“Les PME ne sont réellement présentes que lorsque les initiatives partent du terrain”
Inffo Flash : L’enquête révèle que les Pôles de compétitivité constituent un facteur de compréhension entre villes et entreprises. Faîtes-vous ce constat dans votre agglomération ?
Philippe Maitreau : C’est vrai sur Mulhouse, où nous avons trois Pôles de compétitivité, “Innovations thérapeutiques”, “Véhicule du futur” et “Fibres Grand Est”. Reste que les temporalités différentes de la recherche et développement et de l’administration des villes provoquent parfois des incompréhensions, sans parler de la lourdeur du pilotage.
Inffo Flash : L’enquête révèle une place insuffisante des PME. À votre avis, pourquoi ?
Philippe Maitreau : Il faut faire la différence entre les grands Pôles de compétitivité à vocation internationale, impulsés par l’État et qui comprennent plutôt de grandes entreprises et leurs sous-traitants, et ceux qui sont impulsés localement. Les PME ne sont réellement présentes que lorsque les initiatives partent du terrain. Nous avons un de ces Pôles de compétences appelé Renatic, où coexistent plus de cent-cinquante PME dans le domaine des technologies de l’information et qui ont généré plus de 2 200 emplois.
Inffo Flash : Comment améliorer le pilotage des Pôles ?
Philippe Maitreau : En effet, les comités de pilotage, comportant préfet de région, entreprises, Universités, sont parfois lourds à gérer. Une simplification passerait par un co-pilotage au plus proche du terrain, un président d’agglomération et un industriel, par exemple.
Inffo Flash : Le gel de la labellisation de nouvelles Maisons de l’emploi vient d’être annoncé, en attendant la future fusion de l’Unédic et de l’ANPE. Qu’en pensez-vous ?
Philippe Maitreau : Il ne faudrait pas que le gel des Maisons de l’emploi permette d’économiser sur des lignes budgétaires jusque là dédiées aux politiques territoriales de l’emploi, au profit de la fusion Unédic-ANPE, qui devrait coûter de 300 à 400 millions d’euros à l’État. Les Maisons de l’emploi constituent la forme la plus avancée des politiques territoriales de l’emploi. Il n’y a pas de raison qu’elles soient affectées par ce rapprochement.
Propos recueillis par Renée DAVID-AESCHLIMANN
































