“Dans un monde globalisé et de réseaux, les connaissances théoriques et empiriques des collectivités territoriales se doivent d’être partagées afin de comprendre comment se prennent les décisions et comment évoluent les politiques publiques de gouvernance dans plusieurs pays du monde”, soutient Oliver Simon, directeur général des services de Vandœuvre-lès-Nancy [1], qui porte le projet de mise en place de la plateforme mondiale de formation à distance, “e-Agora”.
“Après un premier essai très concluant, réalisé par une centaine de personnes dans quatorze pays, il s’agit aujourd’hui d’élargir cette formation de haut niveau à l’échelle internationale”, précise Marie Virapatirin, coordinatrice générale du dispositif pour la ville de Vandœuvre-lès-Nancy, dont l’objectif est multiple. En effet, il s’agit “de mettre à disposition des collectivités territoriales de France, d’Europe et du monde un outil de formation et d’échanges performant”, d’“offrir l’opportunité de découvrir ou d’approfondir des connaissances, de renforcer les compétences, voire de donner une nouvelle orientation ou de faire progresser les carrières”, et de “fédérer des savoirs et des expériences, et créer et élargir des espaces de débats, des réseaux d’apprentissage, d’échanges, de connaissances et d’expériences sur les politiques publiques d’e-gouvernance”.
Les recrutements des 200 stagiaires de la première session débuteront en mars prochain. “Ceux-ci seront des élus, agents et citoyens (principalement les membres d’associations) des collectivités territoriales, répartis à parts presque égales entre les quatre continents partenaires. La formation sera entièrement dispensée à distance, en français, anglais, espagnol et portugais”, précise Oliver Simon, qui se réjouit de cette “approche singulière, qui aborde divers horizons linguistiques, culturels, sociaux et politiques”. La formation (de type continue ou initiale), qui commencera courant avril ou début mai prochain, est ouverte aux candidats de niveau master ou aux postulants dotés d’une solide expérience professionnelle. Ils “doivent avoir la possibilité d’utiliser un ordinateur connecté à internet, y compris à domicile. Ils doivent également pouvoir s’organiser pour suivre pendant les quinze mois que durera la formation un enseignement nécessitant forte implication, efficacité et organisation. C’est une formation compatible avec une activité salariée à temps plein”, précise Marie Virapatirin, qui ajoute que “le coût de cette formation constituée de six modules indépendants est évalué à 500 euros par personne, quel que soit son pays”.
Savoir-faire brésilien
“La plateforme e-Agora répond à l’évolution technologique et aux nouvelles exigences de gouvernance que connaissent nos sociétés, explique Jacques Charlot, directeur général du Centre national de la fonction publique territoriale [2]. Le CNFPT, en tant que lieu privilégié de mutualisation et d’échange des avancées dans le domaine de l’administration territoriale, trouve donc nécessaire de développer, d’organiser et de participer à des actions de formation d’une telle envergure”.
“E-Agora bénéficiera de la collaboration de la plateforme e-Enact du CNFPT, qui propose, depuis janvier, à nos stagiaires des formations sous forme d’itinéraires dont certains concernent la e-administration”, précise Jean-Jacques Duffourc, directeur de l’École nationale d’application des cadres territoriaux (Énact) de Nancy [3].
De même, “le ministère fédéral de l’Éducation nationale du Brésil met gracieusement à disposition des participants de e-Agora sa plateforme de formation à distance. Développée avec des logiciels libres, celle-ci a servi, il y a une dizaine d’années, à la formation continue des fonctionnaires brésiliens”, indique Marlise Matos, directrice du département Sciences politiques de l’Université fédérale Minas-Gerais (UFMG).
La coordination pédagogique et scientifique de la formation sera assurée par Leonardo Avritzer, spécialiste de la démocratie participative et professeur en sciences politiques notamment à l’Université fédérale Minas-Gerais [4] et au Massachusetts Institute of Technology [5] (MIT, Boston, États-Unis). En effet, “le Brésil a, depuis les années 1980, une forte expérience de gestion de démocratie participative et l’UFMG a développé d’importants travaux de recherche qui permettent de donner aujourd’hui une autre vision de la gestion des administrations territoriales”, précise Marlise Matos.
Le caractère international de la plateforme e-Agora est renforcé par la diversité du corps professoral composé d’experts espagnols, finlandais, suisses, français, brésiliens, américains, canadiens et japonais. La ville belge de Frameries, l’association française Villes Internet [6], ainsi que le Centre d’e-démocratie de l’Université de Genève (Suisse) participent au projet, dont “le coût est évalué à un million d’euros financés à 30 % par le ministère français des Affaires étrangères”, précise Marie Virapatirin.
Knock Billy
in Inffo Flash 718, 16 au 29 février 2008
































