Générateur de souplesse en matière d’accès à la formation, le e-learning n’est pas sans effet sur les modes de production. Ceux-ci doivent en effet à la fois être capables de fournir des solutions standardisées (interopérabilité, facilité et rapidité de mise en œuvre) et satisfaire aux exigences d’individualisation et de personnalisation des commanditaires. D’où la dimension partenariale de nombreux projets de e-formation. Exemples, avec les sociétés Syfadis et HyperOffice qui proposent des solutions à “géométrie variable” à leurs clients.
Avec douze salariés et un chiffres d’affaires 2006 d’environ un million d’euros, la société Syfadis, explique Pierre Berthou, président du directoire, compte une centaine de clients parmi les grandes entreprises, le service public et les institutionnels de la formation. Éditeur de logiciels, Syfadis propose une plate-forme “LMS” (learning management system) pour le e-learning et une plate-forme pour la gestion des emplois et des compétences. Parmi les projets 2007, Pierre Berthou indique la mise en place de la plate-forme Syfadis dans le cadre de la préparation aux concours du CNFPT et, à l’international, un contrat avec WTA, premier opérateur privé de téléphonie en Algérie, ainsi qu’un contrat en Italie avec le laboratoire Pfizer-Merck pour la formation continue des médecins.
De son côté, HyperOffice, vingt-cinq collaborateurs et 2,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2006, vise notamment les grands comptes et les institutions, à qui elle propose ses services de conseil et l’“Atelier e-learning”, outil auteur pour le développement de parcours de formation. La solution est également vendue à l’international, précise Philippe Delanghe, associé HyperOffice, citant pour exemple la formation d’ingénieurs commerciaux du réseau indirect de distribution d’Alcatel dans dix pays ou, dans le cadre d’un gros projet de l’année 2007, la conception de modules de formation de douaniers européens.
Si Syfadis et HyperOffice sont donc des sociétés distinctes avec des offres différentes, elles affichent cependant une complémentarité qui les autorise à travailler ensemble.
Syfadis LMS est commercialisée en mode location (hébergement, assistance technique et fonctionnelle, suivi de version) ou en acquisition de licences. Par défaut, la plate-forme comporte quatre profils d’utilisateurs (apprenant, tuteur-rédacteur, manager, administrateur), qu’il est possible de paramétrer et d’enrichir. Les parcours de formation sont constitués de ressources pédagogiques de toute nature (AICC, Scorm, Flash, HTML, Word, PDF, etc.), notamment externes. C’est sur ce point qu’intervient l’Atelier e-learning d’HyperOffice, studio de création dont l’originalité, selon ses concepteurs, réside dans l’approche “story-board” : “Le concepteur conçoit ses écrans au fur et à mesure, dans un environnement non technique, en décrivant les attributs de composants Flash constituant les écrans (mascottes, listes, questions, schémas, animations, etc.) et en intégrant des médias (sons, images, vidéos). Le résultat de cette description est stocké dans un fichier que nous appelons le story-board et qui va contenir toutes les informations permettant de générer automatiquement le cours final.” Et surtout, “au lieu de décrire les futures activités et écrans du didacticiel dans un document bureautique Word ou Powerpoint, l’auteur les décrit dans des « formulaires » générés dynamiquement par l’Atelier en fonction des composants souhaités pour un écran, ce qui permet de « jouer » immédiatement le module au fur et à mesure de la conception, de le présenter aux commanditaires à l’appui du story-board et, donc, de produire plus vite et plus juste.” Livré avec une grande variété de modes d’affichage pour éviter tout développement informatique, l’Atelier e-learning reste cependant ouvert afin d’autoriser un degré de personnalisation maximal si le client le souhaite.
Si la règle est le travail en ligne, explique Jean-Christophe Gauthier, consultant e-learning HyperOffice, il est toutefois possible d’extraire un contenu en cours de production, de poursuivre sa réalisation en mode déconnecté puis de le réintégrer par une simple synchronisation.
La solution HyperOffice est commercialisée au prix de 5 000 euros HT la première licence auteur monoposte, et nécessite une formation de deux jours des concepteurs pédagogiques à l’outil, facturée 2 500 euros HT. Pour les clients qui veulent aller plus loin, sont également proposées une formation méthodologique aux environnements pédagogiques en ligne et une formation spécifique à l’intention des développeurs qui souhaiteraient modifier l’environnement.
Nicolas Deguerry
in Inffo Flash n° 702, 16 au 31 mai 2007































