Interview parue dans Inffo Flash 652 du 1er au 15 février 2005
Qu’il s’agisse de l’accueil, de l’information et de l’orientation ou du devenir de la commande publique en direction de l’Afpa, Michel Morin tient à garder la main pour le Conseil régional, quitte à envisager de nouvelles solutions pour les personnes les plus en difficulté.
Inffo Flash : La création des maisons virtuelles de la formation en Bretagne répond-elle à la perte du pilotage des Régions en matière d’accueil, d’information et d’orientation, voulue par la loi du 13 août dernier ?
Michel Morin : L’objectif est ici de faire travailler ensemble toutes les instances - aux objectifs et aux fonctionnements variés - dans le même sens. Il s’agit d’éviter les doublons, de renvoyer sur le voisin s’il est mieux outillé et surtout de se doter d’une méthode d’accueil standardisée d’une institution à l’autre. Nous allons demander à nos délégués territoriaux de tester ce système de “maisons virtuelles de la formation” sur cinq ou six territoires bretons. Ultérieurement, on pourra songer à financer des locaux à cette enseigne.
Inffo Flash : Comment préparez-vous la décentralisation de la commande publique de l’état en direction de l’Afpa pour les personnes sans emploi ?
Michel Morin : Pour 2005, nous allons recenser l’existant en terme d’offre Afpa sur le territoire breton. Ensuite, il nous faut savoir de façon très claire si la nature de la commande publique passée à l’Afpa est dérogatoire par rapport au Code des marchés publics, ou non. Pour le moment, les règles de mise en concurrence sont opaques... Nous communiquons à ce sujet au sein de l’ARF pour aviser sur la façon dont nous allons procéder.
Inffo Flash : Ne pensez-vous pas que dans un tel contexte, la formation des personnes les plus en difficulté risque d’être pénalisée ?
Michel Morin : Nous en avons parfaitement conscience. Par exemple, nous avons décidé de ne pas suppléer l’état dans son désengagement du dispositif de Sife destiné aux chômeurs de longue durée. Les organismes de formation dont l’offre était orientée sur ces publics l’ont déploré. En même temps, je pense qu’ils comprennent notre position. Il en va de même pour l’engagement formation des Régions sur les contrats aidés du plan Borloo pour lesquels la formation est présentée comme obligatoire. Nous sommes, là-dessus, dans l’expectative totale. Il faudra sans doute partager les frais...
Propos recueillis par Renée David-Aeschlimann
































