De quelles préconisations concernant la réforme de la formation le groupe de travail multipartite va-t-il accoucher au terme de son ultime séance de travail du 24 juin ? Positionnant le travail du groupe comme « facilitateur des négociations ou des décisions qui vont être prises à l’automne », son président Pierre Ferracci, intervenant lors de la matinée d’information organisée le 12 juin par le Centre INFFO sur le thème Réforme de la formation en 2008 : continuité ou rupture, a souhaité que cette future négociation soit articulée avec celles de l’Assurance chômage, de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) et celle sur le financement du paritarisme.
Il a rappelé que le groupe avait fait le grand écart, entre les affirmations de Nicolas Sarkozy estimant le système à « bout de souffle », les partenaires sociaux tirant un bilan positif de l’accord national interprofessionnel (ANI) et les Régions attachées au maintien - voire à l’extension - de leurs prérogatives. Il a reconnu qu’il avait été difficile parfois de faire le lien, chacun ayant des intérêts et des légitimités différents. Néanmoins "il y aura des convergences et des divergences, qui seront également traitées dans le document final".
Pour réformer, doit-on adopter une logique de partenariats entre acteurs au coup par coup, ou changer les structures de façon pérenne, sur la base d’objectifs partagés ? Pierre Ferracci estime que le coup par coup a des limites, "qu’il introduit beaucoup de complexité et parfois d’inefficacité". Il « croit aux vertus de l’expérimentation » et pense qu’il faut « faire un peu des deux : développer des actions ponctuelles quand les acteurs se mettent d’accord sur un objectif précis et là où l’on sait que le système est défaillant, pour les demandeurs d’emploi longue durée ou les salariés en emploi, mais fragilisés, pour ceux-là, les différents acteurs peuvent et doivent se mettre d’accord de façon plus pérenne, en se fixant des objectifs qui doivent être revus et corrigés chaque fois que c’est nécessaire.) »
Il estime que le « premier consensus du groupe multipartite doit porter sur les objectifs de la formation au niveau macro-économique et à celui de l’entreprise. Mais, estime-t-il, le véritable révélateur, ce sont les moyens mis à disposition de ces objectifs. Par moyens, il entend la gouvernance, les financements et aussi le regard sur l’offre de formation.
Le dispositif marche bien sur un certain nombre de points et il est défaillant sur d’autres, constate-t-il. Il recommande que chaque catégorie d’acteurs (Etat, Régions, partenaires sociaux) soit "à sa place et à sa juste place, le mélange des genres [nuisant] à l’efficacité du système (…). S’il y a accord sur les objectifs, un accord doit aussi être trouvé pour désigner l’opérateur le plus efficace pour conduire l’opération". Il pense que la confusion naît parfois de cette difficulté à distinguer la stratégie - qui doit être totalement concertée - de la mise en oeuvre, qui peut être confiée à un seul des acteurs. Il souhaite qu’on précise la légitimité de chaque acteur et sur quel champ il l’exerce.
Il a rappelé que ni l’État, ni les Régions, ni l’entreprise ne peuvent tout faire et qu’il faut favoriser la co-décision. Si le Dif a bien amorcé la co-décision entre le salarié et l’employeur, Pierre Ferracci estime qu’il faut aller plus loin et qu’on devrait s’attacher dans les futures négociations à favoriser la co-décision entre les partenaires sociaux dans l’entreprise. "C’est quelque chose qui manque aujourd’hui, juge-t-il. Il y en a beaucoup au niveau de la branche ou au niveau interprofessionnel, mais qu’elle doit être améliorée dans l’entreprise sur les enjeux de formation et de GPEC".

























Publicité

