“Pour de bonnes raisons, a-t-il estimé : progrès social, le droit individuel à être aidé dans son projet professionnel, la prise en compte de la complexité de nos sociétés.” Mais aussi pour des raisons plus ambiguës, qu’il a associées à une démarche portée sur l’accompagnement individualisé.
“Nous sommes à un moment de notre histoire sociale qui valorise le primat de l’individu, voire de l’individualisation, a-t-il poursuivi. Ce qui n’est pas sans inconvénient car, s’il y a un ingrédient incontournable de la situation professionnelle, c’est bien la capacité à travailler avec autrui, la dimension collective de l’organisation et de la distribution du travail.” En résumé, la capacité à produire collectivement de la performance. Or, selon lui, “la meilleure manière de travailler ensemble c’est de se former collectivement, l’apprentissage collectif et les situations collectives de droit à l’erreur sont irremplaçables”.
Dès lors, a-t-il critiqué, “les pratiques individualisantes de coaching ne visent-elles pas la croissance de la performance individuelle avec ou sans solidarité ?”
Autrement dit, sans nécessairement se préoccuper du collectif de travail. “Bien sûr, on me rétorquera que les performances individuelles et collectives sont indissociables, mais la performance individuelle est un ingrédient nécessaire mais non suffisant”, a tranché Bernard Masingue, exemple médiatique à l’appui. Le club de football du Paris Saint-Germain a beau collectionner les talents individuels, cela fait dix ans qu’il peine à obtenir des résultats collectifs significatifs... Aucune raison, par conséquent, de faire de “l’angélisme avec les pratiques individualisées d’accompagnement”.
Le groupe Veolia, qui emploie 275 000 salariés dans le monde, dont 110 000 en France, a décidé de former par alternance, 6 000 salariés en 2007 et 8 000 à partir de 2008, via l’apprentissage (avec à la clé des diplômes allant du CAP au mastère) et la VAE. 6 000 salariés tuteurs les accompagneront. “Veolia reconnaît l’importance de ces tuteurs en créant un portail qui leur est dédié, en les réunissant autour de conventions permettant de développer leur patrimoine de compétences”, a ajouté Bernard Masingue. Et une fois par an, le PDG du groupe remet des diplômes aux tuteurs. Manière de reconnaître symboliquement l’importance de leur rôle.
David Garcia
Source : Inffo Flash n° 696, 16 au 28 février 2007
































