Interview parue dans Inffo Flash 658 du 1er au 15 mai 2005
Daniel Brunel dresse un bilan positif du Schéma des formations 2000-2006 de l’Île-de-France. L’élaboration du PRDF devrait renforcer l’articulation emploi-formation, et développer la sécurisation des parcours. Le Conseil régional organisera à l’automne les États généraux des formations afin de procéder à une évaluation croisée de ce Schéma et des autres politiques régionales en matière de formation et d’insertion.
Inffo Flash : Quel bilan d’étape pouvez-vous tirer du Schéma des formations 2000-2006 ? Quelles orientations devraient-être développées dans le prochain ?
Daniel Brunel : Le Schéma des formations, voté à l’unanimité par l’Assemblée régionale le 14 décembre 2000, constitue un document structurant en matière d’orientations de la politique régionale pour la formation professionnelle, des jeunes essentiellement. En effet, en Île-de-France, le Schéma des formations équivaut au Plan régional de développement de la formation professionnelle des jeunes.
En militant pour une approche globale centrée sur les besoins des jeunes franciliens, nous lui avons assigné un objectif central : contribuer à la réussite de tous. Pour cela, nous l’avons construit sur des bases ambitieuses : former l’homme, le citoyen et le professionnel en favorisant le développement personnel, l’insertion sociale et professionnelle ; permettre à tous d’accéder au plus haut niveau de qualification, en faisant en sorte que chaque jeune puisse atteindre le niveau de formation qu’il ambitionne ; favoriser l’égalité hommes-femmes pour l’accès aux formations et aux métiers ; promouvoir une égale dignité et complémentarité des voies et des modes de formation (scolaire, apprentissage, formation continue).
Sa mise en œuvre, fondée sur la transparence, à travers une démarche de consultation de l’ensemble des partenaires et un travail d’élaboration conjoint avec l’État, a donné des résultats encourageants. Nous avons ainsi pu fournir des réponses plus adaptées aux situations diversifiées des jeunes. L’aide aux jeunes franciliens pour construire leur projet personnel, de formation et professionnel s’est sensiblement améliorée.
Le Plan prévisionnel triennal glissant nous a permis de mieux orienter l’évolution de l’offre de formation des jeunes et de mieux prévoir les besoins en investissements régionaux et, au final, de donner plus de cohérence à la carte des formations, ce qui n’est pas rien pour une région comme la nôtre. Car, si elle possède des atouts et des potentialités indéniables, n’oublions pas que l’Île-de-France, c’est une population de 11,3 millions soit 20 % de la population française et 22,5 % de la population active, 8 départements qui s’étendent sur 1,2 million d’hectares. La diversité des situations et des acteurs, mais aussi les inégalités sociales et territoriales, ne rendent pas la mise en œuvre de schémas ou plans régionaux chose aisée. D’autant plus que depuis son lancement en 2000, les compétences des Régions se sont élargies et englobent des problématiques et des enjeux qui dépassent de loin ceux de l’actuel Schéma des formations.
Aujourd’hui, nous avons un défi fantastique à relever avec la construction et la mise en œuvre d’un Plan régional de développement des formations (PRDF) qui soit la traduction opérationnelle d’une orientation claire : travailler à l’élaboration d’une véritable politique d’insertion et de formation. Nous souhaitons qu’elle s’appuie sur le renforcement de l’articulation emploi-formation, par une sécurisation des parcours professionnels. Il s’agit de positionner la formation au cœur du développement professionnel des Franciliens et comme levier stratégique du développement économique de notre région.
Inffo Flash : Qu’en est-il du Fonds régional de développement et d’investissement pour l’emploi et la formation (Fridef), créé à l’occasion de la Conférence pour l’emploi, le développement économique, l’économie sociale et solidaire et la formation professionnelle, le 8 décembre 2004 ?
Daniel Brunel : D’abord, ce Fonds s’appuie sur une idée simple, mais ambitieuse : il s’agit de fédérer nos efforts pour obtenir un effet de levier dans la mobilisation des crédits en faveur de l’emploi durable et de la formation de qualité. Cela implique d’abord de regrouper et d’abonder un ensemble de dispositifs financiers que la Région consacre au développement des PME-TPE et à la formation de leurs salariés. C’est ce que nous avons fait en inscrivant ce Fonds au budget 2005 et en le dotant de 35 millions d’euros. Maintenant, il s’agit d’engager un tour de table avec différents acteurs ; ce que nous avons commencé à faire avec des partenaires financiers des PME-TPE. Nous allons le poursuivre avec les institutions bancaires, mais aussi avec les Opca qui participent au dispositif régional d’accompagnement des plans de formation des PME-TPE.
En décembre prochain, lors de la deuxième édition de la Conférence régionale pour l’emploi, qui coïncidera avec le lancement du Schéma régional de développement économique (SRDE), nous serons en mesure de présenter les résultats de ce tour de table et de rentrer dans une phase opérationnelle du Fridef.
Inffo Flash : Comment envisagez-vous de mettre en œuvre les nouvelles responsabilités confiées aux Régions par la loi de décentralisation ?
Daniel Brunel : Pour ce qui est du transfert des formations sanitaires et sociales, elles nous amènent à effectuer un état des lieux et des besoins avant d’aller plus avant. En ce qui concerne le PRDF, elles nous obligent aussi, et c’est une bonne chose, à multiplier les démarches partenariales, tant pour sa construction que pour sa mise en œuvre, et ce, avec l’ensemble des financeurs et des acteurs de la formation. Enfin, elles doivent nous pousser à être plus cohérents dans notre action globale et plus créatifs aussi pour travailler sur des articulations efficaces entre partenaires et entre dispositifs.
C’est ce que nous visons en organisant, à l’automne prochain, les États généraux des formations. Leur objectif est double. Tout d’abord, procéder à une évaluation croisée du Schéma des formations et des autres politiques régionales en matière de formation et d’insertion, pour identifier le chemin parcouru, apprécier les réalisations, pointer les dysfonctionnements, clarifier les responsabilités de chacun en fonction des engagements pris (contrats de plan État-Région). Ensuite, lancer le processus d’élaboration du Plan régional de développement des formations avec ses déclinaisons en Schéma, dans une dynamique prospective.
La démarche d’évaluation est aujourd’hui lancée. Nous avons mobilisé les représentants du Conseil économique et social régional (CESR), ceux de l’ex-Comité de coordination régional de l’emploi et de la formation professionnelle (CCREFP), et de la Commission paritaire interprofessionnelle régionale de l’emploi (Copire). Nous avons également tenu à impliquer des élus régionaux, missionnés par le président Jean-Paul Huchon. Des cabinets extérieurs seront sollicités, notamment pour procéder à une évaluation de l’application du Code des marchés publics, comme outil au service de nos objectifs politiques. L’Observatoire régional de l’emploi et de la formation, désormais opérationnel, sera d’une grande utilité pour réunir et analyser les données disponibles mais aussi pour lancer des études prospectives.
Ensuite viendra le temps de la co-élaboration d’une programmation et d’un financement à moyen terme des actions de formation professionnelle des jeunes et des adultes. Et, puisqu’il s’agit de favoriser un développement cohérent de la formation à l’ensemble des filières et des territoires, nous combinerons cette démarche au Schéma régional de développement économique (SRDE).
Propos recueillis par Sandrine Zadunayski
Contact :
Conseil régional d’Île-de-France,
33, rue Barbet de Jouy,
75007 Paris.
Tél. : 01 53 85 53 85 ;
Site web : www.iledefrance.fr

































