins de formation. Notre troisième rôle est l’accompagnement par rapport à la présentation du plan de formation auprès des Opca, de façon à en optimiser le financement et la gestion. Nous aidons les petites structures à distinguer ce qui tient du plan de formation de ce qui relève du Dif (droit individuel à la formation), car il peut y avoir confusion.

Inffo Flash : Quels conseils pratiques pouvez-vous donner à ces structures pour qu’elles s’impliquent dans une politique de formation ?

André-Paul Bahuon : Elles doivent comprendre que la formation de leurs salariés est une richesse, un investissement (et non un coût) dans le capital humain et dans la pérennité de l’entreprise. Cet investissement se mesure dans le temps. La formation ne doit pas être comprise comme une taxe dont on s’acquitte chaque année, au 30 avril, ou dont se “libère” auprès d’un organisme de formation, le 28 février, pour avoir une exonération. D’autre part, les chefs d’entreprise doivent instaurer au sein de leur structure l’entretien individuel de progrès qui permet de déceler les besoins des salariés.

Inffo Flash : Mais, comment mieux assurer le suivi et le retour sur investissement des plans dans les petites structures ?

André-Paul Bahuon : Il est rare dans les PME qu’un salarié, à son retour de formation, restitue les éléments acquis à ses collègues. Or, le seul élément d’assurance de l’appropriation de la formation est la restitution des acquis aux autres. Nous aidons les entreprises à mettre en place un tel mécanisme. Autre élément important de mesure : la mise en place d’un tableau des indicateurs de progression du salarié, qui ne peut se faire qu’à partir d’entretiens individuels réguliers. Ainsi, l’on peut suivre l’évolution des acquis des formations suivies par chacun des salariés (carences palliées ou progression effectuée). Ce type d’approche, qui tient de la démarche qualité, est un élément difficilement visible dans les petites structures.
La gestion de la formation est une véritable démarche de progrès, dont l’appropriation par le chef d’entreprise permet d’envisager un véritable retour sur investissement des actions menées.

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