Cours sur le Web
Abordons d’abord les "cours sur le web". Le "cours" est fourni tel quel. Il s’affiche sur le Web et son auteur ne vous garantit ni suivi, ni évaluation.
On trouve sur Internet des cours que l’on peut appeler mono-média (que de l’écrit) ou bi-média (écrit et image fixe, quelques images animées en format gif et, éventuellement des vidéos), des cours multimédia et non interactif, des cours interactifs et non multimédia, et enfin des cours multimédia et interactifs. Des manuels, des livres (illustrés ou non) utilisant le Web comme support : voilà en résumé, ce que sont les cours non interactifs. Cela peut aller du polycopié en ligne, au manuel illustré utilisant intelligemment les liens hypertexte.
Beaucoup plus élaboré, le site d’un professionnel du secteur de l’électronique grand public : (http://membres.lycos.fr/bftel/test/QUEST.htm). Nous trouvons, sur ce site, de l’écrit, des schémas, un forum et un chat. Le nombre de sponsors de ce site nous informe de son succès.
Un autre exemple de cours bi-média est le manuel scolaire « Planète Terre » de l’université de Laval au Québec (http://www.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/intro.pt/planete_terre.html). Utilisé dans le cadre d’une formation de premier cycle en géologie, ce cours est disponible en ligne dans son intégralité. On peut constater son architecture traditionnelle : chapitre, sous-chapitres, paragraphes. C’est véritablement une bonne adaptation d’un manuel, mais elle ne reflète pas de pensée pédagogique particulière à l’environnement Web.
Qui fait ces sites ? Et pourquoi, pour certains, gratuitement ?
Dans la catégorie "le savoir gratuit sur Internet", les amateurs côtoient les professionnels, les individus côtoient les institutions, et l’on a parfois des surprises quant à la qualité de la mise en ligne des sites personnels. La preuve qu’il s’agit bien là d’une nouvelle écriture et que certaines institutions sont prises de cours ! Pourquoi mettre en ligne gratuitement ? Nous, les professionnels de la formation, nous avons souvent du mal à imaginer que des individus peuvent dépenser des centaines d’heures, faire parfois un site très élaboré, voir multimédia pour "rien". Mais justement le "rien" n’est pas rien sur le Web. C’est une formidable possibilité de communiquer sur sa passion, de démontrer une compétence, d’être écouté, de sortir de l’anonymat ! Et même de trouver un emploi, à la suite du succès de son site.
Les institutions, les entreprises communiquent aussi sur le mode "cours gratuit en ligne", pour diverses raisons. Du cours-vitrine des uns, à la quasi-obligation institutionnelle des autres, on trouve de plus en plus de matière sur le web. Séparons d’abord la multimédialité de l’interactivité. Ce n’est pas parce que ça clignote et que ça couine partout au passage de la souris, que c’est interactif.
Un exemple d’un excellent site multimédia non interactif est Net-express : http://services.wanadoo.fr/wanadoo_et_moi/comprendre/netexpress/
Le fait de stopper un cours, de le revoir ou de sauter une partie, sans pouvoir effectuer d’exercice pratique, n’est pas de l’interactivité. Cela équivaut aux fonctionnalités d’un magnétoscope.
L’interactivité du site de "6 milliards d’Hommes" (http://www-popexpo.ined.fr/Main.html), lié à une exposition du Musée de l’Homme, est d’une autre envergure. Grâce aux applications en langage Java, le fait d’indiquer son âge dans les pages du site induit une modification de la plupart des données présentées à l’écran. Ici, une donnée extérieure modifie donc la réponse de la page, grâce à un programme qui s’exécute au sein de la page HTML. Cette même possibilité est offerte par les cours en ligne réalisés sous Flash, une technologie de la société Macromedia. Il s’agit ici d’une interactivité de type "machine".
Un autre type d’interactivité se trouve bien représenté dans le site Histoire Géographie sur le Web (http://www.histgeo.com). Un simple formulaire envoyé par mèl ouvre les portes de l’interactivité humaine dite "asynchrone" (par opposition au "chat" et à la visioconférence). Les réponses au QCM sur les villes américaines (http://membres.lycos.fr/coll3/Etatsb.html), partent vers l’auteur du site, mais recevrez-vous une réponse ? Cette incertitude est l’une des différences entre un cours fourni tel quel et une formation engageant des prestations de service.
