Interview parue dans Inffo Flash 658 du 1 au 15 mai 2005
Jean Gaeremynck insiste sur la nécessité d’une appropriation par tous les acteurs du système de formation réformé et précise le rôle de l’état dans ce nouveau contexte. Si la mise en œuvre du plan de cohésion sociale constitue sa première priorité, il annonce également les autres dossiers qu’il estime essentiels, en particulier le développement des services à la personneet la convention état, Anpe, Unédic.
Inffo Flash : Une réforme de notre système de formation professionnelle est engagée. Comment analysez vous sa mise en œuvre ?
Jean Gaeremynck : La formation professionnelle tout au long de la vie constitue un enjeu majeur. Pour les individus, car c’est pour eux un sésame pour l’emploi, une possibilité de s’adapter aux évolutions du métier, voire la possibilité d’un nouveau départ, d’un développement personnel ou d’un projet de carrière. Pour les entreprises, et plus généralement pour notre pays, puisque la formation professionnelle, c’est le développement de l’emploi et de la compétitivité. Le développement des compétences assure à la fois une économie plus puissante et une société plus juste, dans laquelle chacun a sa place.
Mais notre système de formation professionnelle souffrait de certaines insuffisances, dont le constat était largement partagé. C’est pourquoi les partenaires sociaux et le gouvernement ont souhaité conduire une réforme en profondeur des voies d’accès à l’apprentissage et à la formation des adultes. Dans le même temps, il est apparu nécessaire de poursuivre la clarification des rôles de chacun dans la mise en œuvre de ce système et d’accroître la responsabilité des Conseils régionaux dans ce domaine.
Mais une réforme ne prend sens que dans son appropriation par l’ensemble des personnes et des institutions impliquées dans sa mise en œuvre. Le Centre Inffo a un rôle majeur à jouer dans l’appropriation du droit et des dispositifs. Pour cela, il doit trouver toute sa place dans ce nouveau paysage. C’est pourquoi nous avons souhaité que le travail engagé de longue date entre les différents représentants de l’état et les partenaires sociaux au sein du conseil d’administration soit élargi aux représentants des Conseils régionaux.
Inffo Flash : Vous êtes le délégué à l’emploi mais aussi à la formation professionnelle. Quel doit être le rôle de l’Etat dans ce système de formation professionnelle réformé ?
Jean Gaeremynck : Le rôle de l’état dans le domaine de la formation professionnelle est fondamental. Ce rôle est double : d’une part, l’état doit assurer la régulation de ce domaine de compétence partagée entre la puissance publique et les acteurs socio-économiques. Il le fait par sa fonction normative et de contrôle, mais il le fait également par sa capacité à agir sur les partenariats qui se mettent en place. D’autre part, l’état, qui a compétence dans le domaine de l’emploi, intervient dans le domaine de la formation professionnelle étant donné les liens entre emploi et formation. C’est le cas en particulier dans la mise en œuvre du plan de cohésion sociale, et je pense notamment aux actions qui accompagnent les contrats d’avenir, ainsi qu’aux modules de formation accolés aux contrats aidés dans le secteur marchand.
Inffo Flash : Quels sont vos principaux axes de travail et comment vont s’articuler vos priorités ?
Jean Gaeremynck : Les urgences sont la mise en œuvre du plan de cohésion sociale. Mes premières semaines sont prises par des réunions interrégionales pour mobiliser le terrain sur la compréhension des enjeux de la loi. D’autres sujets s’inscrivent dans la suite logique : projet de loi sur le développement des services à la personne, convention tripartite entre l’état, l’ANPE et l’Unédic, etc. Mais tout tourne autour de la mise en œuvre du plan de cohésion sociale, qui est la priorité des priorités
Inffo Flash : Ces activités vont-elles vous conduire à introduire des changements organisationnels à la DGEFP ?
Jean Gaeremynck : Catherine Barbaroux avait préparé une nouvelle organisation qui visait à renforcer les processus de travail dans une logique de projets transversaux et à resserrer l’organisation autour d’un certain nombre d’objectifs partagés. Sous réserve d’inventaire, je reprends à mon compte ce travail largement engagé et je mènerai au bout la démarche de réorganisation.
Propos recueillis par Patricia Gautier-Moulin
































