Un objectif qui passe par une “lecture participative” qui permet de s’identifier plus facilement aux études de cas présentée par les auteurs-formateurs. Au-delà de la description de pratiques réelles qui permettent au lecteur de s’affranchir des limites de la théorie, celui-ci est en effet constamment invité à déterminer sa propre réponse aux problématiques qui lui sont présentées, en “tenant compte des contextes particuliers, des contraintes locales et des attentes du commanditaire”. Ceci, d’abord en prenant connaissance des commentaires du formateur qui a véritablement vécu l’expérience et de ceux d’experts invités à analyser la situation décrite, puis en consultant les fiches descriptives d’outils et de méthodes, réunies dans la seconde partie de l’ouvrage, pour “l’éclairer sur la place possible de ces éléments dans les réponses proposées” ou lui permettre d’y glaner par lui-même des ressources utiles à son “idée de réponse”. De quoi sortir de la “dimension irréductiblement spécifique d’un dispositif” pour atteindre “sa valeur d’exemple ou de référence”.
Les problèmes traités dans le livre abordent les grands thèmes suivants : l’évolution du métier de formateur et du statut de l’apprenant ; l’analyse de la demande et la recherche de partenaires ; l’accompagnement et le tutorat ; l’adaptation et la construction de ressources ; l’organisation d’un dispositif de FOAD ; les contraintes financières et la rentabilité d’un dispositif ; l’évaluation en situation FOAD.
Qu’est-ce qu’une “formation ouverte” ?
La définition officielle du concept de “formation ouverte” a été donnée par la DGEFP dans sa circulaire sur l’imputabilité des formations ouvertes et à distance (circulaire du 20 juillet 2001). Aux termes de celle-ci, il s’agit d’un “dispositif souple de formation organisé en fonction de besoins individuels ou collectifs (individus, entreprises, territoires), [qui] comporte des apprentissages individualisés et l’accès à des ressources et compétences locales ou à distance, [et qui] n’est pas exécutée nécessairement sous le contrôle permanent d’un formateur.”
Mais alors que cette définition englobe le concept de “formation ouverte” et la notion de “distance”, d’aucuns font remarquer, à l’instar de Jean-Claude Maurin, directeur du centre de formation Cépière, qu’“ouverture et distance ne se placent pas du tout au même niveau”. Alors que la mise à distance n’est qu’une “modalité pratique d’organisation”, l’ouverture suppose le passage de “l’apprenant passif” à “l’apprenant actif”, ce qui “pose le problème de la transformation du système”. Jean-Claude Maurin observe que “la nouveauté vient du fait que l’on n’a jamais eu autant de moyens techniques et méthodologiques, qui nous sont offerts par la société de l’information, pour réaliser cette transformation”.
On regrettera seulement que, puisque le lecteur est amené à enrichir de ses propres réflexions et pratiques les cas qui lui sont présentés, l’ouvrage ne soit pas prolongé par un wiki en ligne qui permettrait à l’ensemble de la communauté des “lecteurs-acteurs” de gagner en professionnalisation dans une démarche de partage des connaissances. À signaler que si les formateurs-auteurs sont tous en poste au sein de CFPPA [3], “les problématiques, analyses ou tâches décrites peuvent tout à fait trouver écho dans d’autres enseignements techniques”, et l’ouvrage s’adresse donc bien à “toute personne souhaitant produire des dispositifs de formation ouverte”.
Contact : Éducagri éditions, BP 87999 21079 Dijon. editions@educagri.fr - www.editions.educagri.fr
Nicolas Deguerry
in Inffo Flash n° 724, 16 au 31 mai 2008
































