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Conclusion des deuxièmes rencontres du Forum Français pour la Formation Ouverte et à Distance, mars 2001
LEPINEUX Claude - septembre 2001

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Conclusion de Claude Lépineux


Dans les bouquets de colloques, séminaires et salons fleurissant actuellement, les Rencontres du fffod sont et resteront (je l’espère) à part.

Nous ne sommes pas là, les uns et les autres pour vendre nos technologies ou nos savoir-faire dans ce domaine, nous sommes plutôt présents ici pour vivre ensemble un moment de réflexion, de questionnement, nous sommes là pour respirer un peu, mettre aussi à distance nos pratiques, nous sommes présents pour sentir, s’inspirer afin d’imaginer demain nos prochains services, et enfin, nous sommes présents ici pour confronter nos représentations et nos croyances dans ce domaine.

Ces journées s’adressent tout d’abord à nos propres membres (plus de 75 aujourd’hui), elles sont organisées par ces mêmes membres qui y ont une part active, c’est le gage de leur professionnalisme.

Dans cette salle, les champs d’expérimentation que vous représentez sont des plus diversifiés, nous construisons chacun nos pratiques à partir de publics, de niveaux et de domaines d’intervention très différents, nous rationalisons et pour certains, nous théorisons ces pratiques après coup, mais nous avons un risque à maîtriser : celui de croire que nous avons trouvé la bonne solution, que la formule qui marche, plutôt bien sur notre terrain est forcément la meilleure, la seule, l’unique. En bref, un nuage de e-taylorisation des pratiques et des croyances peut à tout moment s’abattre sur notre communauté. Evitons donc de nous transformer en Talibans des FOAD ou du e-learning, et gardons la richesse de nos pratiques s’inscrivant dans des champs professionnels si diversifiés.

Ces Rencontres ont été l’occasion pour nous de réfléchir dans plusieurs directions : la mondialisation, l’andragogie, la perception de nos utilisateurs, les nouvelles frontières, le e-learning et le village global, les marchés, l’articulation avec la gestion des compétences, les droits d’auteur, avec en toile de fond, une interrogation sur l’état des formations ouvertes et à distance : transition, mutation, rupture ?

Alors, transition, mutation, rupture ?

Je pense pour ma part que cette question reste ouverte. Le degré de changement lié à ces pratiques dépend de plusieurs facteurs, et je souhaiterais en évoquer quelques-uns avant de nous quitter.

Tout d’abord, la vitesse d’intégration des technologies et des pratiques, c’est un facteur déterminant. Dans une organisation, le changement n’arrive jamais de l’extérieur, il est souvent porté par quelques acteurs internes et si possible au bon moment.

Ainsi, les visionnaires sont souvent maudits car arrivant beaucoup trop tôt, les pionniers, arrivant un peu moins tôt ont quelques flèches dans le dos, et les précurseurs, s’ils arrivent au bon moment, réussissent.

Rares sont les organisations anticipant réellement le changement. Les contraintes extérieures poussent certaines de nos organisations à un changement rapide. Certains vivent donc déjà et vivront des ruptures dans leurs pratiques de formateur. D’autres auront le temps d’intégrer et de vivre les mutations et transitions nécessaires à leur métier.

Un second facteur me semble apparaître en ligne de force actuellement, facteur déjà évoqué en introduction par Jacques Bahry hier matin : celui des alliances et des partenariats. En effet, la FOAD et le e-learning nécessitent des idées, de nouveaux services pertinents offerts à nos publics et nos clients, mais aussi de la technologie, des nouveaux savoirs et savoir-faire, et une capitalisation.

Si nous raisonnons en termes de marché, nous pouvons faire plusieurs constats :

  • la formation permanente en France est un marché où les prestataires sont très nombreux ;
  • ces organismes sont, pour la plupart sous capitalisés ;
  • ils ne maîtrisent qu’une partie des différents cœurs de métier nécessaires à l’accompagnement technologique de leur solution ;
  • ils n’ont, pour la plupart pas ou peu de culture de l’investissement industriel.

Il s’agit donc un marché idéal pour permettre l’arrivée de nouveaux acteurs.

