En prenant les rênes de Renault en 2007, Carlos Ghosn tenait à imposer son style à l’ensemble du groupe, ainsi qu’aux marques affiliées (Nissan, Dacia, et plus récemment Lada ou Samsung). Parmi les ambitions de l’ex-PDG de Nissan, celle de revoir la politique de formation des commerciaux automobile de l’enseigne via le développement de la Renault Virtual Academy, laquelle devait répondre à une problématique majeure : comment former les vendeurs à 26 types de véhicules et ce, à l’échelle du monde entier, sans faire exploser les coûts. Un véritable noeud gordien auquel le e-learning semblait constituer la seule réponse, comme l’a exposé Didier Delcourt, chef de projets à la Renault Virtual Academy, à l’occasion des huitièmes rencontres du e-learning et de la formation mixte, le 24 mai 2011, à Paris.
« Lorsque j’ai pris ces fonctions en 2007, j’ai débuté par un audit général de la politique menée lors des trois années précédentes. A la réception des résultats, j’ai cru un instant que je m’étais trompé d’entreprise. Dix-huit mois après la dernière formation effectuée, il n’en restait plus rien », a-t-il plaisanté avant de reconnaître que « quelque chose ne marchait pas à l’un des niveaux de la formation ». Partant des besoins exprimés par les commerciaux afin de mieux y répondre, l’équipe de Didier Delcourt a alors fait un pari original : « ne pas commander une solution toute faite à un prestataire de service, mais se servir des outils existant déjà, de manière gratuite, sur le net. Ainsi est né un portail impliquant au maximum les collaborateurs du groupe tant dans la fabrication des supports pédagogiques que de l’interface ».
De cette volonté sont donc nées de petites vidéos de quelques minutes, présentant un véhicule, accessibles sur le portail et consultables à volonté par les vendeurs du groupe. « Il s’agit d’un travail d’intelligence collective et de bons sens », a souligné le chef de projets. « Un film coûte moins de 10000 euros à réaliser et il peut être mis en ligne à peine une quinzaine de jours après son tournage ». Si quelques supports papier sont encore édités en fonction des besoins locaux (« le Brésil conserve une culture du support papier », a avoué Didier Delcourt pour illustrer son propos), la formation commerciale sur les véhicules se fait désormais par le biais d’une plateforme internet chez le constructeur automobile. Avec un espoir : « que la formation ne soit plus ce truc poussiéreux où vont les gens lorsqu’ils ne savent plus quoi faire dans l’entreprise ».
Si la consultation du portail favorise l’interactivité, la Renault Virtual Academy a tout de même souhaité conserver un rapport top-down, que Didier Delcourt résume par « une pensée glocale. Des outils globalisants au niveau international et des implémentations locales ».
« A chacun son métier », a expliqué le chef de projets, « « il est normal que les gens du siège disposent d’une culture, de process et des idées relevant du top management. Mais ce dernier ne s’implique pas dans le déploiement de la formation auprès des équipes locales. Au fond, le travail de la Renault Virtual Academy consiste à tendre un fil entre ceux qui font les voitures et ceux qui le vendent ».
par Benjamin d’Alguerre
in Le Quotidien de la formation, 25 mai 2011
































