D’après les études effectuées auprès de la population de la région Bretagne, un Breton sur deux est familier d’Internet. Mais le haut débit bigouden est loin d’être équitablement partagé. « Grosso modo, le tracé du haut débit et du très haut débit suit celui des voies ferrées et des routes nationales », indique Thomas Renault, chargé de mission du développement du numérique régional de Bretagne lors de la conférence « Très haut débit et formation tout au long de la vie » du 13 avril dernier.
« Il enserre la Bretagne, passe par Rennes, Vannes, Quimper, Saint-Brieuc, Lorient et Brest, mais le centre de la région ainsi que les îles sont très peu desservis ». Pourtant, la Bretagne est loin d’être une région hostile à Internet. L’un des premiers wikis régionaux créés en France a été celui de Brest, suivi de près par celui de Rennes. BZH Networks, destiné aux Bretons expatriés est l’un des réseaux sociaux régionaux les plus actifs et le site « Copains d’avant » fut créé à Rennes. Il n’en persiste pas moins que le développement durable de cette région est freiné par cette absence du haut débit, tant en termes professionnels qu’en matière de e-formation. « L’agriculture du centre de la région manque cruellement d’accès au haut débit, tant dans son activité commerciale que pour former ses personnels aux nouvelles techniques d’élevage par le biais du e-learning », indique le chargé de mission. « La Région a développé le visa Internet Bretagne, un accompagnement financier destiné à aider les gens à se former », précise t-il, « mais certaines formations locales exigent une présence au plus près de l’entreprise. Or, tout un pan de la Bretagne ne peut pas bénéficier de ce visa. » Et de pointer un déficit d’investissement de France Télécom qui aurait coûté 20 millions d’euros à la région. « Si tous les Français devaient avoir le très haut débit demain, cela coûterait 30 milliards d’euros à l’Etat », indique Thomas Renault. « Forcément, la logique de rentabilité qui prédomine actuellement créera des "zones blanches", des fractures territoriales au sein des régions. Comme d’habitude, l’installation du haut débit dans les zones les plus rentables ira au privé, le public, lui, devra se contenter des territoires qui ne le sont pas », déplore le chargé de mission.
En Bretagne, plus d’un maire sur deux a été sollicité sur le haut débit par ses concitoyens. Des manifestations citoyennes exigeant le très haut débit pour tous ont même été organisées. Depuis 2006, cependant, le projet numérique Bretagne 2.0 vise à développer la fibre optique dans toute la région. Un abondement de 260 millions a été débloqué dans le cadre des contrats de pays afin de viser à la possibilité pour un maximum de Bretons de disposer du haut débit d’ici 2012.
Bretagne 2.0, le portail des TIC en Bretagne
Benjamin d’Alguerre
in L’Inffo n° 768, 16 au 31 mai 2010, extrait du dossier "Formation ouverte et à distance, e-learning, e-formation : ...à quand le new learning ?"
































