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Cet article est initialement paru dans le numéro 181 de la revue Actualité de la Formation Permanente, daté novembre/décembre 2002.

Les portails d’intégration de web services en XML : vers la fin des plates-formes et des normes d’interopérabilité
FERRO Adrien - janvier 2003

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Connecter des informations de différents types, de la façon la plus simple qu’il soit, pour que les requêtes et les échanges se fassent de façon transparente pour l’utilisateur : voici ce qu’il est possible d’attendre d’une application informatique avancée, mais il apparaît que dans le monde de la formation cette fonctionnalité ne donne pas encore satisfaction. Normes insuffisantes ? Usages balbutiants ? Adrien Ferro dresse un panorama sans concession, puis invite à découvrir une initiative plus encourageante.


Cet article fait suite aux interrogations et réflexions contenues dans l’article Le portail d’entreprise nouvel outil de la FOAD ? de la lettre Algora, publiée dans Inffo Flash n° 601 du 1er novembre 2002.
Il doit être vu comme l’approfondissement technique des perspectives sur l’évolution des supports de gestion de la formation, introduites dans mon article Outil et support technologiques, publié dans Actualité de la formation permanente n° 179, juillet-août 2002.

Les mots sont, encore une fois, lancés. Convergence ! Intégration ! Convergence de la e-formation avec le e-management, bien sûr. Le responsable RH, pardon, le responsable e-RH, va devoir jongler entre les progiciels de gestion intégrés (PGI ou ERP, enterprise resource planning), les plates-formes de gestion de la formation, l’intranet maison, les logiciels de "cartographie des compétences", etc. Cette intégration obligatoire s’accompagne, bien sûr, de l’émergence d’un marché, avec ses normes, et ses gourous.
Mais au-delà des illusions totalisantes colportées par l’informatique en réseau, les choses bougent réellement. L’évolution des réponses en terme de modules de gestion de la formation mixte permet d’identifier des évolutions majeures en terme d’applications et de standards, qui vont "impacter" directement la gestion de l’ensemble de processus de gestion des ressources humaines.

 Chercher plus loin

Souvenez-vous, voici deux ans, de la "déferlante" e-learning. Accompagnée d’études partielles et partiales défendues par ceux qui aujourd’hui adoptent avec le même aplomb un discours lénifiant sur ses limites, de données statistiques appliquées sans vergogne sur des marchés incompatibles entre eux, elle nous a gratifiés d’un cortège de "LMS" et "CMS" se présentant toutes comme "solution globale" de la formation en ligne…
Depuis, la "bulle" e-learning explosant, le mot qui bourdonnait, "blended ", a fait son apparition dans le discours des experts. On ne parle plus (ou presque) que de "mixité". Et les plates-formes s’adaptent bien sûr. Les plus puissantes proposent en effet une gestion "globale" de la formation. Du catalogue de formation consultable en ligne à la gestion du parcours individualisé, du planning des salles à la gestion des ressources en ligne, elle savent tout faire ! Compatibles avec les normes AICC et Scorm (voir encadré) , elle sont présentées comme pouvant supporter quasiment tous les standards de cours en ligne (5). Plus fort encore, certaines plates-formes, comme Aspen, gèrent la "base de connaissance" d’une entreprise et permettent sa réactualisation, via un plan de formation adapté. De la cartographie des compétences à l’évaluation de celles de chaque collaborateur, de son inscription en ligne à la préparation des éléments relatifs à la déclaration 24-83, tout y est ! _ Alors, pourquoi chercher plus loin ?

Une gestion "globale"

Ce mot, "global(e)", revient sans cesse dans les discours des éditeurs de solutions intégrées pour la formation, le management ou la gestion. D’un point de vue philosophique, il s’agit d’une illusion sur la valeur d’un savoir totalisé, porteur de "la" solution au désordre du monde et à l’angoisse que ce désordre génère. La réponse de l’inconscient à l’angoisse, quand celle-ci est générée par la complexité d’un système qui semble nous dépasser, est la tentative de phagocyter le monde, de l’intégrer à soi.
Fantasme particulièrement présent chez les gestionnaires, il explique les importants investissements sur des solutions présentées comme globales (le plus souvent à visée surtout globalisante), et les échecs liés à l’insuffisante prise en compte d’une humanité résistante à toute tentative de totalisation.
Qui voudrait approfondir la réflexion philosophique sur le sujet pourrait utilement s’approcher de la philosophie d’Emmanuel Lévinas, avec un texte "simple" pour commencer : Ethique et Infini. Paris, Livre de poche, 1981

