- Gestion des parcours de seconde partie de carrière : une question délicate, p1
- Une approche globale du parcours difficile à mettre en place, p2
- Un exemple d’instrumentation du parcours : le projet “Pronet”, p4
- L’instrumentation et ses enjeux, p5
- Des outils à utiliser en deuxième partie de carrière, p5
- Se centrer sur le sujet “en marche”, p6
La gestion des parcours de seconde partie de carrière en est encore à ses balbutiements : les représentations sociales relatives à cette classe d’âge n’incitent pas à considérer les parcours des seniors comme une priorité de gestion : compétences en déclin, formation considérée comme non rentable, peu de flexibilité, pas de mobilité...
Gestion des parcours de seconde partie de carrière : une question délicate
La gestion des trajectoires, quand elle existe, s’attache plutôt à des aspects sensibles des parcours des individus : parcours d’insertion, parcours d’intégration, parcours dans les métiers sensibles ou parcours de mutation, de reclassement ou de conversion. C’est toujours d’un tronçon de parcours qu’il s’agit, et non du parcours dans une approche qui serait globale : la gestion de parcours reste majoritairement organisée pour des moments du parcours (compétences pour un emploi donné, intégration, etc.), ou encore des catégories professionnelles (carrières ascensionnelles).
Or, la notion de parcours renvoie à l’idée d’une continuité, dont la perspective s’inscrirait dans la durée et avec tous ses éléments constitutifs : activités professionnelles, formation, période de non-activité, activités extraprofessionnelles, etc. Ce qui n’est pas le cas. Le parcours est vu par tronçons, et en patchwork sans vision globale ni transverse.
Il est vrai que l’on peut encore considérer la notion de parcours comme une notion émergente, dont s’emparent conjointement tous les champs de pratiques que sont la GRH, la formation, l’orientation, mais avec des approches et des outillages différents du fait même que les usages en sont différents. Il en résulte cette conception du parcours étroitement lié à un épisode d’une trajectoire : intégration, chômage, formation… où le parcours reste conçu comme le temps d’une construction, puis ensuite d’une gestion ponctuelle qui sera le fait de l’intervenant ou de l’institution mobilisée alors. Or, la notion de parcours renvoie à une acception plus large où pourrait primer durée, continuité et cohérence du point de vue du trajet du sujet. Ce qui est spécialement important pour les publics en seconde partie de carrière, dont il est question ici.
Pour parler de parcours, classiquement, deux approches sont proposées. La première renvoie au sens d’itinéraires de qualification ou de professionnalisation tels qu’ils sont proposés par des institutions (entreprises, administrations, etc.) ou des branches. Il peut alors s’agir de parcours connus, balisés et jalonnés par des pratiques GRH en terme de qualification, mobilités, formation, ou de parcours nouveaux émergents (nouvelles organisations du travail, nouveaux outils) dans des systèmes. La deuxième approche concerne le parcours au sens individuel, celui qui est voulu, choisi, construit, négocié par un individu dans un cadre institutionnel (intra système), ou hors système.
La notion de parcours peut se définir comme une démarche d’élaboration d’un itinéraire qui peut se dérouler, soit dans un système, en référence à des :
parcours traditionnels, pour une mobilité balisée et connue (référentiel, formation, etc.) ;
parcours métier, pour une mobilité d’élargissement vers plus de maîtrise ou d’expertise ;
parcours nouveaux, liés à un changement organisationnel, technologique ou environnemental, pour une mobilité à inventer ;
soit par rapport à un projet individuel, pour des mobilités nouvelles ou atypiques.
Cette double entrée rend compte d’une répartition certaine des tâches. Dans le champ du social, le sujet et les parcours s’inscrivent dans des logiques d’orientation, de formation, d’insertion et, dans le champ de la GRH, dans le système et ses besoins en compétences, avec une oscillation permanente sujet-système. Les approches et outils ne seront pas les mêmes selon que l’on traite de l’un ou de l’autre. Or, traiter de parcours impliquerait de traiter des deux simultanément et sur la durée.


































