On connaissait les freins au développement du e-learning dans les environnements traditionnels, Didier Rudolfo, chef de projet FOAD à la direction de l’ingénierie de formation de l’Université du Courrier de La Poste, a montré qu’ils existaient aussi dans une grande entreprise, malgré 10 ans de déploiement et plus de 140 000 postiers ayant bénéficié d’une e-formation durant cette même période.
Intervenant mardi 22 novembre 2011 dans le cadre des rencontres du e-learning et de la formation mixte (Paris), Didier Rudolfo a décrit les freins évoqués au sein de son entreprise par quatre types de profil (apprenants, managers, commanditaires internes, acteurs de la formation), et donné quelques pistes pour y remédier. Exemples.
L’apprenant craint de « s’endormir comme devant la télé » ? On lui expliquera par exemple que les formations sont découpées en séquences « interactives » d’ « une demi-heure, trois-quarts d’heure grand maximum ». Le formateur redoute la perte de son métier ou son manque de compétences ? On lui rappellera qu’au-delà de la formation présentielle qui subsiste aux côtés de la e-formation, il aura un nouveau rôle de tuteur qui viendra « enrichir son métier » : « en 2011, 22 formateurs de La Poste ont ainsi été formés en partenariat avec l’université de Strasbourg à l’activité de tutorat », souligne Didier Ridolfo. Le commanditaire trouve la formation à distance « trop cher » ? « Dès que l’on a plus de 150 personnes à former, cela devient intéressant », répond-il. Les managers craignent la déperdition ? On les rassurera en soulignant que leurs collaborateurs auront « exactement la même formation », qu’ils se formeront « à leur rythme » et qu’ils seront disponibles à leur poste de travail « en cas de problème ».
Apparaissant finalement classique dans ses freins comme dans ses solutions, le modèle présenté apparaît transférable à d’autres entreprises et semble en tout cas avoir été particulièrement profitable à La Poste : alors que la formation ouverte et à distance concernait seulement 2,1% des formations en 2009, elle représente aujourd’hui 10,6% pour un objectif annoncé de 25% à l’horizon 2015.
Rencontres du e-learning et de la formation mixte
par Nicolas Deguerry
in Le Quotidien de la formation, 23 novembre 2011
