Existe-t-il un marché pour de "simples" cours en ligne ? Certains s’y essayent, sous différentes formes. Alexis Ruyant propose une formule originale dans son site Dactylo (http://frenchtouch.net/dactylo/). Devant le « succès » de ce cours initialement gratuit, il a été rapatrié sur le portail de téléformation http://www.toutapprendre.com où l’on peut voir une démo ou acheter l’accès au module en ligne par transaction sécurisée en ligne (Coût : 15 Euros).
Une autre offre, renvoyant à la "granularisation" de contenus, est celle de "Net Training" (http://www.net-training.fr), la version sur Internet de "Cd Training". À partir de 11 Euros, il est possible d’acheter 15 leçons en ligne, au choix parmi toutes celles qui figurent en catalogue. Ces leçons appartiennent toutes au domaine informatique : bureautique, Internet, graphisme et loisirs. Mais attention : revoir une leçon coûte aussi. On a intérêt à comprendre du premier coup ! Même logique sur l’autre grand portail de télé-formation Toutapprendre.com (http://www.toutapprendre.com), sites sur lesquels des cours payants côtoient des centaines de cours gratuits.
Plus forts encore, les cours d’Onlineformapro (http://www.onlineformapro.com), interactifs à souhait, sous Flash, sont enrichis avec le service "tutorat plus" synchrone (chat, téléphone et visiophonie) et asynchrone (mèl, essentiellement). Au moment du lancement de ce portail en 2000, les cours étaient gratuits et le service de tutorat payants. Aujourd’hui, les cours sont également payants, mais avec des paliers, en terme de module et en terme de période d’utilisation. Quelques modules sont en accès gratuit pour démonstration des services la plate-forme de télé-formation. Ce dernier exemple est déjà à la frontière entre « cours en ligne » et « formation en ligne » (voir paragraphe ci-dessous)
Dernier site qui illustre la mise en ligne de ressources comme base à un cours est le site universitaire : http://www.canal-u.education.fr, et, en particulier pour la « formation de formateurs », la rubrique “Profession Formateur”. Ce sont des séquences vidéos en streaming qui, sous condition, de disposer des bons plug-ins et d’une connexion Internet à large bande, permettent de former aux nouvelles pratiques de type FOAD et se former pour intégrer les NTIC dans la formation des adultes. L’avantage est de pouvoir visualiser ces ressources vidéos quand on veut et où on veut, quand on peut et où on peut ! Dans ce domaine, une ballade sur le site canadien http://www.colvir.net/pedagogie « Internet comme technologie d’apprentissage » permet d’avoir une bonne vision des usages potentiels d’Internet en formation.
En résumé, offert comme tel, contenu principal du site ou élément de mise en valeur de celui-ci, gratuit ou payant, le cours s’affiche sur le web, (presque) sans prétention à se substituer à de "vraies" formations. En revanche, la "formation assistée par les réseaux" se révèle d’une autre envergure.
Formation sur le Web
On parle de formation "assistée" parce que cela permet de faire la différence entre la formation ouverte et à distance, comportant de plus en plus souvent l’utilisation de réseaux télématiques, et l’e-formation, où cours et relations sont gérés intégralement à distance. Dans ce domaine aussi, quelques typologies d’utilisation peuvent être définies, en s’appuyant, cette fois, sur le site "Ressources" d’Algora (ressources.algora.org) et, plus précisément, dans la rubrique "Dispositifs > Etudes".
Ces documents ne présentent que des actions sorties du cadre de l’expérimentation, pour entrer dans celui de l’expérience. Cela offre l’avantage de voir des applications consolidées, même très récemment, plutôt que des actions expérimentales à l’issue incertaine.
