C’est sans doute sous l’effet de la “mondialisation de l’économie”, qui appelle les entreprises à s’adapter à un marché plus exigeant, dans une organisation complexe : “le tutorat s’ouvre” , a souligné Élisabeth Boulnois. Il s’ouvre à de nouveaux acteurs opérationnels, tels que les “équipes tutorales”, ou le “double tutorat” des Geiq et des ETT, ainsi qu’à des acteurs institutionnels diversifiés : les Universités, les Opca, les branches professionnelles, l’Europe. Mais il existe d’autres leviers, a-t-elle précisé : les contraintes démographiques, la réforme de la formation professionnelle ou encore les évolutions technologiques, la réforme de la formation professionnelle, avec le “e-tutorat”, pratiqué par exemple à la Banque de France. Le tutorat est devenu un outil stratégique dans la politique de l’entreprise. Il permet de construire des réponses adaptées face à des besoins spécifiques : qualifier rapidement de nouveaux salariés. Les rapports entre tuteurs et tutorés ont changé. Le savoir technique n’appartient plus exclusivement aux seniors. Ainsi, à l’occasion de travaux sur la formation des tuteurs, les Compagnons du devoir ont-ils mis en évidence un besoin de repositionnement du tuteur senior. Parce que “le métier ne se réduit pas à une technique”, le rôle du tuteur est de valoriser l’apprentissage de cette technique en l’appliquant dans un environnement professionnel.
Toutefois, la loi du 4 mai 2004 ne prévoit rien d’obligatoire concernant le tutorat. Pour les contrats et périodes de professionnalisation ou pour les contrats aidés, il est écrit que l’employeur “peut” désigner un tuteur. Il revient donc aux entreprises d’organiser la reconnaissance de l’activité des tuteurs, considérée non pas comme un métier, mais comme une fonction nécessitant des compétences professionnelles, pédagogiques et relationnelles. Certaines ont créé un titre de tuteur accessible uniquement par la VAE : Disney, Auchan, le Groupe Flo, Veolia Environnement, mais aussi Air France, le Parc Astérix, Avenance et Accor. Un tel titre permet une reconnaissance visible et transférable.
Dans ce contexte, un défi reste d’actualité : trouver des salariés experts volontaires. La reconnaissance des collègues, l’autorisation de la hiérarchie doivent assurer pour le salarié concerné la légitimité nécessaire. Qui l’aidera à trouver en lui-même la motivation et la détermination qui s’imposent. En conclusion, reste encore la volonté de reconnaître ces métiers en émergence, comme l’a souligné Françoise Dax-Boyer.
Centre-Inffo
Source : in Inffo Flash n° 696, 16 au 28 février 2007





























