ITR-Formation pour la Région
En 1995 la Région crée Informatique Télécoms Réseaux (ITR) visant à soutenir la recherche, la mise au point de services ainsi que le développement d’usages des NTIC. Deux dispositifs phares vont émerger de ce programme en 1998 : le réseau des sites de Cybercommunes et les Points-Formation du réseau ITR-Formation.
Ce dernier proposait notamment :
- d’accompagner financièrement les organismes de formation pour produire des ressources pédagogiques utilisant les TIC comme vecteur ;
- de mettre en place une infrastructure de formation pour les demandeurs d’emploi et les salariés sur différents centres délocalisés, la Région accompagnant les collectivités locales dans la mise en place des points d’accès et finançant les heures de formation.
Dans chacun de ces espaces, un animateur est là pour guider le public et l’initier au maniement des ordinateurs. Ces Points-Formation [2] étant localisés dans des espaces multimédia, des centres culturels, des maisons communales et n’étant pas directement administrés par des organismes de formation, il a fallu définir des types de collaborations complètement nouveaux entre établissements de nature et de culture différentes. Le guide de fonctionnement des Points-Formation qui en a résulté, publié en 1998 avec l’aide du cabinet Bensoussan, est sûrement un des premiers du genre.
RAPPSODI et APP pour l’Etat
Le dispositif RAPPSODI est né en 1996 dans le cadre du programme FORE I [3]. Il consiste à « délocaliser » les APP, c’est-à-dire permettre de suivre à distance les formations qui étaient jusqu’alors dispensées « sur place » dans les APP. RAPPSODI a pu profiter de l’expérimentation du réseau SARAPP réalisée deux ans plus tôt en Midi-Pyrénées par le réseau des GRETA et la DAFCO, avec les moyens fournis par le programme FORE. Rappelons qu’en Bretagne 9 APP et 11 antennes sont aussi gérés par les GRETA. C’est le même principe qui prévaut : offrir un servir « de proximité » pour suivre une formation à distance. Le stagiaire aidé par un spécialiste de l’informatique, appelé « accompagnateur-relais » peut communiquer avec son formateur et suivre les formations dispensées par ce dernier. Au début, les échanges se sont faits par téléphone et fax, envoi de CD Rom et de cassettes. Puis avec l’évolution technologique, l’internet et le web ont été utilisés pour l’usage de visioconférences, l’échange de fichiers numérisés et la gestion de ressources dans des espaces virtuels.
Il y a douze sites RAPPSODI en Bretagne. Ils accueillent une moyenne de 300 stagiaires par an, soit 6% de l’effectif total des APP. En 2002, on notait cependant une baisse de la fréquentation des antennes, expliquée à l’époque par une modification du comportement des usagers, souhaitant « revenir » dans les APP pour y être tutorés de manière plus classique. Etait aussi avancé l’hypothèse de l’entrée de publics plus « fragilisés » donc moins autonomes.
Les PAT pour l’Etat et la Région
Avec la similitude qu’il y a entre les Points-Formation et les sites RAPPSODI, on ne voit alors rien d’étonnant à ce que plusieurs d’entre eux obtiennent un label identique, celui des PAT. Il y a actuellement 20 PAT en Bretagne et il en est prévu autant que de pays, soit 21. Le label a été créé en 2002 par la DGEFP. Il permet aux sites récepteurs qui ont été labellisés d’obtenir deux euros de l’heure/stagiaire pour toute formation émise à distance. En Bretagne la DRTEFP et le Conseil Régional délivrent conjointement ce label (seules cinq autres régions sur seize le font de manière concertée entre DRTEFP et Conseil Régionaux). En 2004 les sites labellisés PAT ont accueilli 745 personnes et dispensé 22 000 heures de formation.
Le portail SKODEN
SKODEN est le portail de services FOAD mis en place par la Région. Sa conception est le fruit d’une étroite collaboration entre Etat / Région / GREF Bretagne. Ce portail ambitionne de regrouper l’ensemble de la FOAD disponible en Bretagne, de réunir les acteurs et financeurs, de proposer des référentiels de formation, des outils de création et intégration de ressources, de positionnement et de parcours ou encore de tutorat.
