Selon Shéhérazade Enriotti, chargée de mission Innovation à l’Institut national des métiers de la formation (INMF) de l’Afpa et tête de réseau TTnet, « le travail collectif et en réseau devient de plus en plus une nécessité face à des situations professionnelles de plus en plus complexes et de moins en moins routinières ». En permettant « de réunir et de faire coopérer une grande variété de compétences et de connaissances, le travail en réseau permet de stimuler l’innovation, d’élaborer les bonnes pratiques et de préciser les règles de l’art ». Il faut pour cela, a-t-elle expliqué, de l’« ingénierie », du « génie » (de l’intuition et de la créativité au service de l’avenir), du « courage et de la persévérance » (savoir prendre des risques et être patient).
Non sans préciser au passage ce qu’il faut entendre par innovation (« un processus et un résultat qui s’inscrit dans une dynamique de changement collectif »), et par réseau (« un lieu de communication et de collaboration entre des acteurs hétérogènes (...), largement informel »), Shéhérazade Enriotti a ensuite comparé le fonctionnement du réseau TTnet aux « dix commandements du travail en réseau » tels que décrits par Christian Marcon et Nicolas Moinet, enseignants chercheurs à l’université de Poitiers [1].
L’occasion de constater qu’avec « un fonctionnement peu formalisé et néanmoins structuré », TTnet satisfait aux règles du genre si ce n’est une trop faible utilisation des « technologies d’aide au travail collaboratif (forums, banques de données communes, conférences à distance) ».
Une analyse qui conduit Shéhérazade Enriotti à proposer de poursuivre l’extension de TTnet en continuant de « s’ouvrir à d’autres réseaux francophones » et d’intégrer des « volontaires partageant les mêmes finalités et les mêmes valeurs ». D’où l’élaboration en cours « d’une charte de fonctionnement » et l’incitation à « développer une meilleure utilisation des TIC » pour améliorer les échanges et conserver une « mémoire vivante » au-delà de l’écrit.
Et de conclure à l’attention de ceux qui redoutent la dimension informelle du concept : « Ce n’est pas parce que ce n’est pas quantifiable qu’il faut négliger les apports qualitatifs qui infusent et se diffusent dans ces pratiques. » Propos confirmé par les participants, à l’instar d’Isabelle de Montéty, consultante et présidente du SICFOR [2], déclarant voir dans les réseaux l’opportunité « de passer de l’indépendance solitaire à l’indépendance solidaire ».
Nicolas Deguerry
in Le Quotidien de la formation, 14 mars 2008
