AICC, Aviation industry CBT (computer-based training) committee, est une association internationale regroupant des professionnels de la formation. Elle est à l’origine de la définition de normes d’interopérabilité entre plate-forme et contenu.
Scorm, Sharable content object reference model, est un ensemble de spécifications techniques de balisage de contenu issues du langage XML (extensible mark up language, langage de description de documents flexible et extensible, permettant la simplification des échanges de données entre applications), à partir des travaux de l’AICC, l’IMS, et l’IEEE.

 Interopérabilité, traçabilité

Une moitié de réponse est apportée par les deux tendances majeures de l’informatique connectée, et à leurs possibilités d’interopérabilité entre applications . La première : le développement des intranet/extranet d’entreprise, offrant de plus en plus de possibilités d’intégration d’application ; la seconde : le développement des "web services" permettant le dialogue direct entre applications disponibles via un navigateur à travers un système de transmission de données transparent à l’utilisateur, ne nécessitant donc pas de re-saisie.

"Net-intégrateurs"

Les éditeurs de portails d’entreprise offrent en standard ou en option des possibilités de NetEAI, Enterprise application intégration, pour rendre accessible une application et ses données, directement depuis un navigateur, même à ceux qui ne détiennent pas l’application en question sur leur poste.
Les données peuvent donc être visualisées, manipulées et introduites depuis/vers l’application un navigateur standard, en utilisant des technologies XML pour la description des données et métadonnées et/ou des architectures "client léger" de type RDP (Microsoft) et ICA (Citrix), où seuls les transactions clavier/souris et les différentiels d’affichage circulent entre le serveur et le client. L’utilisation des technologies Olap, On line analytical processing, est aussi souvent intégrée pour l’analyse de données multidimensionnelle en ligne, à travers une interface intuitive.
Deux exemples de Net-intégrateurs français : Mediapps et Illico

L’autre moitié de réponse est apportée par les besoins de traçabilité de la formation en ligne, et plus particulièrement d’une traçabilité "personnalisée", à la fois pour des raisons pédagogiques et administratives propres à la formation professionnelle en France, dont la réponse ne se trouve pas dans les standards proposés par les plate-forme actuelles. Pourquoi cela ? Parce que la norme AICC est une norme propriétaire qui se base sur la simple description de cours en ligne et d’autres éléments qui, à eux seuls, ne permettent pas une personnalisation poussée du parcours. Sa diffusion vient du fait qu’elle a été la première norme à être exportée en dehors de son environnement premier. Quant à Scorm, même si son format de structure de cours (course structure format) se base sur le langage XML, son efficacité reste limitée à des fonctions normalisées dans les plates-formes. Cette norme ne lit en effet que des "métadonnées" spécifiques. Le cours peut ne pas être en XML, et être ainsi inaccessible à des manipulations plus fines de données.

