D’une durée de deux ans (octobre 2006 à octobre 2008), le projet européen Leonardo da Vinci “Approche compétence européenne de la formation continue des professionnels de la santé” (ACE), piloté par le Centre de formation Pasteur de Reims, implique, outre la France, la Belgique, le Portugal et, à titre d’observateur des pratiques, l’Angleterre via le National Health Service (NHS). L’objectif est de développer à l’attention des préparateurs en pharmacie en officine une plate-forme de formation à distance dédiée à la problématique “risques et prévention de l’auto et de la polymédication chez les personnes âgées”. Avec l’expérimentation de trois modules de formation.
Cette action, explique Valérie Prillieux, docteur en pharmacie et responsable pédagogique du Centre de formation Pasteur, permettra de répondre à plusieurs objectifs européens : faire face à la problématique de “formation tout au long de la vie chez les professionnels de santé ; répondre aux problématiques d’accès à la formation continue des salariés des TPE ; s’adapter au vieillissement de la population qui impose aux professionnels de santé de perfectionner leurs connaissances et compétences sur les pathologies des personnes âgées et les médicaments associés”. A contrario de bien des projets communautaires qui peinent à trouver une dimension véritablement européenne au-delà des financements, le montage d’ACE s’inscrit pleinement dans une politique de santé européenne. Chaque pays est en effet impliqué dans la conception d’un module qui sera expérimenté dans un autre. À titre d’exemple, la France, chargée de développer le module sur la maladie d’Alzheimer, expérimentera le module consacré au diabète réalisé par le Portugal. À terme, chacun des pays disposera de l’ensemble des modules.
Ceux-ci prévoient une phase de positionnement suivie de la formation proprement dite, découpée en séquences suffisamment courtes pour être suivies sur et pendant le temps de travail. Le salarié accèdera donc à la formation à partir de l’équipement informatique de l’officine, via une plate-forme de formation à distance réalisée dans le cadre d’un projet précédent [1]. Outre la souplesse propre à tout dispositif de FOAD (formation ouverte et à distance), cette modalité permettra au salarié apprenant de bénéficier d’un double tutorat, celui du formateur tuteur du centre de formation et celui du pharmacien formateur en officine. Bien entendu, ceci suppose l’existence de postes de travail disponibles à la formation, ce qui a été vérifié par une étude technique préalable conduite en Champagne-Ardenne, ayant permis de s’assurer qu’au moins 70 % des pharmacies étaient en capacité de mettre à disposition un ordinateur répondant à la configuration requise. Au-delà de ces contraintes techniques et pour faciliter la prise en main du dispositif par les formateurs tuteurs et pharmaciens formateurs, jusqu’alors peu habitués à la distance, la création de deux modules d’appropriation est prévue. Le premier vise à la maîtrise de ce nouvel environnement de formation, le second permettra aux for-mateurs de créer eux-mêmes des séquences en ligne.
À signaler également, le double processus de validation en fin de parcours : à distance et en ligne pour la vérification des connaissances ; en présentiel, à l’officine, pour la vérification pratique des compétences par le pharmacien formateur.
Comme le précise Valérie Prillieux, le dispositif “associe [ainsi] trois types d’approches pédagogiques dans un même objectif de formation professionnelle continue : la formation ouverte et à distance et la formation en situation de travail (...) associées à l’approche par les compétences”. S’agissant de l’origine des contenus de formation à distance, ceux-ci sont réalisés dans chaque pays par un comité scientifique composé de médecins spécialistes de la pathologie et de pharmaciens. En France, le Centre de formation Pasteur de Reims reçoit également le concours en ingénierie de formation ouverte et à distance du Centre d’innovation pédagogique de l’Université de technologie de Troyes[[http://elearning.utt.fr] Sous réserve que ce dispositif de formation à distance s’insère dans les financements traditionnels de la formation continue, ce qui ne devrait pas poser de problème majeur au vu des textes en vigueur relatifs à l’imputabilité, cette action intéressera très certainement les 23 000 officines de France et, pourquoi pas, d’autres secteurs.
Nicolas Deguerry
Contact :
Valérie Prillieux
Tél. 03 26 87 88 38
Site du Centre de Formation Pasteur : http://www.cfpast.com
Site du projet : http://ace-pasteur.openportal.fr/
Source : Inffo Flash n° 698, 16 au 31 mars 2007


































