Interview parue dans Inffo Flash 659 du 16 au 31 mai 2005
La Région Poitou-Charentes se veut très attentive à la formation des publics les plus fragiles. Brigitte Tondusson explique pourquoi sa Région vient de lancer un “plan d’urgence” destiné à maintenir une offre de formation qualifiante adaptée en direction des personnes les plus éloignées de l’emploi.
Inffo Flash : La Région Poitou-Charentes vient de s’engager dans un “plan d’urgence en matière de formation”. Le terme est fort, pourquoi un tel “plan d’urgence” ?
Brigitte Tondusson : Il s’agit là de proposer une réponse politique forte s’agissant de la dimension formation en direction des publics les plus en difficulté sur le marché de l’emploi. Il faut permettre aux organismes de formation de notre Région de retrouver un niveau de commandes qui a singulièrement fléchi avec la baisse de la commande publique d’État, notamment avec la disparition des Sife.
Cette démarche est cohérente avec notre position de Conseil régional, qui est de procurer des formations longues qualifiantes à tous les publics, surtout les moins qualifiés.
Inffo Flash : Le Conseil régional investit 10 millions d’euros dans la mise en place d’“emplois tremplins”. Comment se caractérisent ces contrats ?
Brigitte Tondusson : La Région a souhaité apporter
des réponses “emploi” dans des secteurs privilégiés comme le bâtiment, l’environnement et les associations. Pour ce qui est de ces dernières, la disparition des “emplois jeunes” a fait beaucoup de dégâts.
Nous recevons des appels au secours
de nombreuses associations dont les emplois jeunes arrivent à expiration...
Cet investissement est à la hauteur du travail à accomplir, le budget 2005 prévoit 1 300 à 1 500 contrats.
Inffo Flash : Quelle est votre stratégie régionale
en matière d’apprentissage ?
Brigitte Tondusson : Notre tissu économique est dominé par la présence de TPE et de PME qui ont une faible capacité d’absorption supplémentaire d’apprentis. On ne peut former 5 000 jeunes supplémentaires, et ce d’autant que nous enregistrons une perte de 500 jeunes par an au plan démographique.
Notre investissement en matière d’apprentissage s’élève par ailleurs à soixante millions d’euros, et nous veillons particulièrement à inciter les jeunes filles à s’engager dans cette voie, notamment sur des métiers non féminins. Nous allons signer la convention d’objectifs et de moyens sur l’apprentissage avec l’État en développant l’attractivité par la qualité, en ouvrant de véritables filières professionnalisantes et en incitant la création de sections d’apprentissage dans de nouveaux secteurs comme le sanitaire et social.
Inffo Flash : Quelle est votre politique en matière d’AIO ?
Brigitte Tondusson : Dans le cadre du Comité de coordination régional de l’emploi, de la formation et de l’apprentissage, une commission ad hoc réunit les partenaires sociaux et les acteurs de l’accueil, de
l’information, de l’orientation - et de la VAE. Nous y croisons les données en vue d’harmoniser l’offre dans ce domaine.
S’agissant de la VAE, nous allons mettre en route un “chèque VAE” en veillant à ce que les publics les plus fragiles y aient accès. Ainsi, nous avons eu récemment 700 licenciements sur un territoire de notre Région, qui ont frappé essentiellement des femmes de plus de 50 ans. Il est clair que ces femmes sont prioritaires en termes de VAE pour leur futur reclassement.
Propos recueillis par Renée David-Aeschlimann
































