« Quels sont les nouveaux défis pour les conseillers d’orientation en ce qui concerne la mobilité ? », s’est demandé le grand témoin des premières rencontres nationales du réseau Euroguidance [1], France Sören Kristensen, consultant expert en orientation et en mobilité académique et professionnelle au Danemark, en faisant le point des quatre ateliers qui s’étaient tenus dans la matinée [2].
Si l’information concernant la mobilité est dorénavant abondante et accessible, que ce soit dans les institutions qui en ont développé la culture au fil des ans ou sur Internet, il reste d’autres chantiers à mener à bien pour qu’elle ait une meilleure efficacité. La motivation est un des problèmes le plus souvent évoqués par les participants selon Sören Kristensen : « À quoi bon monter des structures si personne ne part ? Comment arriver à faire partir les gens ? », s’est-il demandé. Autre piste de progrès : l’accueil des personnes : « La mobilité ne consiste pas seulement à envoyer ses ressortissants à l’étranger, mais aussi à savoir en accueillir. Quels sont les besoins spécifiques des personnes dans le processus de mobilité ? »
Mais le plus important aux yeux des participants est de s’assurer de la qualité de la mobilité : « Il ne suffit plus, comme au tout début, de se satisfaire que la personne revienne vivante chez elle ! », a remarqué non sans humour Sören Kristensen. « On veut s’assurer de ce qu’elle a appris et de ce dont elle va faire profiter son pays. »
L’expert, qui a monté le premier centre d’Euroguidance au Danemark en 1993, voit plusieurs actions à mener selon les étapes. Avant la mobilité, tester la motivation des candidats et les sélectionner avec soin : partir en groupe trois semaines ou seul pendant six mois sont des contextes différents à considérer. Il faut ensuite préparer la mobilité : préparation linguistique, culturelle, pratique, psychologique et pédagogique. Pendant la mobilité, il estime nécessaire que les étudiants soient accompagnés car ils ont des besoins d’orientation spécifiques. Après, il faut évaluer leurs acquis, aussi bien ceux qui étaient prévus, que ceux qui ne l’étaient pas. Il faut aussi valoriser les expériences vécues : comment peuvent-elles servir dans la carrière ? Maintenir les aspects positifs et faire attention à la réintégration.
Le rôle des conseillers en orientation tout au long de ce parcours est capital. S’ils sont à même de s’assurer qu’il y a un processus d’apprentissage de qualité, ils ne peuvent maîtriser certains aspects (comme la préparation linguistique, par exemple). Il faut alors nouer des partenariats avec les institutions de l’éducation, de la formation ou autres organismes et services d’orientation.
Béatrice Delamer
in Le Quotidien de la formation, 8 octobre 2007
































