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La FFP se penche sur les serious games

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« Le serious game : nouvelle opportunité ou effet de mode ? » tel est le thème du dossier du numéro 33 d’Actualités FFP, la lettre d’information de la Fédération de la formation professionnelle.

Pour Jean Wemaëre, PDG du groupe Demos et président de la FPP, l’apparition du serious game « confirme, si besoin était, l’évolution des modalités d’apprentissage opérée par l’usage de plus en plus maîtrisé et circonstancié des nouvelles technologies de l’information et de la communication ». Toutefois, s’il reconnaît que « les serious games donnent à l’apprentissage un champ nouveau », Philippe Gil, co-directeur de Demos eLearning Agency, lui, met en garde : « il ne faut pas que la forme prenne le pas sur l’objectif. Le monde virtuel ne doit pas être trop loin du monde réel. D’où la nécessité de soigner la qualité des interfaces et des produits ».

Pascal Debordes, directeur des solutions eLearning du groupe Cegos, pointe l’un des défauts majeurs de ce mode de formation : son coût. « De 200 à 250 000 euros, jusqu’à 1 million pour un serious game sur mesure. Pour cette raison, on voit aujourd’hui apparaître des serious games sur étagères dont le coût est bien moindre ».

« Les serious games peuvent s’appliquer à tous types de formation », souligne Didier Arnould, directeur adjoint au GNFA [1] « Cependant, il faut mettre une réserve pour toutes les formations comportementales ou qui portent sur la pratique et la manipulation de matériel ».

Le serious game, évolution naturelle de la formation professionnelle ou simple artifice dans l’air du temps ? Michel Diaz, directeur associé du FéFaur, indiquait (dans L’Inffo Formation numéro 777) que ces « jeux sérieux » ne représentaient que 3 % de l’offre de formation eLearning en France à l’heure actuelle. Par ailleurs, il précisait, à cette occasion le danger pesant sur les serious games : « Si d’aventure le serious game venait à devenir un marché rentable, il y a fort à parier que les grands éditeurs de jeux vidéos se lanceraient immédiatement dessus avec leur force commerciale et technique ». Un avis partagé, par-delà l’Atlantique, par Noah Falstein, game designer américain et fondateur de l’éditeur The Inspiracy présent au colloque "Innovations et perspectives internationales du serious game" en juin dernier. Celui-ci avait alors affirmé : « Si demain, des machines de guerre comme Nintendo ou Blizzard se lancent sur le marché du serious gaming, alors, nous sommes morts ! »

Faut-il être pessimiste pour l’avenir du serious game ? Pas nécessairement, d’autant qu’actuellement, le marché est en progression.

par Benjamin d’Alguerre

in L’Inffo Formation n° 778, 16 au 30 novembre 2010

[1] GNFA : Groupement national de formation automobile.

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