Guadeloupe : favoriser la proximité
« Les assises sur la formation qui se sont tenues en 2006 ont fait apparaître la nécessité d’une véritable territorialité de l’accueil, de l’orientation et de la formation. Notre caractère d’archipel impose cette préoccupation et c’est pourquoi nous avons identifié sept zones de formation », a déclaré Victorin Lurel, président du Conseil régional de Guadeloupe lors de son allocution d’ouverture de la IVème Université des Régions d’outre-mer. Il a insisté sur deux axes du PRDF qui lui paraissent « primordiaux » : élever les niveaux de qualification et encourager l’acquisition de compétences, notamment par l’ouverture de l’accès aux niveaux 4 et 5 à un maximum de personnes. Second axe, « bâtir des dispositifs de formation élaborés au niveau des territoires ». Les territoires doivent inscrire leurs objectifs dans une vision à moyen et long terme dans une logique d’anticipation et de programmation. Dans quelques mois, sera créée à Basse-Terre, la Cité de la connaissance qui regroupera un campus des formations sanitaire et sociale, une Université des métiers en partenariat avec la Chambre de métiers, des infrastructures pour les étudiants et une antenne de l’Ecole de la deuxième chance. « La Région, qui paie un lourd tribut au chômage de masse, entend multiplier les leviers pour améliorer cette situation », a-t-il conclu.
Guyane : lier compétences humaines et développement économique
« En Guyane, il est crucial de mettre en cohérence les compétences humaines et le développement économique et social », assure Marie-Josée Lalsie, vice-présidente déléguée à l’éducation de Guyane. Elle rappelle le contexte difficile de sa région « enclavée », dont le PIB est en chute de 8%. Elle souligne que le chômage est une durée structurelle, la durée moyenne de chômage étant de quatre ans en 2006. Le taux de chômage des moins de 30 ans s’établissait à 43 % et atteignait 62 % pour ceux qui n’avaient pas de diplôme. Par contre, il n’était que de 8 % pour les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur. 50 % des moins de 30 ans n’ont aucune qualification et « c’est bien le plus grand frein à leur insertion ». Il n’y a pas seulement une urgence démographique (50 % de la population a moins de 30 ans), mais aussi un retard de développement et la cohabitation de groupes socio-culturels très différents, avec de fortes spécificités, et inégalement répartis sur un territoire de 690 000 km2 très difficile à gérer. Les activités qui dégagent traditionnellement des emplois comme l’industrie sont quasiment inexistantes, hors l’aérospatial. L’économie est marquée par une forte tertiarisation et une surreprésentation de l’administration nationale et locale. Il est indispensable de renforcer le secteur productif. Or, cet objectif ne peut être atteint que si les niveaux de qualification s’élèvent. Le chômage des jeunes n’est pas une fatalité, affirme-t-elle. Elle regrette que « les échecs de la formation initiale qui n’atteint pas l’objectif de préparer les jeunes à entrer sur le marché du travail fassent peser une lourde charge sur la formation des adultes ». Marie-Josée Lalsie déplore que la Guyane ne bénéficie pas des moyens financiers nécessaires pour faire face à sa situation. Elle estime les besoins pour répondre aux besoins de formation à plus de 2 milliards d’euros alors que les fonds européens perçus sont de 50 millions d’euros. « Les politiques de formation », a-t-elle expliqué, « ont tout intérêt à être entièrement tournées vers le développement ».
Martinique : priorité aux jeunes
Francine Carius, vice-présidente du Conseil régional, présidente de la Commission formation professionnelle a présenté le Réseau régional d’accueil, d’information, d’orientation et de suivi des jeunes (R2AIOSJ) mis en place récemment. La Martinique souffre d’un chômage massif des jeunes. Elle compte notamment 3000 jeunes chaque année qui quittent le système scolaire sans qualification. « Ce public constitue un des axes prioritaires du PRDF », précise-t-elle. La Région a mis en place le R2AIOSJ qui comprend treize antennes locales réparties sur tout le territoire. Il assure l’accueil, l’information, l’orientation et l’accompagnement de ces jeunes, à partir de relations privilégiées avec les entreprises du bassin d’emploi. Il a pour mission de favoriser leur insertion, d’assurer un suivi personnalisé et de développer des actions qualifiantes. L’accueil est réalisé dans des locaux du réseau ou sur le terrain, dans les lieux de regroupement spontané des jeunes. L’objectif est d’harmoniser les procédures de prise en charge sur tout le territoire. Depuis sa création, le réseau a accueilli 2763 jeunes. L’apprentissage fait aussi partie des priorités régionales. Quatre CFA accueillent les apprentis : celui géré par la Chambre de métiers, un qui dispense des formations liées au BTP, un lié au secteur agricole et un autre aux services.
Réunion : la formation au cœur des grands projets
« Le contexte de cette IVème Université est particulièrement intéressant », a relevé Denise Delorme, vice-présidente du Conseil régional, déléguée à la formation professionnelle, « elle se déroule en même temps que la conférence des Régions ultrapériphériques de Madère et coïncide avec les derniers ajustements des programmes opérationnels du FSE pour les six prochaines années ». La Réunion est un territoire dynamique qui affiche une croissance annuelle de 4 à 5 %. 2006 a été une année record pour l’emploi avec 4500 embauches nettes dans le secteur marchand. Cependant, les RMistes sont très nombreux et le taux de chômage est de 30 % et frôle les 50 % chez les jeunes. La Réunion conduit d’ambitieux projets dans les transports et le développement des énergies propres. Les politiques de formation jouent un rôle fondamental dans ces projets, que ce soit en termes d’anticipation ou d’insertion. Le président du Conseil régional, Paul Vergès, a confié à l’Oref et à l’ANPE la mission de mesurer l’impact de ces grands chantiers en termes d’emploi-formation, afin d’élaborer un PRDF en phase avec ceux-ci. Un nouveau centre de formation aux transports (CFAT) a été créé en partenariat avec le CFA, l’Afpa, la Chambre de métiers. Ce pôle formera 2000 jeunes aux métiers de ce secteur.
Source : Le quotidien de la formation
4 octobre 2007, par Patricia Gautier-Moulin

































