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Entretien avec

Michel Bonnet
directeur de l’Institut de formation et de promotion des adultes (Ifpa)

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Pourquoi mutualiser  ? La réponse d’un organisme de formation

Créé en 1978 et présent sur quatre régions (Bourgogne, Franche-Comté, Champagne-Ardenne et Rhône-Alpes), l’Institut de formation et de promotion des adultes (Ifpa) dirigé par Michel Bonnet compte parmi les adhérents du Gifod. Entretien.

Inffo Flash - Pourquoi adhérer au Gifod  ?
Michel Bonnet - Notre organisme est implanté dans quatre régions et regroupe plusieurs établissements avec des antennes en zones rurales. Sur certains territoires, l’offre de formation ne permet pas d’initialiser objectivement de véritables parcours de formation. Il y a, d’autre part, nécessité pour nous de travailler différemment et de nous engager sur des formes nouvelles d’apprentissage. Ces principaux points nous ont conduits à nous doter de moyens technologiques nouveaux pour favoriser la communication et la mutualisation interne des produits et supports pédagogiques. Nous nous sommes ensuite tout naturellement tournés vers la formation ouverte et à distance (FOAD). Très rapidement, le Gifod nous est apparu comme un groupement susceptible de nous aider dans cette démarche, car les valeurs qui animaient ses fondateurs dépassaient le seul cadre de la FOAD. Nous avons eu rapidement confirmation que ses solutions techniques étaient de qualité et que ses valeurs, méthodes et ambitions pouvaient être garantes de pérennité.

IF - Quels sont, selon vous, les enjeux de la mutualisation  ?
M. B. - La mutualisation n’existant pas, tout au moins dans le dictionnaire, j’ai proposé une définition susceptible d’exprimer à elle seule les principaux enjeux  : “Une démarche volontaire où, par des répartitions à égalité de moyens et de risques, un groupe d’hommes ou d’entreprises décident de regarder ensemble l’avenir.”

IF - La notion de mutualisation est-elle spécifique aux formations ouvertes et à distance  ?
M. B. - Bien évidemment non. Mais peut-être que la FOAD, de par ses aspects techniques et ses exigences, est un levier très positif pour la mettre en œuvre. Le développement rapide de l’information et des techniques, l’évolution des attentes et comportements des apprenants, les exigences accrues des financeurs et la réalité de la situation économique des offreurs de formation nécessitent de rechercher des voies nouvelles pour développer la qualité de nos services. Or, les moyens propres à nos entreprises sont de plus en plus limités. La mutualisation devient un outil stratégique.

IF - Quels sont les principaux freins au développement des pratiques de mutualisation  ?
M. B. - Ou plutôt, si vous me le permettez, quelles sont les conditions de réussite  ! Il me semble en effet indispensable de s’engager autour de quatre axes  : tout d’abord, “changer de lunettes”, et regarder l’autre comme un vrai partenaire, concurrent parfois, qui n’a pas que des retards, et dispose de connaissances, compétences et expériences complémentaires aux miennes  ; deuxièmement, accepter la notion de coresponsabilité et prendre des risques avec d’autres dont on ne connaît pas toujours au départ les véritables motivations  ; troisièmement, trouver le temps et l’énergie nécessaires pour mener à bien un projet au sein d’une organisation “chronophage”  ; enfin, s’inscrire dans la durée pour piloter et associer au mieux tous les acteurs.

IF - Où s’arrête la mutualisation dans un contexte concurrentiel  ?
M. B. - Nous avons la chance au sein du Gifod de travailler depuis quelque temps sur cette question, car notre regroupement est aussi constitué de concurrents. Nous n’avons pas encore toutes les solutions, mais constatons qu’il est indispensable d’anticiper, de rechercher et de convenir de règles et de procédures qui, vraisemblablement demain, constitueront une véritable charte. Notre démarche en matière de mutualisation n’est pas béate. Si nous pouvons retirer chacun des bénéfices de cette union, en revanche, nous ne souhaitons pas vivre aux dépens les uns des autres. Et nous entendons bien poursuivre nos stratégies propres  ! Dans cette aventure, il nous faut donc innover. La mutualisation n’est pas seulement un pari économique. C’est aussi et surtout un pari sur l’intelligence.

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