Schématiquement Skoden est un portail multi-utilisateurs ; il permet l’accès à un ensemble de plates-formes. Pour les organismes de formation n’hébergeant pas leur propre plate-forme, Skoden permet un hébergement mutualisé financé par la Région et l’Etat. Actuellement les plates-formes Sylfide et Syfadis sont « hébergées dans Skoden ». D’autres plates-formes (telle que Ganesha).devraient être installées à l’avenir.
Il est encore trop tôt pour juger de la pertinence d’un tel projet. Le seul précédent connu, dont le fonctionnement perdure, c’est celui de Pyramide en Midi Pyrénées, mais il n’avait pas pour objectif de répondre aux besoins de plusieurs systèmes de formation. Le cadre d’organisation des sites Pyramide est le même pour tous et l’« encapsulage » des modules varie très peu. SKODEN se veut être la solution inverse : pas de plate-forme de téléformation régionale identique pour tous les organismes, mais la prise en charge par la Région et l’Etat de l’hébergement des plates-formes choisies par les opérateurs. Pour ceux qui ont déjà leur solution d’hébergement et ne souhaitent pas en changer, l’interfaçage entre la couche portail et la plate-forme est effectué simplement par un lien. C’est le cas du réseau des GRETA avec la plate-forme SAFIR.
Un projet politique pour une identité régionale...
Les responsables régionaux en charge de ces dossiers affichent, sur la collaboration Etat/Région en matière de FOAD, un optimisme prudent. Ils pensent qu’aujourd’hui il y a une réelle montée en compétences sur le traitement de ces questions dans l’action publique en région. _ C’est-à-dire que l’appareil régional de formation se trouve impacté dans son ensemble par la volonté dont font preuve aujourd’hui la Région et l’Etat d’intégrer la FOAD comme composante du développement territorial en Bretagne.
Quant à l’appareil régional de formation, un premier aperçu des initiatives qui le caractérise a été dressé à Rennes le 14 décembre dernier lors d’une réunion consacrée à l’esquisse du « portrait FOAD de Bretagne », qui visera à fournir à terme un regard global critique portant sur les nouvelles modalités de formation disponibles dans la région. La Région et la DRTEFP ont dans un premier temps sollicité le concours de structures déjà bien investies dans la conception de nouvelles organisations en formation. Se sont donc succédé le 14 décembre le CFPPA de Rennes, l’AFPI et l’UIMM, la DRAFPA, les GRETA de Lannion et d’Armoric, la Chambre d’Agriculture du Morbihan, le CEMPAMA (établissement public national, dépendant du Ministère de la Pêche) et le CLPS (organisme à dimension régional intervenant auprès de publics peu qualifiés). Ces premiers organismes sollicités ont expliqué en détail les innovations qu’ils ont développées dans le but de rendre plus facile l’accès et le suivi de leurs formations.
Une autre manifestation de ce type est déjà programmée pour le 23 mars prochain. En brossant ce portrait la Région, aidée de l’Etat, pense qu’il s’agit surtout de pouvoir interpréter les évolutions en cours afin d’apporter aux différents acteurs un outil stratégique supplémentaire. Il s’agit aussi de faire naître une culture commune autour de concepts encore peu partagés malgré une histoire régionale non négligeable dans ce domaine.
[1] Le GREF est le CARIF/OREF de Bretagne
[2] La liste des 18 Points-Formation est consultable à l’adresse : http://www.region-bretagne.fr(...)
[3] FORE : Formation Ouverte et Ressources Educatives, créé par la DGEFP en 1992, pour le développement de nouvelles modalités d’organisations pédagogiques et techniques visant à faciliter l’accès des publics à la formation. L’objectif est alors de soutenir l’innovation des dispositifs de formation, notamment à travers des appels à propositions thématiques pour le développement des formations ouvertes et à distance.
































