Depuis le 1er juillet dernier, M. Tony BLAIR remplace M. Jean-Claude JUNCKER à la présidence de l’Union européenne. Dans le discours de présentation de sa politique, prononcé devant le parlement, il a annoncé qu’il mettrait tout en œuvre pour « régler » les dossiers les plus délicats tels que la directive sur les services ou la révision de la directive sur le temps de travail.
Par ailleurs, il a déclaré « Notre premier objectif sera de moderniser le modèle social européen. .... Que vaut ce modèle qui a 20 millions de chômeurs, des taux de productivité inférieurs à ceux des États-Unis, ... » et d’ajouter « Nous avons besoin d’une Europe sociale, c’est certain. À condition qu’elle donne les résultats escomptés ».
Que dire face à de tels constats, au taux de chômage, aux délocalisations ? On ne peut que consentir à un changement -sans aller jusqu’à sa réforme- de la politique sociale. Encore faudra-t-il mettre la main à la poche pour atteindre ces résultats, est-il nécessaire de rappeler que le budget de l’UE se trouve aujourd’hui dans une situation de blocage ? De même, comment atteindre ces objectifs ? Pour Tony Blair, « la solution est déjà entre nos mains : il faut investir dans le savoir, la qualification professionnelle, les politiques actives en matière de marché du travail, les pôles scientifiques et l’innovation, l’enseignement supérieur, la revitalisation des quartiers et l’aide aux petites entreprises ».
Rien de bien nouveau dans tout cela, et M. John MONKS, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), de faire remarquer que « le gouvernement britannique a été le principal adversaire de l’Europe sociale » en favorisant le blocage d’importantes mesures législatives, telle que la proposition de directive sur le travail intérimaire.
Par conséquent, même si l’on peut se réjouir de la reconnaissance de l’importance de l’Europe sociale par Tony Blair, il nous faudra donc attendre l’effectivité des propositions pour affirmer si oui ou non, la Grande-Bretagne amènera l’UE vers une « Europe sociale moderne » mais plus que cela, pour savoir si l’Europe sociale britannique couvre le même objectif que l’Europe sociale du reste de l’UE .
































