Si l’accompagnement est une figure importante dans les métiers de la formation, il n’en reste pas moins une tâche émergente, trop souvent ignorée, a souligné en introduction Françoise Dax-Boyer, animatrice du réseau TTnet France au Centre Inffo.
Comme l’a rapporté Françoise Braun, présidente du réseau ED2F [1], en présentant l’ouvrage L’accompagnement dans tous ses états, il existe non seulement une difficulté à définir un périmètre exact à l’accompagnement, mais aussi une “nécessité de dire et d’analyser son métier qui conduit à transformer la manière d’habiter sa posture professionnelle, obligeant chacun à s’inscrire dans l’authentique, non dans l’idéal.”
Les intervenants ont convoqué à plusieurs reprises la maïeutique socratique pour justifier les bienfaits de l’accompagnement. À l’exception notable de Frédéric Haeuw, consultant, qui, tout en voyant dans l’accompagnement la fonction historique et le cœur de métier du pédagogue, a néanmoins pointé le risque d’une certaine inféodation du salarié, dans une relation de maître à disciple. Dans son intervention sur “La fonction d’accompagnement revisitée au travers de la distance”, Frédéric Haeuw a par ailleurs montré comment les TIC ont, sinon transformé les modèles pédagogiques, au moins “réactivé les questions oubliées” que pose l’accompagnement des groupes et des personnes.
À l’heure de l’individualisation
Pour Élisabeth Boulnois, chargée d’études à la Direction juridique-observatoire du Centre Inffo, si la fonction “tutorale”, souhaitée par l’article 23 de l’Ani, mais non rendue obligatoire par la loi du 4 mai 2004, connaît un tel essor, c’est sans doute qu’elle constitue une réponse aux transformations de la société : développement des TIC qui ont accru le besoin de médiation, et effets de la mondialisation, qui suscitent des demandes d’accompagnement pour faire face à une complexité croissante.
En témoigne notamment la vague du coaching, dont la dimension psychologique rappelle combien toutes les formes d’accompagnement requièrent des professionnels soigneusement formés et de réelles capacités d’empathie. Pour le consultant Vincent Lenhardt, fondateur du cabinet Transformance [2], le coaching tire ses origines de l’idée que les salariés peuvent mieux régler leurs problèmes s’ils sont accompagnés pour le faire eux-mêmes, que sur intervention d’une expertise externe. Aussi, le rôle du coach n’est pas d’être “celui qui sait à la place de l’autre”, mais de mettre en mouvement la personne, de l’amener à un processus de conscientisation (“awareness”), de manière à en faire un acteur décideur de ses propres solutions. Mais attention, a souligné Vincent Lenhardt, l’intérêt porté aux personnes n’est valable que s’il s’inscrit dans la volonté d’amener chacun à créer du lien, à fonctionner en collectivité.
Pour Alain Kokosowski, professeur à l’Université de Versailles-Saint-Quentin et président du Credij [3], l’avenir de l’accompagnement suppose la réalisation de quatre conditions : le développement de recherches empiriques sur la transformation du métier de formateur et sur les évolutions de l’ensemble des dimensions de la formation professionnelle, la consolidation des cadres théoriques, en s’appuyant notamment sur les travaux de psychosociologie des petits groupes, le développement de démarches qualité, et, enfin, la mise en œuvre de procédures d’évaluation.
Nicolas Deguerry
Source : Inffo Flash n° 696, 16 au 28 février 2007

































