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L’information du public en matière de formation
LISOWSKI Michel - décembre 2004

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La décentralisation des compétences en matière de formation n’a pas encore modifié les modalités d’information sur la formation du grand public.

Cet article est initialement paru dans le n° 644 de la Lettre Algora daté du 1er au 15 octobre 2004, publié sous forme d’encart mensuel dans la revue INFFO Flash


La décentralisation des compétences en matière de formation n’a pas encore modifié les modalités d’information sur la formation du grand public. Depuis plus de trente ans, les structures régionales se sont dotées de systèmes d’information et se sont fixées des objectifs différents, en fonction des politiques locales et des moyens mis à leur disposition. La prise de conscience de ces disparités croissantes a conduit à différentes tentatives de mise en cohérence.

La première de ces tentatives est la création d’un " méta-moteur " comme interface commune à l’ouverture des accès d’information de tous les CARIF (1). Pour faire simple, les CARIF se sont engagés à placer en entrée de leurs espaces d’information, gérés par des systèmes différents (2), un mode unique de consultation.

La deuxième initiative est venue de la DGEFP, suite à la table ronde organisée en 2000 par le secrétariat d’Etat aux droits des femmes et de la formation professionnelle. Il s’agit d’une refonte de la terminologie utilisée pour décrire la formation professionnelle. On parle aujourd’hui de Langage Harmonisé d’Echanges d’informations sur l’Offre de formation - LHEO (3). Ont travaillé à la conception de ce langage, les services de la DGEFP, le CCPR, l’AFPA, l’ANPE, le Centre INFFO et l’UNEDIC. Une récente rencontre en juin dernier a montré cependant que tous les intéressés n’ont pas encore été associés à ce projet qui ambitionne d’être une référence unique en préparation des normalisations transnationales.

Deux initiatives sans lien apparent entre elles qui font craindre que, si on n’y prend pas garde (4), les manques d’interaction vont continuer à se multiplier, surtout avec l’entrée des NTIC dans la conception et l’organisation des formations.

Cela nous permet d’évoquer la troisième initiative, quoique première en son genre, puisqu’il s’agit du Référentiel des Bonnes Pratiques (RBP), démarche visant à identifier les spécificités et les invariants, en terme de procédures, des dispositifs intégrant les TIC par rapport à la formation traditionnelle. Edité par l’AFNOR, ce RBP est le fruit de la mobilisation d’une profession, regroupée au sein du Forum Français de Formation Ouverte et à Distance (FFFOD), soucieuse de la qualité de ses prestations et souhaitant faire un pas de plus vers la normalisation de la formation ouverte et à distance.

Les évolutions dans la formation d’adultes

Le nombre de formations proposées aujourd’hui sous d’autres formes que celle du classique stage collectif montre qu’une offre flexible commence à exister durablement. Au delà des avancées pédagogiques et techniques, les nouvelles dispositions légales, notamment la VAE et l’ANI, vont encore développer cette tendance.

Les concepteurs de nouvelles modalités d’organisation de la formation se trouvent confrontés aujourd’hui à la difficulté de présenter de façon compréhensible à un large public le cadre précis dans lequel va s’organiser la formation à la demande. Conjointement à l’organisation, il est également nécessaire de faire mention des méthodes et des technologies qui vont être utilisées au cours de ces formations. Malheureusement, faute d’une " normalisation " existante dans le domaine, chacun, depuis plus de dix ans, a créé sa propre terminologie pour décrire ses actions.

Comme tout s’est fait en dehors des instances susceptibles d’en rendre compte, il ne faut pas s’attendre à ce que les trois initiatives citées plus haut résolvent, dans l’immédiat, toutes les difficultés. Mais les choses bougent : par exemple, l’équipe conceptrice de LHEO a récemment été interpellé pour faire évoluer ce nouveau langage en 2005 afin qu’il intègre la présentation des modalités pédagogiques et techniques des formations.

Si des efforts certains d’harmonisation sont apparus, l’évolution de la demande vers plus de flexibilité dans l’organisation des formations impose maintenant que l’information sur l’offre de formation ne s’ouvre plus qu’aux seuls professionnels mais satisfasse aussi différents destinataires (financeurs, prestataires, bénéficiaires …) tout en favorisant l’interaction entre ceux-ci. Concrètement, l’information ne peut plus être uniforme et émise une fois pour toute. L’informateur doit cibler son destinataire et travailler avec lui sur l’optimisation du mode de communication. Les possibilités techniques actuelles, notamment celles de l’Internet, doivent permettre de faciliter la diffusion d’une information multi-usage rapidement exploitable grâce à une actualisation des données accrue, à une diversification des supports d’information et à une modularisation des services pour l’usager. Ces possibilités techniques doivent également faciliter la tâche à tous ceux qui ont en charge la mission d’informer sur l’offre de formation.

