Un atelier de l’Université d’hiver de la formation professionnelle (UHFP), animé par Sylvie Bourgeais, directrice ingénierie formation chez Vivea, s’est penché sur les potentialités de la circulaire du 14 novembre 2006 qui introduit la possibilité de financer au titre de la FPC des prestations rattachables à une action de formation ou des parcours de formation comportant des séquences de nature différente. Comment les financeurs de la formation peuvent-ils se saisir de cette opportunité pour favoriser le développement des dispositifs de formation plus efficaces ?
Anne Jegouic, responsable formation à Vivea, fonds d’assurance formation des exploitants agricoles, a présenté la démarche expérimentale adoptée et qui doit être évaluée fin 2008. Le dispositif comporte une phase de diagnostic, des phases de formation et d’accompagnement individuel. Si l’architecture est semblable pour l’ensemble des participants, il permet cependant la prise en compte des besoins individuels et facilite le passage à l’action.
L’organisme a défini le type de prestations rattachables qu’il entend financer et les entrées spécifiques d’éligibilité de ces actions. Les thèmes des actions portent sur le développement des compétences dans le domaine de la stratégie d’entreprise, des relations humaines et de l’organisation du travail, des démarches de certification et de la commercialisation, de l’implication des agriculteurs dans les territoires, de l’accompagnement des agriculteurs fragilisés ou de la remobilisation professionnelle.
Les prestations rattachables sont en lien direct avec l’action de formation (hors celles liées à l’accompagnement à l’installation) et apportent une valeur ajoutée au processus pédagogique en termes d’acquisition de compétences ou de transfert en situation de production des compétences acquises en formation. Elles sont mises en œuvre avec l’appui d’un formateur ou d’une personne compétente et ne représentent pas plus du tiers de la durée de l’action de formation dans la limite de 1,5 jour par stagiaire en moyenne. Exemples de prestations rattachables (amont et aval de l’action de formation) : diagnostic individuel ou d’entreprise ; positionnement avant l’entrée en formation des acquis et besoins du futur stagiaire ; accompagnement individuel ; mise en situation « tutorée » ; évaluation des acquis de la formation en situation réelle. Parallèlement, l’organisme a « outillé » et formé ses conseillers. Un mode d’emploi a été élaboré et une stratégie de mise en œuvre locale définie (appui à l’élaboration de dispositif auprès des organismes de formation, etc.).
Les premiers résultats de l’expérimentation montrent que certains points doivent faire l’objet d’une attention particulière. Le prix unitaire est élevé. Il existe un risque réel pour les organismes de formation qui réalisent la phase diagnostic de se heurter ensuite au refus de l’entreprise de suivre les temps de formation. Dans ce cas, le financement n’est pas assuré par Vivea. Il faut également être vigilant sur une dérive possible des prestations où la recherche d’acquisition de « savoirs » ne serait que secondaire, l’action de formation devenant accessoire.
Les débats qui ont suivi la présentation de l’exemple du Limousin ont mis en avant les atouts de cette circulaire. Elle ouvre des opportunités en permettant des séquences différentes qui peuvent donner plus d’efficacité. Les participants ont estimé qu’un accompagnement — peut-être à géométrie variable — était nécessaire mais alors se posaient différentes questions : par qui est-il assuré ? Qui est garant de la cohérence du parcours ?
Au titre des limites de l’application de cette circulaire, ont été relevées la définition des frontières de l’imputabililité et les dérives possibles vers le conseil. Mais aussi la capacité des organismes de formation à mettre en œuvre ces dispositifs et celle des financeurs à les prendre en charge. Un équilibre doit être trouvé entre deux aspects contradictoires : la nécessité d’efficacité (souplesse) et la logique gestionnaire (rigide), ont-ils conclu.
[(L’exemple du Limousin
Un exemple de ce dispositif a été présenté par Valérie Lopez, conseillère en formation à la délégation Centre de Vivea. Il s’agit d’une action visant à favoriser le recours au salariat dans des exploitations d’éleveurs bovins du Limousin. Ces entreprises s’agrandissent et le départ d’un des associés dans les GAEC [1] nécessite, pour que l’exploitation reste vitale, de trouver des solutions pertinentes. Une étude préalable a permis d’identifier les freins au recours au salariat et de décider de l’accompagnement nécessaire. Ses résultats ont fait apparaître en particulier deux points de vigilance : il fallait lier une approche globale et stratégique et s’adapter à la diversité des situations en apportant des réponses individualisées. Le dispositif proposé s’organise en trois temps avec alternance de temps individuels et de temps collectifs. Les participants au dispositif bénéficient de prestations individualisées adaptées aux besoins de l’entreprise et peuvent alterner temps individuels et temps collectifs.)]
par Patricia Gautier-Moulin
Le Quotidien de la formation































