À la question "Pourqoui la FOAD ?", Agathe Descamps a puisé plusieurs réponses lors des Assises nationales de l’éducation et de la formation numériques (15 et 16 avril 2010, Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris-La Villette).
"Réduire les coûts"
Yves Dambach, directeur de KTM Advance, qui propose des solutions de formations multimédia interactives, traduit ainsi la demande à laquelle il doit faire face quotidiennement : « On veut former mieux, plus vite, un peu partout et avec moi d’argent ! » Cette contrainte financière, « malgré les 6, 4 milliards dont la formation professionnelle dispose, amène ainsi les concepteurs et les bénéficiaires de formation à se tourner vers les technologies, même si en Europe, seules 5% des formations sont réalisées via le e-learning, contre 55% aux Etats-Unis » a-t-il souligné. Et si les technologies proposées sont plus puissantes, Yves Dambach estime que leur mise en œuvre implique de repenser intégralement des méthodes et des modes de fonctionnement.
"Revoir la distribution du réseau"
L’intégration des formations e-learning fonctionne plutôt bien au Cnam, explique Alain Cazes, chargé de Mission Foad au Cnam. Pourquoi ? Alors que la distribution du réseau du Cnam était « équivalent à celui de la SCNF à savoir efficace entre Paris et la province mais moins de ville à ville », le Cnam a souhaité rompre avec cette organisation et à mis en place des structures avec des plateaux numériques dans cinq régions (Nord-Est, Nord-Ouest, Paris-Ile-de-France, Sud Est, Sud Ouest). Trois personnes minimum s’occupent de ces plateaux. Le Cnam a en parallèle créé des outils de captation comme des studios de cours où les interventions des formateurs sont filmées et diffusées sur le web. Dans ce studio également un tableau interactif numérique, et un tableau traditionnel. « L’objectif est de faire des grandes classes, et également de mettre en place une communication de classe à classe » commente Alain Cazes. Cent studios ont ainsi été créés sur tout le territoire dont 12 en région parisienne.
"Améliorer la concentration"
« L’opportunité du numérique c’est l’opportunité de l’accessibilité, qu’elle soit sociale ou géographique », estime Jean-Pierre Choulet, directeur des systèmes de l’information de l’Essec. Partant du constat que « notre concentration est plus longue quand on regarde un film ou quand on joue à un jeu vidéo », il explique : « la connaissance est un média et il faut bâtir des formations ou des programmes aussi interactifs qu’un jeu et aussi plaisant qu’un film, tout en gardant le sérieux des cours transmis ». C’est d’ailleurs le principe d’Open Vidéo Education que l’Essec a développé en partenariat avec polytechnique et qui permet à ceux qui le souhaitent de retrouver les meilleurs moments de la pédagogie de l’enseignement supérieur.
"Être acteur de son projet"
« Il faut inciter les individus à prendre en charge leur compétences. Ils doivent être acteurs de leur projet professionnel », déclare Philippe Huguenin, directeur d’Opcalia Ile-de-France. Les Opca sont de plus en plus sollicités pour financer les initiatives des salariés, ce qui est nouveau. Pour Philippe Huguenin, les serious games sont d’autant plus intéressants qu’ils « démystifient la formation, notamment pour les personnes qui ont des faibles qualifications ».
"Former les autodidactes du XXIème siècle"
« Les formateurs et les enseignants ont à apprendre des gens une fois qu’on a libéré leur potentiel », considère François Taddéi, chercheur à l’Inserm. Rappelant que l’enseignement français reste encore très formel, il estime que « l’enjeu est de former les autodidactes du XXIème siècle, qui seront capables de mettre constamment à jour leurs connaissances et leurs compétences ».
Agathe Descamps
in L’Inffo n° 768, 16 au 31 mai 2010, extrait du dossier "Formation ouverte et à distance,e-learning, e-formation : ...à quand le new learning ?"
































