Introduction
Depuis quelque temps des chiffres et des affirmations contradictoires circulent sur la dimension économique de la FOAD ou du "e-learning" : tantôt considérés comme source d’économies importantes, tantôt sources de surcoûts tout aussi importants. Ces affirmations ne résistent évidemment pas à l’analyse, dans la mesure où elles ne reposent jamais sur des faits suffisamment analysés et avérés.
Il nous est apparu de ce fait qu’on ne pouvait continuer de se désintéresser de la question. La difficulté était d’engager des investigations à notre mesure et une réflexion en pas en pas. C’est pourquoi nous avons cherché établir des ponts avec d’autres opérateurs qui s’intéressaient à cette question et cela a abouti à une coopération avec Le Préau, l’OFEM (CCIP) et PricewaterhouseCoopers. Celle-ci s’est déclinée en trois opérations :
- .une analyse documentaire réalisée par le Préau ;
- .une étude quantitative réalisée par l’OFEM sur les attentes des entreprises sur la question des coûts ;
- .le présent travail sur l’analyse des coûts de la FOAD réalisé par Algora.
Méthodologie
Notre hypothèse de départ concernant ce travail était que la question des coûts et retour sur investissement appliquée à la FOAD était par trop complexe pour faire l’impasse d’un premier tour d’horizon de la question. Ce premier tour devait nous permettre d’une part, de réaliser une étude critique sur un certain nombre d’écrits concernant la problématique des coûts et d’autre part de réaliser plusieurs monographies de dispositif de FOAD afin de les décortiquer, d’en établir le compte de résultat et donc de définir leurs coûts. Nous savions que la tâche serait ardue et que les objectifs étaient ambitieux. Nos premières investigations sur le terrain nous l’ont confirmé. En effet, nous apportons ici davantage de questions que de réponses. En outre, il nous a fallu à deux reprises revoir notre plan de travail et cela pour plusieurs raisons :
- une sous-estimation de la complexité et de l’étendue du champ couvert par notre sujet ;
- des terrains difficiles dans la mesure où pour l’entreprise le dispositif n’était pas encore dans une phase opérationnelle et où pour l’université, une certaine inertie liée à des bouleversements internes est venue perturber le déroulement de notre mission ;
- l’impact de nos investigations a été non négligeable ; porter un regard critique sur la structure des coûts, c’est d’abord s’interroger sur des modèles organisationnels, des pratiques professionnelles, des modes de management …, et ensuite, implicitement parfois les remettre en cause. Il nous a fallu faire preuve de prudence et prendre en considération les résistances.
Nous avons donc changé une première fois notre fusil d’épaule en ramenant notre échantillon initial de six à trois cas tout en conservant la segmentation entreprise/université/organismes de formation. Notre objectif n’était pas d’aborder la question de l’investissement et de la rentabilité. Toutefois, pour les raisons évoquées ci-dessus, nous avons abouti à un document de cadrage qui aborde cette question essentielle.
Nous avons donc abordé la formation (FOAD) sous deux aspects : comme une dépense en cherchant à la caractériser et à la mesurer de façon la plus exhaustive possible, mais aussi comme un investissement dans la partie la plus théorique du document. Nous avons conservé la segmentation initiale mais sur un échantillon plus restreint de trois cas. Le regard que nous portons, avec comme fil conducteur la question des coûts, se situe à trois niveaux :
- .en amont du dispositif (l’entreprise) lorsque la question de l’investissement se pose ;
- .en phase de production (l’université) lorsqu’il est intéressant de connaître les coûts pour mieux les maîtriser ;
- .en aval du dispositif (le prestataire) lorsque le dispositif est déployé et quasiment stabilisé pour dresser un bilan des opérations.
Il s’agit d’un premier travail, nécessairement incomplet. Il demande évidemment à être validé précisé, enrichi. Il nous est apparu cependant utile de le diffuser rapidement, dans la mesure où il permet, nous semble-t-il, et c’était notre objectif de départ, de mieux situer le cadre du débat.
Ce document est composé de quatre parties complémentaires, mais qui peuvent être lues indépendamment les unes des autres, dans l’ordre souhaité par le lecteur :
- pratiques d’université ;
- pratiques d’entreprise ;
- pratiques d’organisme de formation ;
- analyse documentaire et repères théoriques.

































