Aux termes d’une enquête réalisée pour le Gifod [1] en avril 2011 par Dijon Études Conseils et rendue publique le 7 septembre, l’efficacité de la formation ouverte et à distance (FOAD) apparaît très contrastée aux yeux des CFA et organismes de formation privés interrogés. Près de la moitié (45,3%) juge en effet la FOAD inefficace, une courte majorité pensant le contraire (50,4%), notamment les organismes de formation privés. Une disparité qui s’explique sans doute par le fait que sur les 28% de répondants ayant mis en œuvre un dispositif de FOAD, 73% sont des CFA. À noter que la FOAD est jugée plus efficace par ceux qui l’ont développé en interne que par ceux ayant recouru à un prestataire, ce qui « répond sans doute », estime le Gifod, « à une meilleure étude des besoins faite en amont par rapport au projet d’établissement ».
Principaux reproches adressés, l’inadaptation à certaines formations nécessitant des travaux pratiques (BTP, cuisinier, conducteurs routiers, …) et le manque de contact humain. Des reproches qui reflètent, selon le Gifod, « une crainte par rapport à cet outil » relevant « de la peur du changement et de la nouveauté… ». Des préventions qui n’empêchent pas, paradoxalement, un CFA et organisme sondé sur cinq d’avoir un projet lié à la FOAD. Conclusion du Gifod, la centaine d’acteurs interrogés est bien consciente des « avantages liés à cette modalité d’apprentissage (individualisation, gain de temps, autoformation, …) », mais certains « ont davantage de crainte à mettre en place ce genre de dispositif car cela entraînerait des conséquences sur l’organisation de l’établissement, son projet lui-même et le personnel qu’il faudra former et accompagner ».

Questions à Jean-Luc Peuvrier, responsable du Gifod
Pourquoi avoir commandé cette enquête ?
L’un des volets, plus spécifique au Gifod, était de mesurer la notoriété de notre GIE. Nous avons beau avoir une certaine visibilité dans le microcosme de la FOAD, nous n’avons en revanche pas la notoriété espérée si l’on considère l’ensemble des acteurs de la formation. Nous voulions par ailleurs en savoir plus sur les projets éventuels et sur les représentations de la FOAD. Les résultats confirment l’intérêt que le GIE peut avoir pour les acteurs de la formation et nous confortent dans notre volonté de poursuivre nos actions de promotion de la FOAD.Quels en sont les enseignements majeurs ?
Il y a quelques points de confirmation intéressants. Par exemple, l’interrogation sur l’efficacité de la FOAD qui subsiste malgré une tendance positive. Également, le fait que la perception de la FOAD soit plus positive quand le dispositif a été conçu en interne. On voit bien qu’une meilleure prise en compte des besoins et une plus grande implication des équipes donnent de meilleurs résultats que l’achat de ressources externes, pas toujours totalement adaptées aux attentes des formateurs et plus ou moins imposées aux équipes pédagogiques.Certains résultats vous ont-ils surpris ?
Pas vraiment, l’enquête a plutôt confirmé ce que nous savions, même si nous avons accueilli comme une surprise positive l’intérêt marqué par les répondants pour construire des dispositifs avec d’autres établissements. C’est évidemment encourageant pour les logiques de mutualisation portées par le Gifod. En revanche, est également ressortie l’idée préconçue que la FOAD ne serait valable que pour des savoirs de base et généraux et ne pourrait être utilisée pour des enseignements professionnels. On sait pourtant que c’est faux, mais cette perception est sans doute due à la domination sur le marché des contenus sur étagère, effectivement centrée sur l’enseignement des langues et les savoirs de base. Cette visibilité nuit sans doute à la perception des ressources de FOAD créées en interne par les établissements eux-mêmes.
par Nicolas Deguerry
in Le Quotidien de la formation, 19 septembre 2011
































