Interview parue dans Inffo Flash 667 du 16 au 31 octobre 2005
Le PRDF 2001-2006 aura contribué au développement de la concertation entre les acteurs ; celui élaboré pour 2007-2011 devrait être plus opérationnel, plus ciblé. Il s’appuiera notamment sur le maillage territorial des Maisons communes emploi-formation et la Carte des formations.
Inffo Flash : Quels sont les axes du prochain PRDF 2007-2011 ?
Monique Iborra : Le PRDF adopté en 2001 a largement contribué au développement de la concertation entre les nombreux acteurs de la formation, de l’emploi, de l’innovation, aux décloisonnements des structures et des institutions.
Néanmoins, le PRDF 2007-2011 s’inscrit dans un contexte institutionnel différent, celui notamment de la décentralisation, et devra avoir, de mon point de vue, un caractère beaucoup plus opérationnel, en s’appuyant sur des actions à mener jugées prioritaires au regard de la politique globale conduite par le Conseil régional et des engagements négociés avec les autres partenaires. Des conventions d’application ciblées seront donc définies, y compris financièrement.
Un des axes majeurs du PRDF 2007-2011 devra traduire la mise en œuvre d’une politique de développement durable riche en emplois, notamment qualifiés.
Cette politique tiendra compte de la spécificité des territoires et s’inscrira dans le projet régional pour le développement du territoire (PRDT).
Le plan régional des formations professionnelles trouvera sa place dans une réflexion coordonnée, notamment avec le schéma régional de développement économique (SRDE).
Les outils existants, comme les Maisons communes emploi-formation, maillant tout le territoire régional, la Carte des formations, en cours de négociation, seront déterminants. Cette dernière aura pour objectif :
d’aider les décisions en matière d’évolution de l’offre ;
de construire un dispositif d’alerte pour repérer les tensions ;
de permettre de dessiner une carte prévisionnelle de l’offre en lien avec la réflexion sur les pôles de compétence. Les travaux menés en particulier dans les groupes thématiques du PRDF viendront alimenter la Carte des formations. Neuf groupes thématiques sont lancés à partir d’octobre.
Inffo Flash : Quelle place la Région accorde-t-elle à l’insertion des jeunes peu ou pas qualifiés ?
Monique Iborra : C ’est une préoccupation constante depuis 1997, qui s’est traduite dans le plan régional formation professionnelle. La Région s’est en effet particulièrement investie dans le programme Trace, en définissant, en complémentarité avec celle de l’État, une politique spécifique régionale axée sur la contractualisation avec, notamment, des structures d’insertion par l’activité économique, pour que celles-ci réservent un nombre de places précis à ces jeunes issus du programme Trace.
D’autre part, dans le cadre du “Grand projet de ville”, nous avons mis en place une École régionale de la deuxième chance, qui fonctionne maintenant depuis un an et demi environ, et dont les résultats en insertion dans l’emploi sont très satisfaisants. Des locaux définitifs seront disponibles au deuxième trimestre 2006, la Région en assure la maîtrise d’ouvrage.
Nous avons engagé une nouvelle contractualisation avec les Missions locales, non plus basée sur le financement du fonctionnement courant, mais sur la réalisation d’objectifs précis, à savoir : doubler le nombre de jeunes en Civis et en Civis renforcé, sur les formations qualifiantes et sur l’apprentissage.
Inffo Flash : Comment la Région compte-t-elle mettre en œuvre les responsabilités issues de la loi de décentralisation ?
Monique Iborra : Malgré les difficultés auxquelles se heurtent toutes les Régions en matière de décentralisation, nous avons l’intention de faire face à nos responsabilités, si tant est que les moyens financiers soient en adéquation avec les attentes, importantes et urgentes de nos concitoyens. Nous ne voulons pas seulement être des financeurs qu’on interpelle pour une politique décidée ailleurs, par l’État notamment, mais rendre lisible à nos concitoyens l’action publique, chacun dans ses responsabilités.
L’État reste responsable et comptable de la politique de l’emploi. La Région, si l’on s’en tient aux textes, l’est pour la formation professionnelle, sur de nouveaux chantiers, notamment la formation des personnels médicosociaux - qui n’est pas la moindre...
Propos recueillis par Sandrine Zadunayski
