 Quand les normes ne suffisent plus

Trois exemples précis vont étayer nos propos : l’évolution de l’offre de formation en ligne de d’iProgress et Eni, et l’offre de conception de contenus multimédia de Scenari.
iProgress a lancé son offre avec un contenu uniquement intégré dans une plate-forme propriétaire : Progression® (www.iprogress.com/fr/4_solution/unesolution.asp). Son problème a tout d’abord été son "passage" sur les intranets d’entreprise pour être utilisé directement depuis un navigateur, pour ensuite devenir une plate-forme "full web". Depuis environ un an, iProgress commercialise Progression web, et, poussé par ses clients souhaitant utiliser une plate-forme du marché, propose également l’intégration de ses cours certifiés AICC directement dans les LMS les plus connus en France. Mais, même si la certification AICC est mise en valeur sur les pages de leur site, cette intégration s’associe souvent à des personnalisations permettant, via des connecteurs spécifiques, de dépasser les limites de la norme pour bénéficier de toute la puissance de la plate-forme propriétaire sur celle du client. La norme AICC doit être vue ici comme un élément facilitateur d’un rapprochement entre éditeur de contenus et éditeur de plate-forme. Le nombre de communiqués de presse concernant ce travail d’adaptation est là pour rendre explicite un non-dit. Si la norme était si complète que cela et les contenus certifiés AICC, une fois "dénoyautés" de la plate-forme propriétaire, parfaitement intégrables à des plates-formes compatibles AICC sans perte de qualité de suivi, cette adaptation serait-elle nécessaire ?
De son côté, Eni proposait jusqu’à présent une formation en ligne associée à une plate-forme de suivi accessible par un navigateur, MediaPlus (www.mediapluspro.com/francais). L’administration des parcours pouvait se faire bien sûr à partir d’une plate-forme compatible AICC (les contenus en ligne d’Eni répondent à cette norme) en perdant toute la souplesse d’utilisation de la plate-forme propriétaire. Voici à ce propos le témoignage de Marc Cormerais, commercial aux éditions Eni : "En terme de tracking, nous remontions vers la plate forme un résultat au niveau du module. Par exemple : le module mailing est réussi à 70 %, mais nous ne pouvions pas détailler quelles commandes avaient été manipulées correctement parmi celles composant ce module... Nous étions devenus compatible AICC : très bien. Nous étions intégrables dans les LMS : très bien. Mais nous dégradions considérablement l’une des qualités essentielles de MediaPlus : la possibilité de générer du contenu sur mesure. Ce qui n’était pas concevable."
Les éditions Eni se sont donc associées à Syfadis pour proposer une solution conservant toutes les potentialités de la plate-forme MediaPlus, tout en restant dans l’environnement Syfadis. En clair, il s’agit d’une flagrante "trahison" au diktat des normes, en développant des connecteurs NetEAI ad hoc. Le communiqué de presse du 15 octobre 2002, intitulé "Interopérabilité plates-formes LMS - contenus : faut-il se contenter des normes existantes ?" est à ce titre parlant.
Troisième exemple, Scenari (wwwspul.utc.fr) est un projet de recherche de l’Université technologique de Compiègne, orienté client, arrivé dans la phase d’initialisation de la commercialisation. _ Il peut être décrit comme un dispositif de conception industrielle de contenu. La production sur plusieurs supports (transparents, papier, cours en ligne ou sur cédérom) est automatisée à partir d’un seul contenu, structuré en XML. Ici, il ne s’agit plus de "métadonnées" séparées du contenu, mais d’un balisage intégré au contenu lui-même, et permettant l’annotation fine de l’ensemble de la documentation. Les connecteurs XML présents dans une plate-forme ou un portail vont ensuite rechercher en fonction des besoins les éléments à exploiter et les éléments à faire remonter pour le suivi. Voici ce qui est dit sur le site de Scenari : "A partir d’une même base de contenus, il est nécessaire de créer différents produits sous diverses mises en forme graphiques et formats informatiques : formation à distance, cd-rom en complément d’un cours présentiel, support papier, "grains de connaissance" en libre service dans un intranet, etc. Le formatage des contenus en XML garantit leur neutralité technologique et permet leur exploitation sur toute plate-forme de formation."

Pour récapituler : la demande d’un suivi spécifique de la formation mixte et les réponses technologiques de connexion directe entre web services convergent pour sonner le glas de normes liées aux seuls besoins de suivi du e-learning. C’est au niveau de l’utilisation directe, à l’intérieur du corpus de données du balisage XML que la réponse s’opère, sous plusieurs formes que, dans le cadre spécifique qui nous intéresse, la formation, nous allons maintenant ventiler.

 Une nouvelle réponse

Nous allons pour ceci partir d’un cahier des charges qu’Algora a conçu, avec le Réseau Eugène Ducretet (10), dans le cadre de sa mission de conseil en ingénierie FOAD pour le dispositif de formation Formalliances. _ La réponse au développement de la formation ouverte et à distance pour une gestion des compétences d’environ 5 700 salariés repartis sur 1 800 magasins est l’exemple parfait de l’ensemble de la problématique développée dans cet article.
Le cahier des charges, intitulé "Cahier des charges à destination des formateurs, organismes de formation et éditeurs de contenu en ligne souhaitant répondre à l’appel d’offres de production et de suivi de la formation ouverte, dans le cadre du projet Formalliances", définit sur quatre axes les types de productions et services demandés dans le cadre de la mise à distance de la formation.

