« Depuis la création du réseau TTnet en 1998 », a rappelé Anne de Blignières-Légeraud, ex coordonatrice des projets internationaux de Paris-Dauphine aujourd’hui chargée de mission auprès du président de l’université, « vingt-sept réseaux [1] ont été mis en place ». Ceci, dans le but de créer des « forums nationaux » composés des principaux acteurs de la formation des formateurs [2]. « L’ambition initiale de TTnet est d’induire du changement sur les systèmes de formation professionnelle nationaux et communautaires », souligne-t-elle, « la première cible du réseau n’est donc pas les praticiens ».
Parmi les priorités partagées, on relève particulièrement la « contribution à la professionnalisation et à la reconnaissance des métiers de la formation ». Celle-ci s’exprime au travers de quatre orientations majeures, qui sont la « formulation de standards professionnels », la « définition des compétences des enseignants et de systèmes d’assurance qualité », le « développement de méthodologies de formation et de parcours professionnels ».
« Des priorités spécifiques existent », précise Anne de Blignières-Légeraud, « par exemple, liées aux secteurs professionnels en Allemagne et à Malte (PME), ou à des profils professionnels (tuteurs, évaluateurs) en Espagne, Italie et aux Pays-Bas ».
Si les résultats apparaissent significatifs en termes de visibilité, de reconnaissance et d’implication dans des projets nationaux et transnationaux, des « difficultés organisationnelles et fonctionnelles » remontent de manière « récurrente ». Si l’on ne s’étonne pas d’entendre évoquer la difficulté d’adopter une lingua franca ou, à défaut, d’assurer une traduction dans les différentes langues partenaires, seules à-même de garantir de véritables échanges transnationaux, on peut en revanche se montrer surpris d’apprendre que le « manque de compréhension des atouts du travail en réseau » constitue également un obstacle au sein même de TTNet. Sans oublier les classiques problèmes de financement qui entraînent un « manque de ressources pour le fonctionnement du réseau » et, in fine, un « manque de motivation » des membres à poursuivre leur engagement dans la durée.
A sa mission initiale de « réseau médiateur d’informations », Anne de Blignières-Légeraud rappelle que TTnet est également « réseau médiateur d’actions » (conseil auprès des décideurs et des praticiens, initiateur de réformes ou de suivi des réformes) et « médiateur de connexions nouvelles » (partenaire de projet, initiateur de nouvelles pratiques). « Un mode de fonctionnement », conclut-elle, « qui regroupe les trois missions fondamentales de tout grand réseau : diffuser de l’information professionnelle, partager et communiquer et ainsi alimenter par là-même un continuum formatif ».
Nicolas Deguerry
in Le Quotidien de la formation, 17 mars 2008
































