Si certains professionnels du commerce et des services, ou de la formation, ne savent pas nécessairement ce que peut signifier “informatique context-aware”, ou “diffuse”, ils sont conscients des besoins sur le terrain. C’est pourquoi le projet P-LearNet, soutenu par l’Agence nationale de la recherche, s’est donné pour objectif d’identifier les solutions à mettre en place.
L’usage des technologies dans le secteur de la formation a suscité de nombreux débats. Perçues tantôt comme remèdes miracles, tantôt comme ennemies de la pédagogie, les technologies de l’information et de la communication (TIC) n’ont pas vraiment trouvé leur place dans les projets d’évolution des systèmes de formation en France.
Le dispositif britannique Learndirect [1] pour la remise à niveau des adultes, celui du Pays de Galles s’appuyant sur le portail Walescareers [2], les portails des “régions apprenantes” en Europe ne trouvent pas encore leur équivalent en France. Dans notre pays, la technologie semble demeurer un additif, voire un mal nécessaire ou un problème supplémentaire, mais elle ne fait pas partie du mouvement comme moyen ou levier du changement.
Explorer l’apport de l’“informatique diffuse” pourrait donc apparaître comme prématuré, voire provocateur. Nous estimons pourtant que cette étape supplémentaire pourrait contribuer à lever un malentendu et à donner une place décisive aux technologies dans le secteur de la formation.
Dans cet article, nous analyserons la situation actuelle qui provient d’un véritable malentendu sur la nature et la dynamique des évolutions en cours, notamment la mobilité, la continuité de services inter-réseaux et la prise en compte des contextes (notamment dans l’informatique dite context-aware, ou “informatique diffuse”). Ce malentendu tranche avec l’ampleur des besoins qui émergent et s’imposeront aux professionnels de la formation dans les années à venir. C’est précisément la raison d’être du projet P-LearNet, soutenu par l’Agence nationale de la recherche, que de mieux comprendre ces besoins, ces possibilités, les solutions à mettre en place, les évolutions d’organisations, les adaptations nécessaires.
Nous donnerons ensuite quelques exemples issus du secteur de l’entreprise et du commerce, où les besoins rencontrent dès aujourd’hui les opportunités qu’offre cette informatique diffuse. Les approches de conception participative des nouveaux dispositifs d’apprentissage s’appuient sur la définition de scénarios d’usages anticipées. Enfin, nous conclurons par quelques enseignements issus des premières observations.


