  • Axe 1 : Evaluation-diagnostique des capacités, intégré au catalogue interactif des formations
  • Axe 2 : Contenu informatif à vocation didactique
  • Axe 3 : Contenu formatif modularisé, accessible en ligne
  • Axe 4 : Animation et suivi en ligne

Dans ce projet, l’ensemble des activités du stagiaire doit être suivi et les informations transmises depuis et vers plusieurs applications, dont une finalisée à la gestion administrative et financière spécifique à la SARL Synergence, organisme porteur de l’action.
Sans entrer dans les détails de l’ensemble des supports technologiques concernant ce projet, qui feront l’objet d’un article spécifique dans le deuxième semestre 2003, approfondissons les besoins en connexions ascendantes (reporting - suivi) et descendantes (affectation de variables pour la personnalisation du parcours) entre les différentes données exigées ou produites dans chacun des axes. Cet approfondissement est bien évidemment théorique et "perspectif", et dépasse les seuls besoins du projet Formalliances.

 Évaluation des capacités

Un catalogue de formation est présent sur le portail. Il présente en temps quasi-réel (mise à jour quotidienne bi-directionnelle, les jours ouvrés, à partir du logiciel administratif et financier, et via un connecteur Net-EAI spécifique) les places restantes en formation présentielle, mixte et à distance, sauf pour la formation en auto-formation pure. Est associée au catalogue la possibilité de paiement à distance par transaction sécurisée, et d’évaluation de ses capacités en relation à la formation souhaitée.
Ces évaluations reposent sur un logiciel intégrant des propositions de modularisation de la formation choisie, ou d’un parcours alternatif (exemple : une formation d’un niveau inférieur ou supérieur) en fonction des résultats. Dans le cas d’une formation mixte ou présentielle, la fonction du logiciel s’arrête ici, les informations sont inscrites dans le dossier de l’intéressé. Dans le cas d’une formation en ligne, après paiement, le logiciel affecte les résultats à la modularisation du parcours de l’apprenant.
Pour la cohérence du système (évaluation-diagnosticque, toujours en terme de capacités), il n’est pas possible d’utiliser directement des évaluations propriétaires générées, par exemple, par le module de suivi du logiciel. Deux cas de figures donc : ou une interface entre logiciel d’évaluation des capacités et module de suivi propriétaire, ou une interface directe entre logiciel d’évaluation et contenu. Dans un cas comme dans l’autre, des connecteurs XML sont nécessaires.

 Contenu informatif à vocation didactique

Nous introduisons ici une notion nouvelle, ou plutôt la transposition moderne d’une notion ancienne, en la réactualisant au niveau d’un suivi sur un web-portail.
Au delà d’un matériel didactique structuré selon une progression pédagogique, tout formateur s’appuie sur de la documentation permettant, notamment, de créer des situations-problèmes (exemple : étude de cas) ou de la personnalisation de parcours (exemple : documentation pour approfondissement). Souvent, dans les plates-formes de téléformation, on trouve des médiathèques ouvertes : c’est-à-dire que les apprenants sont invités à consulter une documentation qui est mise à leur disposition (auto-produite, hétéro-produite, sites web), sans que cette documentation soit directement liée ou articulée à la progression pédagogique. Il n’y a donc pas à proprement parler de suivi intégré à la plate-forme pour cette activité (le formateur peut, certes, donner des consignes d’exploitation ailleurs, mais en perdant tout l’avantage du processus automatisé de suivi). Dans les faits, la mise à disposition d’une médiathèque de ressources n’en garantit absolument pas son exploitation pédagogique. D’ou l’idée de structurer cette information directement au sein d’un web-portail, et d’intégrer complètement cette structuration au parcours de formation mixte.
Or, cette possibilité est presque totalement offerte par la partie "infomédiaire" d’un web-portail. Deux éléments la rendent possible.

