En dépit d’un fort potentiel créatif, l’économie française peine à prendre le virage de la société numérique, ont expliqué les participants au colloque “L’économie française face à la révolution du web 2.0”, organisé le 4 avril à la Sorbonne par l’Andese [1].
Selon les participants, ce retard s’expliquerait, notamment, par des caractéristiques nationales qui renvoient autant à un centralisme persistant qu’à un système de formation qui “échouerait” globalement à produire des cadres à la fois dotés de compétences techniques, managériales et entrepreneuriales. Dangereux pour l’avenir de la compétitivité nationale, a expliqué Jean-Paul Bouchet, président d’Uni-Europa Cadres, car, comme le souligne un rapport de l’Information technology and innovation foundation (Itif) [2] publié le mois dernier, “les TIC ont eu une influence considérable sur la productivité des travailleurs, évaluée entre trois et cinq fois plus importante que le capital non informatique - machines et bâtiments”. Un pessimisme d’analyse partagé par Jacques Delplancq, délégué du président d’IBM France, qui s’est alarmé que la France ne diplôme que 30 000 ingénieurs par an, contre un million pour l’Inde et la Chine.
À l’heure où la France et l’Europe se sont largement désindustrialisées, ont rappelé en conclusion Daniel Bretonès, président de l’Andese, et Christophe Legrenzi, président d’Acadys France, il est urgent de comprendre le potentiel économique de l’“industrie de la connaissance”. Comme l’avait fait en son temps l’économiste Ken Boulding, qui, après avoir noté que les “cols blancs” dépassaient désormais les “cols bleus”, écrivait dès 1963 : “Le concept d’industrie du savoir contient suffisamment de dynamite pour envoyer les économies traditionnelles sur orbite.”
Nicolas Deguerry
Source : Inffo Flash n° 700, 16 au 30 avril 2007

