Les mutations, et ruptures vont concerner un certain nombre d’organismes, contraints à terme de fusionner, disparaître, évoluer en trouvant les partenariats adéquats. Cette vague est déjà en marche. Elle aussi a ses excès : je fais ici référence à de nombreux partenariats " doudou " permettant de se sécuriser un peu dans ces nouveaux espaces, mais sans suite car sans réels projets ou réels résultats tangibles.

Par rapport à cette actualité se tissent d’autres partenariats, plus forts ceux-là, permettant la mise à disposition de nouveaux services. Ces derniers demandant une réelle vision et une bonne analyse des besoins de leur public. Enfin, le troisième facteur est celui de la convergence des modes de formation.

Il y a un an encore, l’arrivée sur le marché de la formation professionnelle des solutions e-learning s’accompagnait souvent de l’argumentation suivante : " Le e-learning va se substituer rapidement aux formations en mode présentiel, ceci avec un maximum de services permettant de personnaliser son apprentissage, pour des coûts réduits, où l’on veut et quand on veut, le tout accompagné de prévisions de taux de croissance très rapide ".

La réalité circulant moins vite que les modes, les espoirs portés par de tels discours se sont révélés à nuancer. Il est vrai que ces arguments, pris un par un, peuvent se confirmer dans différentes expérimentations e-learning actuelles ou à moyen terme, mais ces solutions e-learning présupposent de remplir plusieurs conditions avant d’atteindre leurs objectifs. Nous pouvons en citer quelques-unes : des solutions technologiques performantes, des postes informatiques et un réseau convenable, une volonté politique de l’organisation de mettre en place ces solutions, des apprenants motivés et enfin, un accompagnement de la mise en place du dispositif.

Par ailleurs, les apprenants découvrent aujourd’hui ces nouveaux modes d’apprentissage en ligne. Ils doivent s’approprier ces nouvelles solutions d’apprentissage de l’écran et se prendre en main afin de progresser. Derrière l’accès au e-learning se cache ainsi la problématique de l’autoformation, de ses dispositifs d’accompagnement et de ses conditions de réussite.

Sortir de la pensée unique, c’est donc ici raisonner sur des approches de mix-formation.

Ainsi, plutôt que d’opposer des modes de formation (présentiel et e-learning), il est préférable de les utiliser au meilleur de leurs possibilités afin d’offrir de nouveaux services permettant un apprentissage efficient alliant des dispositifs d’évaluation, des cours e-learning, du tutorat en ligne, du stage en salle, du centre ressource, du coaching et d’autres modalités encore en fonction des besoins et des résultats à atteindre. Notre valeur résidant dans la capacité à trouver le meilleur cocktail sur un projet donné.

Concernant d’ailleurs l’émergence de ce concept " e-learning ", Goethe déjà, dans Faust avait ce commentaire : " On invente un mot à chaque fois que la vérité fait défaut ! ". A nous de relever le DEFI (Dispositif de e-formation individualisé).

Jamais deux sans trois ! Je peux d’ores et déjà dire que le succès de cette rencontre nous encourage à envisager la prochaine. Comme pour cette année, vous serez sollicités afin de participer pour ceux qui le souhaitent à la conception et la réalisation des troisièmes Rencontres.

Pour terminer, au nom du fffod, je tiens tout d’abord à remercier les acteurs de ces deuxièmes Rencontres du fffod :

  • Agnès Compère, nommée ce jour Déléguée générale au fffod, qui nous a organisé ces deux jours de main de maître… ainsi que Malika, nouvellement arrivée au fffod ;
  • Jean Pierre Béal pour l’animation ;
  • les responsables de chaque atelier et l’ensemble des intervenants qui sont venus partager avec nous leurs expériences ;
  • les équipes techniques et l’agence Aliénor qui ont assuré la logistique ;
  • ainsi qu’Algora, chargé de la rédaction des actes des Rencontres.

et je vous propose de les applaudir

Claude Lépineux, ex-Demos Interactive Training
aujourd’hui Responsable du développement à ALGORA


FFFOD - Forum français pour la formation ouverte et à distance : les activités du fffod ont pour objectif principal de promouvoir la formation ouverte et à distance. Elles sont organisées en fonction des besoins et des attentes de ses membres. Elles permettent ainsi de contribuer à la réflexion, aux propositions, aux échanges d’information et de créer ou de développer des liens à l’intérieur de différents réseaux.


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