Pourquoi une « géographie de la formation professionnelle » ? Parce que l’Etat a transféré aux Régions une grande partie de ses compétences dans le champ de la formation et de l’apprentissage et qu’il n’existe pas aujourd’hui de données statistiques régionalisées. Celles-ci fourniraient aux nombreux acteurs impliqués des indicateurs solides, susceptibles d’éclairer leurs politiques et leurs décisions. C’est tout l’objet de la « géographie de la formation professionnelle », réalisé par le Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie (CNFPTLV) et présenté lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 12 décembre à Paris.
Mais l’entreprise est difficile, a expliqué Philippe Méhaut, directeur de recherche au CNRS et président de la Commission de l’évaluation du CNFPTLV, car "l’évaluation n’est pas une tradiiton dans les moeurs de la politique française".
L’ouvrage propose une trentaine d’indicateurs régionalisés et leur évolution. Ils sont organisés en familles dont les trois premières correspondent à des données contextuelles susceptibles d’avoir une incidence sur les caractéristiques de la formation professionnelle dans chaque région (contexte démographique, caractéristiques de l’emploi et du marché du travail). Les trois suivantes sont relatives à la formation professionnelle (les jeunes dans le cadre de l’enseignement secondaire, de l’enseignement supérieur, de l’apprentissage et des contrats en alternance, les demandeurs d’emplois ou les salariés dans le cadre du Cif). D’autres données ont été introduites sur l’orientation et la validation des acquis de l’expérience). Une très riche cartographie illustre les chiffres et facilite grandement la lecture de l’ouvrage.
Ce travail est conduit, dans le cadre de la Commission de l’évaluation, par le Groupe statistique pour l’évaluation (GSE) animé par le Cereq, qui regroupe différents services statistiques et associe six Observatoires régionaux de l’emploi et de la formation (Oref) Bretagne, Bourgogne, Centre, Lorraine, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte-d’Azur). Les données sont issues de l’Insee, de la DEPP (du Ministère de l’Education nationale), de la Darès (du ministère de l’Emploi), et du Cereq. Elles sont régionalisées par chaque producteur et mises en commun pour constituer une base de données d’environ 150 indicateurs, régulièrement actualisés et enrichis, gérée par le Cereq. Produits et rassemblés depuis une dizaine d’années et régulièrement actualisés, ces indicateurs permettent d’analyser les effets à long terme des politiques suivies.
L’ouvrage doit être régulièrement actualisé, au rythme de l’évolution de la base de données.
Patricia Gautier-Moulin
in Le Quotidien de la formation, 13 décembre 2007
































