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« La République tchèque utilise mal les fonds européens consacrés à la formation professionnelle » (Martin Dobeš, Institut national de la formation)

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Confiants dans la valeur de leur diplôme acquis dans l’enseignement secondaire ou supérieur, 57% des tchèques ne voient guère l’intérêt de repartir en formation au cours de leur vie professionnelle et 36% estiment même que la formation continue « n’apporte rien de positif ». Dur constat pour le Národní vzdělávací fond (Institut national de la formation), l’institution chargée de promouvoir la formation professionnelle des adultes en République tchèque. Pas étonnant, dans cette configuration, qu’à l’occasion de la crise, les budgets formation des entreprises aient été les premiers sacrifiés. « Les chefs d’entreprises et les services des ressources humaines ne s’impliquent que trop lentement dans ce domaine » a regretté Martin Dobeš , représentant de l’Institut lors des rencontres de la formation professionnelle et du e-learning tenues à Prague le 28 novembre 2011. La faute, selon lui, aux pouvoirs publics tchèques dont les programmes institutionnels dépendent trop des subventions du Fonds social européen. « Non seulement, la République tchèque se repose sur les fonds européens pour financer la formation professionnelle, mais en plus, elle utilise mal cet argent » a-t-il dénoncé, soulignant par ailleurs l’injustice territoriale existant dans la répartition des budgets : « l’État tchèque ne prend pas en compte les besoins de reconversion des territoires et concentre ses efforts sur les seules villes de Prague, Brnö et Plzen, alors que des régions en situation de transition industrielle sont négligées ».

Une situation qui trouve son origine dans la politique de "formation par tranches" développée par l’État tchèque. « Cette politique impose aux entreprises de former un certain pourcentage de leur masse salariale en ne tenant compte que de statistiques d’ordre strictement comptable » a-t-il déploré. « Résultat : les employeurs envoient leurs salariés suivre des séminaires – de préférence les moins coûteux possible – pour répondre à cette obligation légale, sans réellement se soucier du contenu des formations dispensées ». Quant à la notion d’innovation dans la formation que cherchent à promouvoir les pouvoirs public, elle n’est pas non plus dépourvue d’effets pervers. « L’Etat finance en priorité les formations innovantes. Fort bien. Encore faudrait-il définir ce qu’est l’innovation en matière de formation... Hélas, les pouvoirs publics se contentent trop souvent de lire la mention "formation innovante" que les prestataires ne manquent jamais d’inscrire sur leurs fiches techniques, et ne vont pas au-delà ». L’évaluation de la qualité des formations est, cependant, un sujet sur lequel planchent les experts du ministère de l’Enseignement tchèque. De quoi susciter l’espoir au sein du Národní vzdělávací fond : « nous attendons les résultats de leurs travaux avec beaucoup d’impatience » a conclu Martin Dobeš

par Benjamin d’Alguerre

in Le Quotidien de la formation, 1er décembre 2011

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