Jean-Claude Macces, directeur du Carif-Oref Guadeloupe, qui animait un atelier à l’Université d’hiver de la formation professionnelle (UHFP) le 24 janvier à Arles, a commencé les travaux par une rapide analyse de la situation dans les régions d’outre-mer, et notamment celle de la formation initiale et de l’apprentissage. Le taux de chômage est très élevé, l’échec scolaire prégnant, et beaucoup de jeunes se retrouvent dans les dispositifs d’insertion. L’atelier a évoqué les adaptations nécessaires de l’appareil de formation pour répondre aux spécificités territoriales.
Denise Delorme, vice-présidente du Conseil régional de la Réunion a présenté plusieurs dispositifs d’insertion et en particulier celui du 4ème RSMA et « La mobilité de la réussite » engagée avec le Québec. Quant à Marie-José Lalsie, vice-présidente du Conseil régional de la Guyane, elle a détaillé le dispositif de mobilisation individualisée (DMI) mis en place par la Région Guyane.
Le 4ème RSMA
Dépendant des ministères de l’Outre-Mer et de la Défense, le 4ème RSMA (régiment de service militaire adapté) dispense à des jeunes Réunionnais de 18 à 26 ans, le plus souvent en situation d’échec scolaire, une formation militaire, civique et professionnelle. La durée de la formation est normalement de douze mois (seize mois maximum). Elle comprend la réalisation de chantiers d’application et de stages en entreprise qui permettent aux jeunes de mettre en application les savoir-faire et facilitent leur insertion dans le monde du travail. La lutte contre l’illettrisme est un volet à part entière de ces formations : 10% des volontaires sont illettrés et 90% ont un niveau scolaire inférieur au brevet des collèges. Selon la filière, les jeunes peuvent bénéficier de 200 heures de français et de 200 heures de calcul pour renforcer les savoirs de base. En 2006, 77% des jeunes accueillis au 4ème RSMA de la Réunion ont pu trouver une insertion dans la vie professionnelle, et ce taux monte à 84 %, six mois après leur sortie du dispositif. Aujourd’hui, il y a une très forte demande des jeunes pour ce type de formation professionnelle et la liste d’attente s’allonge. Les principaux domaines de formation sont l’agriculture, les travaux publics, le bâtiment et les transports, secteurs fortement porteurs d’emplois. Le RSMA repère en amont les secteurs où il y aura de l’emploi dans les prochaines années. C’est ainsi que des actions liées au développement durable vont se développer, notamment celui du traitement des déchets.
La mobilité de la réussite
A la Réunion, les candidats à la mobilité sont de plus en plus nombreux (formation, études, emploi, stages, etc.), mais la politique de mobilité se heurte à de nombreux obstacles. C’est pour cela que la Région les accompagne, en amont de leur départ (sensibilisation, orientation, définition du projet), et pendant leur séjour (conditions d’accueil, etc.). Parmi les nombreux dispositifs mis en place (soutien à l’ANT, aide à la première installation…), un accord de partenariat fonctionne depuis 2004 entre la Région et le Québec. Des jeunes se rendent régulièrement au Québec où ils sont accueillis par les collèges ou les universités. Près de 1 000 jeunes Réunionnais étudient actuellement au Québec. La Région verse aux jeunes une allocation mensuelle. L’État, l’ANT et le gouvernement québécois participent également financièrement à l’opération. Le bilan des expériences précédentes a permis de renforcer certains points comme l’accueil des jeunes et l’insertion qui ont fait des progrès importants. Si la métropole a longtemps été la destination principale de la mobilité, aujourd’hui elle s’exerce aussi vers les pays d’Europe dans le cadre du programme Erasmus et aussi vers l’Inde, la Chine ou l’Australie.
Le DMI de Guyane
Le Conseil régional Guyane a mis en place depuis 2004, le DMI (dispositif de mobilisation individualisée), en lien avec la Mission générale d’insertion. Le dispositif a pour objet une approche multidimensionnelle de l’individu pour faciliter sa socialisation, renforcer le savoir-être et l’accompagner dans son orientation. Il vise à aider les jeunes rencontrant des difficultés d’insertion sociale et professionnelle, à faire un travail approfondi sur leur projet professionnel et à construire un plan d’action. L’action compte 1 200 heures soit 35 semaines. Le travail d’évaluation et d’orientation est « à la carte » et s’adapte aux besoins, au profil et au projet du jeune. Les phases de formation s’articulent autour de différents ateliers répondant à des parcours de formation individualisés. Le dispositif s’organise autour d’un bilan des acquis, d’une remise à niveau, d’une initiation aux NTIC et de l’identification de pistes d’emploi. Il comprend six semaines de stage en entreprise « découverte du monde du travail », des secteurs professionnels et des métiers.
par Patricia Gautier-Moulin
Le Quotidien de la formation