 La gestion documentaire

Le premier, la gestion documentaire permet la gestion de n’importe quel type de documents et leur intégration dans la fenêtre personnalisée du web-portail. L’apprenant pourra donc être informé qu’un exercice sera proposé à partir de tel document, de telle à telle heure un jour donné, avec des modalités de "push" (information à l’ouverture du portail par l’apprenant ou sur sa messagerie électronique). Intégré en fenêtre à l’environnement pédagogique, le document en question sera associé à des consignes précises et le résultat formalisé, par exemple dans des fenêtres contenant des connecteurs XML, permettant de réaliser un suivi spécifique (par exemple, l’ensemble des réponses se trouvera structuré dans un espace ad hoc du web-portail du formateur, au fur et à mesure que celles-ci seront validées par les stagiaires. Des réponses automatisées pourraient également être générées).
Cette intégration fine de contenus documentaires et la possibilité de structuration et d’automatisation des consignes et des réponses associées nous semblent être très peu connues et pratiquées. Portant l’utilisation de contenu informatif à vocation didactique paraît être une bonne façon pour "débuter" dans la formation mixte, sans se lancer dans des longs et coûteux projets de cours en ligne multimédia. D’autant plus que le niveau de compétences demandés au formateur est alors très proche des compétences "usuelles" d’un formateur d’adultes.

 Des nouveaux standards de "lecture intelligente" des contenus

Le deuxième élément, la "syndication" de contenus externes sur le web, fait appel à des nouveaux standards de "lecture intelligente" des contenus. Des "agents" scrutent les pages web identifiées en fonction de connecteurs spécifiques (spécifiant une source de données, par exemple une information structurée à l’intérieur d’une page HTML, et non pas la page HTML en entier), et se chargent ou bien de la lier, ou bien de l’importer (s’ils en ont le droit), d’informer l’administrateur du portail de sa disparition, et d’informer les utilisateurs de tout changement intervenu.
Cette possibilité repose sur l’émergence des web services et sur les deux formats permettant les échanges d’information. Du côté connecteurs, il s’agit de Soap - Simple object access protocol -, qui s’appuie sur l’échange de fichier XML par le protocole HTTP pour faire communiquer des entités, et ce, indépendamment de l’architecture matérielle.
De l’autre côté, au niveau des web services, c’est le WSDL - Web services definition language. Il s’agit du format de description du service (qui peut n’être, par exemple, qu’une partie de la page web qui s’affiche, celle qui contient l’information à connecter) reconnu par les messages XML au format Soap.
Là aussi, le contenu externe approprié pourrait être utilisé comme contenu informatif à vocation didactique, structuré au sein de l’interface définie par le formateur, selon des connecteurs ad hoc. Mais ceci suppose notamment une compétence spécifique, qui pourrait d’ailleurs ne pas être celle du formateur mais du service informatique : la capacité à écrire des connecteurs au standard Soap pour interroger les web services utiles à la formation.

 Contenu formatif modularisé accessible en ligne

Ici, plus qu’ailleurs, la problématique de la "norme spécifique au contenu en ligne" prend toute sa dimension. D’abord pensées pour la seule auto-formation "granularisée" en ligne, les normes d’interopérabilité sont amplement dépassées par les différentes ouvertures de discours, de technologie et de pratiques, comme nous l’avons montré ci-dessus.
Un contenu capable d’être intégré dans un web-portail devrait aujourd’hui être accessible par un connecteur XML spécifique, capable ou d’affecter un parcours ou d’exporter des informations. De ce point de vue, la solution proposée par Scénarii nous semble très intéressante. Encore une fois, il faut bien comprendre qu’une e-formation en auto-formation pure, granularisée, éventuellement intégrée au logiciel à utiliser, sous la forme d’un EPSS - Electronic performance support system -, peut tout à fait rester au normes d’interopérabilité actuellement proposées par les plates-formes. Mais un contenu participant à une formation mixte, elle-même intégrée dans un dispositif de gestion des compétences, doit être réalisé de telle façon qu’il permette des affectations et des remontées d’information par les connecteurs XML présents sur le web-portail. Sans aller jusqu’à définir le contenu formatif comme un web service et le décrire en WSDL, il devrait néanmoins être décrit en XML standard.
Les connecteurs visant les différentes sources de données étant ainsi de même nature, il sera beaucoup plus simple de visualiser l’ensemble des données concernant une formation mixte, ou le parcours global d’un apprenant (entre formation présentielle, cours en ligne, utilisation de contenu informatif à vocation didactique, différents type d’échanges en ligne) sur un seul écran, à partir de différentes sources de données et de façon personnalisée en fonction des droits d’accès (administrateur, financeur, responsable de formation, formateur… C’est la partie "formédiaire" du web-portail).