Les solutions devront proposer un cadre suffisamment souple et fédérateur pour permettre des réponses adaptées aux demandes de chaque territoire, tout en restant proches des futures normes, qui semblent se dessiner au niveau national, européen ou mondial (5). Il faut également prendre garde à ce que l’information sur l’offre de FOAD ne se différencie pas de celle sur la formation en général.

Les actions possibles

Dans ces nouvelles configurations des liens entre différents utilisateurs de l’information sur la formation, la Région, à la fois sur le plan territorial et inter-institutionnel, est incontestablement le cadre de communication le plus approprié.

Dans de nombreuses régions des plans d’action pour le développement de nouvelles modalités de formation sont à l’œuvre ou en projet. Portée conjointement ou séparément par l’Etat et le Conseil Régional la conception de ces plans d’action est menée en concertation plus ou moins importante avec les principaux acteurs locaux concernés. De manière concomitante, le cadre de communication et d’échange conçu pour l’élaboration du plan comme pour son déroulement sera le reflet des niveaux de concertation et d’implication voulus par ces auteurs auprès des différents acteurs qu’ils veulent associer. Cela veut très certainement dire qu’on ne peut plus envisager de " centralisation " de l’information sur la formation mais plutôt " une intégration " de l’information dans une évolution des modes de fonctionnement.

Pour définir les contenus informatifs, le plan d’action pourrait intégrer les points suivants :

  1. se référer aux différents travaux en cours sur la normalisation
  2. tracer une première taxonomie (6) d’utilisateurs et déduire les différents niveaux d’interaction possibles
  3. ollecter auprès des différents offreurs de formation les " bonnes " informations concernant leurs prestations et glisser d’un système exclusivement informatif à un système de travail au quotidien défini dans un plan de communication concerté
  4. "répartir " la gestion de l’information à l’ensemble des acteurs par un système de " prise en main " et de fourniture partielle des données propres à chaque utilisateur, qu’il soit informateur ou récepteur de cette information.

Enfin, la distinction entre information " professionnelle " et information " grand public " devrait petit à petit être moins tranchée qu’elle ne l’est aujourd’hui grâce aux nombreux points accueil-information décentralisés que mettent en place les autorités régionales. Cette " localisation " du service est une évolution majeure. Pour atteindre de tels objectifs il nous semble tout à fait approprié que le Conseil Régional et les services de l’Etat optent pour " l’intégration " des nombreuses sources d’information issues de divers réseaux dans un portail régional public de la formation professionnelle (et non pas seulement de la FOAD) dont différents espaces pourront être dédiés à des catégories d’utilisateurs à partir d’une taxonomie restant à définir.


[1] Il n’y a rien d’« angélique » dans l’évolution vers un plus grand intéressement pour la gestion d’une formation par son bénéficiaire direct. Il faut voir par exemple dans la modularisation des formations présentée comme un processus de personnalisation le moyen également de mieux calculer les durées strictement nécessaires et ainsi d’avoir une plus grande maîtrise des coûts.

[2] http://www.intercarif.net

[3] les CARIFF disposent déjà d’un thésaurus commun de définition des domaines de formation, appelé FORMACODE.

[4] voir INFFO-FLASH n°663

[5] Fort heureusement des initiatives sont en train d’émerger dans plusieurs régions pour rapprocher les professionnels en charge de l’information sur la formation. Même si cela ne se fait pas sans mal car beaucoup sont encore jaloux de leur prérogatives et contestent le partage des rôles aux nouveaux entrants. Parmi ces initiatives de rapprochement on peut évoquer celles de la Lorraine, de Rhône Alpes, de la Champagne Ardenne, de la Bretagne, de l’Ile de France et de l’Aquitaine. Mais cela reste insuffisant.

[6] voir notamment les travaux de normalisation ISO pour le e.learning : http://jtc1sc36.org/

[7] La taxonomie peut être définie comme la structure d’un espace d’information établie à partir du profil des catégories d’utilisateurs, de la nature des services à leur rendre et de la manière avec laquelle on va vouloir communiquer avec ces utilisateurs.

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