Alors que l’usage des réseaux sociaux en formation s’intensifie, la question de l’apprentissage de la gestion de son identité numérique, thème du petit déjeuner du Fffod du 16 juin dernier, est aujourd’hui bien souvent laissée sous la responsabilité de chacun. A tort ?
« L’identité numérique », explique Fanny Damon, responsable du service Ingénierie de formation au Gnfa, « c’est l’ensemble des données formelles et informelles liées à un individu que l’on peut trouver sur le web ». Y compris « les traces laissées à son insu », qualifiées d’ « ombre numérique ».
Pas de quoi s’alarmer a priori si l’on sait rester maître des informations que l’on diffuse. Seulement, voilà, alors que beaucoup suggèrent de se contenter de s’en remettre au « bon sens », les exemples de vie privée étalée sur le net par des usagers a priori avertis démontrent que cela ne suffit pas. Pas plus que ne suffit la protection de la Cnil, dont les quatre grands principes peinent tant à s’incarner dans le monde réel, que l’un de ses membres, Hubert Bouchet, n’hésite pas à parler de « camisole biométrique » pour décrire la difficulté de faire vivre le « droit individuel de chacun à l’opacité ».
Que faire ? Puisqu’il n’est pas envisageable de renoncer à des « outils qui sont là, il faut savoir les mettre en œuvre », plaide le représentant de la Cnil. D’où l’urgente nécessité de s’en remettre à la formation, comme a choisi de le faire Christophe Batier, enseignant responsable R&D pour le service Tice de l’université Lyon I. Convaincu de l’intérêt de l’usage des réseaux sociaux dans une « logique d’apprenance et de formation tout au long de la vie », Christophe Batier et nombre de ses collègues invite fortement leurs étudiants à investir internet, des classiques forums à Facebook. « De l’implication personnelle accrue de l’étudiant à la facilitation de l’insertion professionnelle, l’intérêt est réel », souligne-t-il. En ne cherchant pas à détourner leurs étudiants d’outils qu’ils utilisent de toute façon, les enseignants peuvent les aider à « devenir des citoyens numériques ».
Nicolas Deguerry
in L’Inffo n° 749, 1er au 31 juillet 2009
































