Manuel Tunon de Lara, président de l’Université Bordeaux-II, préconise - dans son rapport sur les besoins des industries de santé en matière de formation [1]-, d’organiser l’offre au sein d’un “institut virtuel”. Il souhaite également un rapprochement entre les Universités et les entreprises “au service de la formation tout au long de la vie”.
LE LEEM MET EN PLACE UN GROUPE DE TRAVAIL
Le Leem, fédération d’employeurs des “entreprises du médicament”, a décidé de consacrer un groupe de travail à la mise en place des recommandations de Manuel Tunon de Lara. Il approuve notamment la création de nouveaux dispositifs de rapprochement entre les Universités et les entreprises, et va appuyer la proposition de partager l’offre et la demande de formation au sein d’un centre de ressources virtuel des métiers des industries de santé. “Créateur dès 1994 de l’Observatoire des métiers des entreprises du médicament, le Leem va participer aux côtés des autres partenaires à la mise en ligne de cette véritable « cartographie » des formations et des métiers. L’objectif de ce nouveau portail internet, destiné en priorité aux Universités et aux industriels, est de renforcer les synergies et le partage d’informations entre l’université et l’industrie, et de faire mieux connaître les formations existantes, les développer et les adapter aux métiers et aux besoins futurs des industries de santé”, précise le Leem.
Il est, à son sens, urgent “d’analyser les besoins actuels et futurs des industries de la santé en termes de métiers et de nouvelles compétences, dans le contexte des mutations économiques du secteur, de les comparer à l’offre actuelle de formation et de proposer, en conséquence, les évolutions de cette offre dans l’environnement industriel et académique français”. C’est pourquoi il propose, notamment, d’adapter des moyens pédagogiques aux salariés des entreprises : modularisation des formations, cycles de formation plus courts et déconnectés du calendrier universitaire, pédagogie adaptée à la formation des adultes, etc. “Le contenu des formations, leur adaptation et les méthodes pédagogiques proposées pourraient être partagées au sein de structures mixtes permettant de réunir les compétences de différentes disciplines, à l’image des unités mixtes de formation continue en santé récemment mises en place dans différentes universités.”
Manuel Tunon de Lara est favorable à l’association des pôles de compétitivité à la démarche et à l’intégration des actions de formation tout au long de la vie dans leur plan stratégique, organisées en collaboration avec les établissements d’enseignement supérieur.
Par ailleurs, il constate que l’université n’entre pas “dans le schéma de formation tout au long de la vie, alors qu’elle devrait être l’interlocuteur privilégié des entreprises pour permettre à leurs salariés d’évoluer dans leur carrière”. Pour guider les projets de formations dans les industries de santé, le rapport propose de hiérarchiser et de synthétiser les compétences “médecin” (indispensables à certaines fonctions dans les industries de santé), au sein d’un éventuel référentiel établi en collaboration avec les facultés de médecine.
Enfin, “l’adéquation entre l’offre de formation et les besoins industriels est fondamentale (…). L’absence d’un portail unique nuit à la lisibilité des formations existantes et facilite la dispersion”. Le président de Bordeaux-II préconise donc de créer un centre de ressources virtuel des métiers des industries de la santé permettant d’établir une carte nationale des formations - articulée avec un observatoire des métiers.
Sandrine Guédon
in L’Inffo Formation n° 765, 1er au 15 avril 2010
































