Avec 2,4 millions de personnes (soit environ 15% des ménages) qui emploient directement plus d’un million de salariés chaque année, la Fédération Nationale des Particuliers Employeurs (FEPEM) revendique le titre de premier employeur de France. Le rapport du commissariat au plan de décembre 2002 conclut que ce secteur sera le premier créateur d’emplois sur la période 2000-2010. Avec un taux moyen de 5,5% par an depuis 1990, les services à la personne se classent au premier rang de l’économie française en termes de croissance d’effectifs. Le vieillissement de la population, la reprise de la natalité, l’augmentation du travail féminin constituent autant de leviers à la création d’un gisement d’emplois important. Les mesures prises récemment par le gouvernement permettent de créer un cadre encore plus favorable au développement des emplois de service : le Chèque Emploi Service Universel en est un exemple.
En février 2005, le ministre de l’Emploi, de la Cohésion Sociale et du Logement, Jean-Louis Borloo, lançait le plan de développement des services à la personne avec pour objectif la création de 500 000 emplois supplémentaires en 3 ans dans le secteur. La création de l’Agence Nationale des services à la personne en septembre 2005, présidée par Laurent Hénart, doit permettre de faciliter le pilotage de la mise en œuvre du plan de développement. La FEPEM, qui n’a pas ménagé ses efforts depuis plus de 10 ans pour structurer ce secteur où une multitude d’opérateurs se rejoignent, est l’un des acteurs majeurs de la mise en œuvre de ce plan. En effet, non seulement 80% des emplois du secteur relèvent de la convention collective nationale des Salariés du Particulier, mais la FEPEM a su se doter d’un ensemble d’outils lui permettant aujourd’hui de faire face aux différents enjeux.
Ces derniers se situent à différents niveaux :
- Information : il s’agit de rendre ce secteur d’activité plus lisible par l’ensemble des acteurs qu’ils soient particuliers, institutionnels, etc. et de mettre en valeur ce gisement d’emplois ;
- Emploi : il s’agit de satisfaire une forte demande des français, de plus en plus nombreux à recourir à l’emploi à domicile, et de contribuer ainsi à la diminution du chômage ;
- Professionnalisation : pour faire face à la demande croissante, il est important de pouvoir garantir une prestation de services de qualité. Il s’agit également de consolider les emplois existants et de faciliter les passerelles entre les différents métiers.
Sur ces deux derniers points, la FEPEM s’est très fortement mobilisée et a su se doter des outils nécessaires pour accompagner la mise en œuvre de réponses adaptées à l’urgence de la situation. Sur le volet professionnalisation, pour mettre en œuvre la formation définie par la Commission Paritaire Nationale Emploi Formation Professionnelle (CPNEFP) de la Branche, la FEPEM a créé l’Institut FEPEM des Emplois Familiaux (IFEF). Afin de répondre aux besoins au plus près du domicile des salariés et de leurs employeurs, l’IFEF s’appuie sur un réseau d’environ 200 organismes de formation labellisés. En 10 ans, 40 000 salariés ont bénéficié de la formation continue et 10 000 demandeurs d’emploi ont obtenu la qualification sanctionnée par un titre homologué (la branche dispose de trois titres qualifiants ; voir www.institut-fepem.fr). En 2004, 252 actions de formation qualifiante ont été délivrées : 131 d’employé familial polyvalent, 97 d’assistant de vie et 24 de garde d’enfant au domicile. 2 316 diplômes ont été décernés : 1 208 d’employé familial, 884 d’assistant de vie et 224 de garde d’enfants. Un catalogue propose environ 4 500 dates de formation par an, regroupées autour de trois métiers : les activités ménagères, la garde d’enfants, la garde de personnes âgées. Chaque salarié de la branche a, dès sa première heure de travail, accès à 40 heures de formation par an. Pour permettre le départ en formation de salariés le plus souvent en multi-employeurs, la branche a développé le concept de « l’employeur porteur » sur lequel repose toute la procédure. Les personnes qui n’obtiennent pas la certification visée (20 à 25% en moyenne), reçoivent un « passeport-formation » qui justifie leur démarche et peut leur permettre de faire reconnaître ultérieurement leurs compétences.
Pour rendre son système de formation opérationnel, l’IFEF peut s’appuyer sur différents leviers complémentaires, dont la plateforme de téléformation www.jemeformeadistance.com. Basé sur une expérience menée en Midi-Pyrénées (avec le réseau Pyramide) sur le titre d’employé familial polyvalent (titre homologué niveau V), cette formation de 360 heures est structurée autour de 14 modules eux-mêmes découpés en séances (de 2 à 7 maximum). La formation se déroule selon différentes modalités : téléprésentiel, regroupement, autoformation tutorée, périodes en entreprises. Ce dispositif de dispositif de formation ouverte et à distance s’adresse aux organismes de formation labellisés mettant en œuvre un parcours de formation qualifiant pour des demandeurs d’emploi avec un financement régional. L’intégration officielle de la dispositif de formation ouverte et à distance, comme un outil au service de la politique emploi-formation de la branche et plus globalement au service de l’aménagement du territoire, du développement local et du développement des formations professionnelles, s’est concrétisée récemment par la mise en ligne d’un second titre : le CQP d’assistant de vie. Administré en direct par l’IFEF, ce dispositif de formation ouverte et à distance se doit d’évoluer vers les publics de la formation continue. Cela constitue la prochaine étape. En effet, le volume croissant de salariés à former, le besoin de reconnaissance des salariés de la branche du Particulier Employeur, la constitution d’une seconde CPNE (Assistantes Maternelles) et la signature de la convention collective, la nécessité de construire une offre de formation plus modulaire facilitant l’individualisation des parcours et des rythmes d’apprentissage, constituent autant d’éléments qui militent pour un développement de la dispositif de formation ouverte et à distance.
Sur le volet emploi, le recrutement d’une assistante maternelle, d’une assistante de vie ou bien encore d’un garde malade constitue encore un problème pour bon nombre de particuliers et notamment compte tenu de la nature singulière des demandes. Jusqu’à présent, ce sont le bouche à oreille et les annonces chez le boulanger du quartier qui permettaient au mieux « d’organiser » la mise en relation entre l’offre et la demande. La FEPEM a donc décidé de faciliter la connexion entre particuliers employeurs et particuliers salariés. Lancé officiellement le 29 juin dernier en présence de M. Borloo et Hénart, le portail www.particulieremploi.fr a été conçu et réalisé dans le cadre d’un partenariat regroupant d’abord la FEPEM, l’IFEF et l’IRCEM Prévoyance et ensuite comme réseau de distribution la Poste, l’ANPE et les Maisons de l’Emploi. Ce tout premier outil Internet en France présente de nombreux avantages dont un accès simplifié au « marché de l’emploi », 24h/24 et 7j/7. Pratique, il compte de nombreuses fonctionnalités permettant notamment d’accompagner l’employeur dans la formulation de ses besoins, d’identifier les compétences du salarié, de rapprocher offres et demandes, d’informer sur le cadre juridique du secteur et de simplifier les démarches administratives. Innovant, ce portail a déjà réussi son pari 4 mois seulement après son lancement « off » en février dernier : 120 000 connexions dont 85000 visiteurs uniques. Comme aime à le rappeler Marie-Béatrice Levaux, présidente de la FEPEM : « Chacun d’entre nous est potentiellement un particulier qui emploie directement à son domicile, nous sommes de plus en plus nombreux à être concernés ». Alors faites comme nous, connectez-vous à : www.particulieremploi.fr.
Arnaud Coulon
































