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E-learning : usages et pratiques dans les TPE-PME

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“Donner aux TPE-PME les même atouts d’accès à la formation tout au long de la vie que les autres acteurs de l’économie”, tel était l’objet du “Jeudi du Préau” du 25 janvier, organisé conjointement avec le Cyber club de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP). L’occasion d’échanger avec des représentants du Passeport pour l’économie numérique et trois prestataires d’e-formation.


Avec 99 % du tissu économique européen porté par les entreprises de 1 à 250 salariés, il s’agit d’une thématique incontournable, souligne Anne-Marie Husson, consultante experte qualité et responsable pédagogique du Préau, animatrice de cette session. Pour les TPE, l’intérêt du e-learning apparaît clairement quand on connaît leur grande difficulté à libérer du temps, tant pour les dirigeants, généralement peu épaulés dans leurs tâches de gestion, que pour les salariés, dont l’absence pour formation pose de vrais problèmes.

La première condition d’un e-learning efficace est de s’assurer que les destinataires maîtrisent les pré-requis des TIC. C’est ici qu’intervient le “Passeport pour l’économie numérique” [1], présenté par Gaidig Bodennec, chargée de projet “PEN” au Cefac (Centre d’études et de formation des assistants techniques du commerce, des services et du tourisme) [2]. Lancé le 8 janvier dernier, le PEN, l’une des mesures du programme “Croissance PME” du ministère des PME, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions libérales, part du constat que 700 000 entreprises de moins de 20 salariés apparaissent coupées de l’économie numérique. Il s’agit de “faire prendre conscience à au moins 200 000 petites entreprises, en deux ans, des avantages qu’elles peuvent tirer d’un usage plus efficace des TIC”. Le PEN leur propose une offre gratuite de découverte. Comme en témoigne le n° Azur (0810 00 33 99, prix d’un appel local) ouvert pour l’inscription, le PEN concerne tout particulièrement les entreprises n’étant pas équipées d’ordinateurs connectés à internet. Elles bénéficient de 440 points d’accueil, où plus de 500 animateurs ont pour mission de les accompagner sur tout ou partie des 18 modules proposés, d’une durée de deux heures chacun. Le choix des modules est libre, et trois suffisent à l’obtention du PEN. Celle-ci permet de s’équiper à moindre coût en bénéficiant d’offres privilégiées émanant des partenaires industriels de l’initiative. Organisés par thème, les modules du Passeport permettent d’aborder les points suivants : usages d’internet ; équipements de base ; logiciels de gestion ; sécurité informatique ; accès internet haut-débit ; services en ligne ; téléprocédures administratives ; informations sur les marchés publics ; dématérialisation des échanges ; commerce en ligne. L’objectif quantitatif du programme est de toucher au moins 200 000 entreprises dans les deux ans à venir.

Prestataires

L’État ayant ainsi joué son rôle d’impulsion, les prestataires peuvent donc espérer prendre le relais et proposer leurs services de e-learning aux nouveaux convertis. Trois d’entre eux étaient présents au Préau pour apporter leur témoignage. Le premier, la société Avena, représentée par Dominique Guillet, a ceci d’original que son offre de services, appelée FastLearning [3], a été développée pour Cisco Systems, leader mondial dans les réseaux internet, aux antipodes de la TPE-PME, avec près de 50 000 salariés répartis dans le monde. La clé du transfert réside sans doute dans la modularité de l’offre, basée sur des “grains de formation” d’une durée de 90 minutes maximum, totalement indépendants les uns des autres, associée à la présence de formateurs en ligne, gage d’“humanisation” du dispositif. Éligible au Dif, l’offre FastLearning est commercialisée en France depuis septembre 2006, en partenariat avec Companeo, à des prix alignés sur les barèmes Opca pour mieux répondre aux besoins des TPE et PME.

Autre modèle, avec Tecnipass [4], qui propose une offre de formation en ligne aux risques électriques. Issue du site personnel de Guillaume Dupas, gérant-fondateur, la prestation repose sur une offre de formation ouverte et à distance couvrant la partie théorique de l’habilitation électrique. Composée d’environ 80 modules d’autoformation, la solution Tecnipass prévoit également un tutorat assuré par forum en ligne. Accessible sur abonnement, l’offre prévoit également un accès aux ressources en ligne et aux corrigés d’évaluations pendant les trois années qui suivent la prestation, d’une durée générale de quatre mois. Une disposition tout à fait appréciable quant on connaît la courbe de perte de connaissances à l’issue d’une formation.

Dernier exemple avec la société Comptanoo [5], venue présenter sa solution de “comptabilité collaborative” destinée aux dirigeants des TPE. Une approche particulièrement intéressante dans la mesure où la notion de “collaboration” permet de ne pas envoyer le dirigeant en formation, mais de lui adjoindre, par logiciel interposé, l’assistance d’un expert-comptable à chaque fois que la limite de ses compétences est atteinte. Une solution qui minimise donc le temps de formation, mais qui impose cependant d’arriver à convaincre la profession comptable qu’une telle collaboration ne conduit pas à dévaloriser le métier. Au contraire, plaide Laurent Raison, directeur général adjoint de Comptanoo, faire monter en compétences les dirigeants sur les opérations de base (saisie, notamment) doit permettre de libérer du temps au profit du conseil, la véritable valeur ajoutée de l’expert. Bien partie, avec déjà 50 000 adhérents au compteur, Comptanoo cible les 3 200 000 petites entreprises recensées sur le territoire national. Un objectif ambitieux, qui vient de conduire la société à intégrer le groupe Cegid [6], premier éditeur français de logiciels de gestion, dans le but de gagner en crédibilité auprès de la profession comptable.

Cette préoccupation rejoint la principale difficulté évoquée par les intervenants, et qui réside bien moins dans les problématiques d’“acculturation” au e-learning que dans l’accès aux TPE et PME, secteur par définition totalement éclaté. D’où leur souhait commun d’obtenir l’appui des services consulaires et des Opca.

Nicolas Deguerry

Source : Inffo Flash n° 696, 16 au 28 février 2007


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