 Animation et suivi en ligne

L’objectif de l’animation et du suivi à distance est principalement celui de garantir la réussite de la mise à distance de la formation tout en réduisant les heures de formation présentielle. Cette animation, ou suivi, peut accompagner également une formation où les apports formatifs seraient fournis de façon exclusivement présentielle (exemple, entre une session de formation et une autre, complément personnalisé après la formation…).
Il nous faut ici différencier l’animation du suivi.
"L’animation comprend toutes les interactions homme-homme se réalisant par le biais du portail, y compris celle entre pairs (réponses aux questions en relation à la formation, animation de forum, chat, classes virtuelles en audio ou vidéo...), et a comme objectif le maintien de la motivation et la création ou le maintien d’une dynamique de groupe." "Le suivi comprend exclusivement les interactions formateurs-formés, à prédominante évaluative (évaluations formatives et sommatives intégrées dans une formation mixte ou complètement en ligne) et structurantes (exemple : des séances de mise au point méthodologiques, de remédiation cognitive…)."
Quels que soient les objectifs de ces interactions, elle peuvent être parfaitement intégrées dans la partie infomédiaire d’un web-portail, contenant par défaut une messagerie, des forums, des listes de diffusion, et de plus en plus souvent des outils de communication audiovisuelle de type NetMeeting de Microsoft. Là aussi, les connecteurs XML permettent déjà un excellent tracking des statistiques d’utilisation individuelle de ces espaces de communication et peuvent être également utilisés pour l’extraction de contenus si besoin. Certains infomédiaires commencent par ailleurs à définir ces modules comme web services à partir des standards que nous avons déjà explicités. Ceci rendra la sélection et l’exportation des données vers des bases de données de suivi, visualisables à partir d’un URL, automatiques.

 Des normes et des usages

L’objectif de cet article n’est pas de faire l’apologie d’une norme par rapport à une autre, car les normes et les usages qui y afférent, connotés historiquement et technologiquement, sont faits pour être dépassés. XML, Soap, WSDL, émanent d’une réflexion propre à la société de l’information et de la communication, à savoir comment connecter des informations de différents types de la façon la plus simple qu’il soit pour que les requêtes et les échanges se fassent de façon transparente à l’utilisateur. Et il est impossible de ne pas inclure internet, et notamment le web, dans cette problématique de visualisation et d’échange de données.
Cette réflexion ne peut pas être exclue dans la mise en place de la FOAD, concept qui dépasse largement le e-learning et qui investit intégralement le champ de la GRH, et plus encore celui de la "e-GRH". Il faut donc penser les applications FOAD en ligne comme gérant des flux d’information descendante et ascendante avec d’autres applications. Les normes définies pour le suivi et la portabilité des cours en ligne renvoient à des notions limitées, voir limite, de la formation en ligne, qui ne se prêtent pas à une articulation avec l’ensemble des modalités de formation et d’intégration dans un processus de gestion de compétences - d’où la nécessité de "dénoyauter" les cours, et/ou d’enrichir les interfaces de gestion de la formation en ligne.
Dans une histoire accélérée des besoins en gestion des compétences, défendre ces normes correspond à une vision idéologique d’arrière-garde ou à une stratégie marketing de niche (dans le cadre des produits de formation bureautique par exemple).
A l’opposé, identifier le processus dans lequel la FOAD s’intégre, et modulariser les supports informatiques pour qu’il puissent se connecter au noyau d’un web-portail pour l’échange d’information via connecteurs Net-EAI en XML ou web-services, correspond à une réflexion holistique de la FOAD, susceptible de prendre en compte la montée en charge des besoins, à la fois en terme économiques et organisationnels.

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