On peut déjà commencer à investir le champ de la formation assistée par le Net, grâce à un simple mèl accompagné d’un fichier attaché. Entre le formateur à distance et le stagiaire, peut entrer en jeu le tuteur local. Son rôle est souvent celui d’un facilitateur, comme c’est le cas des "assistants" qui se trouvent dans les centres récepteurs du réseau de formation à distance Rhône-Alpes (ARDEMI). Ce site permettait l’accès aux ressources et à la communication avec le formateur distant. A noter sur ce site, une rubrique intéressantes donnant un annuaire imagé des « cours gratuits sur Internet ».
Plus délicat est le rôle du tuteur en entreprise, dans le cadre d’une formation sur le poste de travail. France Télécom Formation, dans la formation à l’application "Violette" accompagnement local ayant une double mission : celle d’initier le stagiaire à l’utilisation de la plate-forme de formation et celle, plus sensible, d’être le garant du temps alloué à la formation, face à une hiérarchie demandeuse de disponibilité du collaborateur, dans la mesure où il est présent dans l’entreprise...
Les actions d’e-formation proprement dites commencent à faire leur apparition en dehors des Intranet de formation des grandes entreprises. C’est le cas de NetLangues.com (région Nord- Pas-de-Calais). Ce portail de formation est extrêmement riche et la formation proposée est standardisée. Le formateur est lui-même à distance, mais proche géographiquement. En effet, NetLangues.com, géré par la CCI de Valenciennes, s’appuie sur les CCI locales pour le tutorat des stagiaires. Ce produit donne, semble-t-il, un bel exemple de "glocalisation" : la version française est l’adaptation d’un produit originalement conçu par l’International House de Barcelone et le prix est identique dans tous les pays de diffusion. De plus, les formateurs sont, en France, ancrés au tissu économique local, permettant de localiser sinon les contenus du site, au moins les interactions (mèl et téléphone) avec les stagiaires.
Les universités ont, elles aussi, investi ce secteur. A titre d’exemple, on peut citer les cours du CNAM de la région Languedoc Roussillon qui propose plusieurs formations assistées via Internet dans la rubrique NETEAD (http://www.cnam.agropolis.fr/netead/) sur laquelle on peut trouver différentes matières, dont un cours d’initiation aux statistiques, en accès libre de démonstration. On peut noter la présence d’écritures multimédias variées, dont des séquences en streaming vidéos de présentation.
Enfin, on peut citer le service TFS, Canal de la Formation Professionnelle, mis en place à la demande du Ministère de l’Emploi par l’AFPA. En complément de diffusion d’émissions de télévision de formation générale et professionnelle, via le satellite à raison de deux heures par jour ou via Internet en streaming vidéo à la demande 24h sur 24, le site http://www.tfs.afpa.fr donne à la fois des informations sur le contenu télédiffusé, et aussi et surtout, des ressources pédagogiques complémentaires. Ces ressources, au format .pdf, interactives pour certaines, ou au format .doc, visent autant le formateur que les apprenants. Le tout est aujourd’hui d’un accès gratuit, à condition de disposer, pour la partie vidéo satellitaire, de la parabole adéquate, et pour la partie vidéo en streaming, d’une connexion dite à haut débit (ADSL, câble ou autre).
En conclusion provisoire, les "cours" par Internet ne me semblent pas être un marché en tant que tel, car Internet oblige... à l’interactivité ! Surtout avec l’autre : que cette interactivité soit associée de façon formelle au cours, et nous voilà dans une "formation par Internet", une "e-formation". Le cours, semble-t-il, continuera à exister seul mais, de plus en plus, sous une forme gratuite (on s’habitue très vite à la gratuité...). Sous sa forme payante, il sera obligatoirement associé à des prestations de service pour moduler l’interaction pédagogique. Les exemples donnés manifestent déjà de la variabilité des situations. De la formation assistée par mèl à l’e-formation mondialement standardisée, un grand nombre d’approches sont possibles.
C’est peut-être l’enseignement à en tirer : les réseaux doivent être investis, non pas comme une obligation technologique, sous peine d’"exclusion", mais comme introduction d’une très grande souplesse en formation. Qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait pédagogie.
































