Chercheur ou prestataire, un même regret s’est fait jour lors des assises de l’éducation et de la formation numérique : la France délaisse la question de la normalisation en termes de formation et d’apprentissage. Un sujet « pourtant stratégique », estime Bernard Blandin, directeur de recherche au Cesi et enseignant à Paris-X.
Les normes, cheval de Troie économique
Si défendre l’idée d’un modèle –sinon français, au moins européen- de l’éducation et de la formation paraît ringard à certains à l’heure de la mondialisation, il ne s’agit pourtant pas seulement d’une question de tradition culturelle. Très majoritairement définies par les anglo-saxons, les normes internationales sont celles qui s’appliquent dans les appels d’offres. Aujourd’hui à peu près absentes des débats, universités et entreprises françaises n’ont d’autre choix que d’intégrer des modèles définis ailleurs pour espérer l’emporter. Peut-être pas la meilleure voie pour faire valoir ses propres atouts dans un marché concurrentiel. // N. Deguerry
Sur le même sujet, consultez notre interview de Bernard Blandin->http://www.centre-inffo.fr/Bernard-...]
Alors qu’un comité technique international (le groupe ISO/IEC JTC1 SC36), mis en place depuis 1999, a déjà publié seize normes dans les domaines du e-learning, du travail coopératif ou de l’accessibilité au travail, l’Union européenne attendra 2008 pour instaurer un comité technique dédié la standardisation et à la normalisation des plateformes de diffusion et des outils de développement des contenus. Créé à l’initiative principale du Royaume-Uni et de l’Allemagne, ce comité technique dispose d’un pouvoir, en termes normatifs, s’étendant à l’ensemble des pays membres de l’Union. À l’heure actuelle, une norme a été publiée et trois autres sont en cours de préparation. « Ces chiffres peuvent paraître dérisoires », indique Bernard Blandin, « mais ils ont au moins le mérite d’exister et démontrent qu’en matière de normes, l’Union européenne souhaite rattraper son retard sur ses concurrents américains, japonais, canadiens ou coréens. » Problème pour la France : les normes Afnor sur la formation professionnelle datant de 1994 et 1996 sont, depuis longtemps, obsolètes. « Aucun rapport sur l’éducation ou la formation numérique ne se soucie des normes », déplore le directeur de recherche du Cesi. « Pourtant, ces normes sont les principaux instruments de la régularisation et du développement des marchés. »
Benjamin d’Alguerre
in L’Inffo n° 768, 16 au 31 mai 2010, extrait du dossier "Formation ouverte et à distance, e-learning, e-formation : ...à quand le new learning ?"
































