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Autrans 2008 - Le travail collaboratif pour "installer des réseaux de savoir"

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Pour Bernard Benhamou, délégué aux usages de l’internet « nous sommes face à des changements profonds qui mettent en péril des intérêts anciens, des traditions culturelles anciennes, » qui peuvent être un « obstacle » au développement de nouvelles modalités d’organisation de la société. Il s’exprimait dans le cadre de la plénière consacrée au travail collaboratif, lors des 12èmes rencontres des acteurs de l’internet à Autrans (9 au 11 janvier)

« La tradition de l’échange, la notion d’un pouvoir déculpabilisé qui ne soit plus dans la rétention », commente-t-il, « c’est quelque chose de difficile ». Et de citer l’ancien sénateur du Rhône, René Tregouët : « il faut se battre contre les pyramides de pouvoir lorsque l’on veut installer des réseaux de savoir ». Un propos partagé par Hervé Saulignac, responsable TIC au Conseil régionl Rhône-Alpes, qui confesse que « si les élus prônent la mutualisation à tout va, leurs pratiques restent très archaïques ». La solution ? « Apporter du service ! Cela déchenche des besoins et met en route la machine aux usages ».

« En matière d’accès à internet », relève Bernard Benhamou, « la France a fait des progrès considérables » mais peut-être pas dans le bon sens.
« 95% des foyers connectés le sont à haut débit, mais au total, seulement 49% des foyers ont accès à internet ». De même, « le haut débit français est en pointe mais le retard de nos PME par rapport aux voisins européens est considérable. » Il faut donc faire attention à ce que « la réflexion sur le très haut débit n’occulte pas la question de l’efficacité ». Et de rappeler que si les Etats-Unis sont leaders en matière de services internet, ils ne sont qu’au « dix-neuvième rang mondial en matière de couverture haut débit ».

Si l’aptitude aux logiques collaboratives passe par de nouveaux outils, la question de leur appropriation a été largement « sous-estimée ». Il faut « rendre le réseau plus utile et plus visible », et pour ce faire, « ne pas s’adresser qu’aux initiés ». Les terminaux de type PC sont « encore d’une effroyable complexité », dénonce Bernard Benhamou. A tel point que « pour la première fois », souligne-t-il, « les travaux européens sur l’inclusion numérique viennent d’exprimer que l’on ne pouvait plus se contenter de mesurer les usages de l’internet par la seule comptabilité des ordinateurs connectés ». Il convient désormais aussi de « tenir compte des nouvelles plates-formes de type téléphone mobile », qui sont beaucoup plus répandues parmi toutes les couches de la population et « demandent moins d’efforts de formation ».
Nous pouvons progresser en travaillant au niveau de « la granularité des usages des seniors et des CSP « moins ». C’est ainsi que les segments de population qui ont des difficultés d’accès aux nouvelles technologies pourront être considérés comme des « opportunités », et non plus seulement comme des « difficultés ».

« Aller vers des projets collaboratifs », conclut le délégué aux usages de l’internet, « cela passe aussi par la création de liens entre les foyers, les associations, les écoles et les acteurs locaux pour créer des points d’attractivité forts en dehors des points individuels. »

Contact : www.autrans.net

Nicolas Deguerry

in Inffo Flash 717, 1er au 15 février 2008

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